Mention légale UE (projet) Alors que l’économie ivoirienne connaît une certaine embellie, le niveau de pauvreté et des inégalités peine à baisser. C’est pour chercher les voies et les mécanismes susceptibles d’infléchir le niveau des inégalités que ce programme de recherche a été inscrit dans le Mémorandum de dialogue stratégique entre le ministère du Plan et du Développement de Côte d’Ivoire et l’AFD. Ce programme de recherche vise ainsi à poser un diagnostic des inégalités en Côte d’Ivoire et à questionner particulièrement l'impact des chocs, de l’accès aux services de base et des politiques publiques.
Contexte
On observe une embellie de la croissance en Côte d’Ivoire depuis 2012 avec des taux de croissance moyens du PIB réel supérieurs à 8%. Ce regain de vitalité de l’économie ivoirienne n’est cependant pas encore ressenti par toute la société ivoirienne. Le niveau de pauvreté demeure ainsi élevé (46,3%) de même que les inégalités (l’indice de Gini pour l’année 2015 est estimé à 0,402 par l’INS et 0,415 par la Banque mondiale). Ainsi, alors que l’économie ivoirienne semble se porter bien, une très grande partie de sa population est exclue des retombées de cette embellie économique.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par la Direction Générale des Partenariats Internationaux de la Commission européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
Objectif
Ce programme de recherche sur les inégalités en Côte d’Ivoire vise dans un premier temps à poser un diagnostic des inégalités dans le pays, puis dans un second temps à mener des études scientifiques sur trois thématiques:
- l'impact des chocs sur les inégalités ;
- les inégalités d’accès à une éducation et à des services de santé de qualité ;
- les impacts des politiques publiques sur les inégalités.
L’étude se penchera également sur la perception des inégalités par les Ivoiriens.
Méthode
Le diagnostic des inégalités fera le point sur la situation ivoirienne et passera en revue les initiatives des pouvoirs publics en vue de combattre les inégalités monétaires et non monétaires. À l’aide des données disponibles sur les conditions de vie des ménages, les principaux indicateurs de mesure d’inégalités seront calculés et une représentation de la distribution spatiale des inégalités sera réalisée sous forme de cartes. Par la suite, une analyse des inégalités d’opportunités (mesurées par l’effet de l’éducation des parents, leur métier, le lieu de naissance et le genre sur les opportunités), d’accès à la propriété et aux avoirs, ainsi que les sources et les perceptions de ces inégalités seront réalisées.
L’étude sur les chocs va s’appuyer sur des méthodes d’analyse et de modélisation statistiques (un modèle de régression linéaire et un modèle de données de panel seront notamment appliqués). L’accès aux services de base sera essentiellement abordé à l’aide de modèles microéconométriques. L’étude des effets des politiques publiques sera envisagée avec un modèle interindustriel microsimulé, puis par des modèles d’évaluation d’impact.
Voir le pitch de François Bedia, économiste au Laboratoire d’analyse et de modélisation des politiques économiques (LAMPE) et professeur à l'université Alassane Ouattara de Bouaké:
Résultats
Les résultats attendus sont un état des lieux de différentes interventions publiques en vue d’éradiquer les inégalités en Côte d’Ivoire. L’étude de la perception des inégalités permettra aussi de mesurer le niveau de prise de conscience des ménages du besoin de plus de justice sociale et les mesures envisageables à l’échelle individuelle. Cette recherche permettra également d’identifier les mécanismes de transmission intergénérationnelle des inégalités et proposera des mesures de politiques pour la mobilité sociale en Côte d’Ivoire.
Ces recherches donneront lieu à des conférences et à des ateliers. Différentes publications sont également attendues : un rapport, des policy briefs et des articles de recherche.
Vous trouverez ci-dessous le rapport et les papiers de recherche liés à ce projet :
- Etat des lieux des inégalités en Côte d'Ivoire
- D'où proviennent les inégalités en Côte d'Ivoire ?
- Analyse de l'impact de la crise de 2002 sur les inégalités en Côte d'Ivoire
- Impacts des dépenses publiques sur les inégalités en Côte d'Ivoire: le cas des secteurs sociaux
Vous trouverez ci-dessous les policy briefs liés à ce projet :
Mention légale UE (projet) L’éducation joue un rôle crucial dans la production et la lutte contre les inégalités au sein d’un même pays et entre différents pays. L’augmentation rapide de l’offre privée d’enseignement supérieur dans les pays émergents et en développement contribue à la massification de l’enseignement supérieur, mais elle interroge la cohésion sociale. Ce programme de recherche a analysé le lien entre enseignement supérieur, développement de l’offre privée et inégalités dans 7 pays sur 3 continents.
Contexte
Le secteur privé accueillait 13 % des étudiants du supérieur au Vietnam et 60 % en Inde, en 2015. Pour autant que ces chiffres soient fiables — une partie, variable selon les pays, de l’enseignement supérieur privé n’est en effet pas enregistrée —, ils indiquent l’importance prise par le secteur privé à ce niveau de formation. Au Pérou et au Mexique, presque 7 universités sur 10 sont privées. Le développement du secteur privé semble avoir en partie participé d’un mouvement de démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur des quinze dernières années. Mais ce mouvement n’est pas forcément synonyme de réduction des inégalités d’accès ou d’égalisation des conditions de réussite académique. Par exemple, au Mexique, 1 % seulement des 15-24 ans du quintile le plus pauvre poursuivent leurs études dans le supérieur contre 32 % dans le quintile le plus riche.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par la Direction Générale des Partenariats Internationaux de la Commission européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
Objectif
Dans ce programme de recherche, les objectifs sont :
- de caractériser l’évolution de l’enseignement supérieur, public comme privé ;
- d’identifier dans quelle mesure et comment les politiques publiques prennent en considération les inégalités (et lesquelles) dans l’enseignement supérieur ;
- d’identifier dans quelle mesure et comment ces politiques publiques prennent en compte l’essor et/ou la consolidation du secteur privé d’enseignement supérieur, ainsi que son rôle dans la réduction ou l’accroissement des inégalités à ce niveau ;
- de discerner si les acteurs du secteur privé d’enseignement supérieur inscrivent la lutte contre les inégalités dans leurs objectifs et, le cas échéant, pourquoi et comment.
Méthode
Ce programme de recherche pluridisciplinaire (sociologie, économie, démographie, sciences de l’éducation) a pour originalité de conduire des analyses de données de différentes sources et de différents types dans un échantillon raisonné de pays dits en développement ou émergents : Inde et Vietnam pour l’Asie, Mexique et Pérou pour l’Amérique latine, Sénégal, Mali et République démocratique du Congo pour l’Afrique.
Ce travail facilitera la constitution d’un réseau international de recherche sur la thématique de l’enseignement supérieur et des inégalités. Les pays ont été retenus en raison des différents degrés de développement de leur système d’enseignement supérieur, public et privé, et du mode de structuration de cet enseignement (coexistence entre public et privé, porosité entre les deux secteurs, concurrence…). Ils diffèrent également par leur structuration sociale (développement inégal des classes moyennes notamment). L’étude sera comparative entre ces régions et pays : les matériaux collectés dans les différents pays seront de même nature et seront analysés selon les mêmes démarches méthodologiques.
Résultats
Ces recherches donneront lieu à des conférences et séminaires, un ouvrage collectif, des documents-pays, des policy briefs, et des articles de recherche. Les résultats attendus sont :
- l’élaboration d’une typologie de l’offre publique et privée actuelle de l’enseignement supérieur dans les pays retenus ;
- l’élaboration d’un cadre conceptuel et de typologies sur les inégalités et l’enseignement supérieur privé ;
- l’identification, dans les différents pays, des politiques ayant eu pour objectif d’œuvrer, au cours des quinze dernières années à la réduction des inégalités dans l’enseignement supérieur ;
- l’analyse qualitative des critères d’accès à l’enseignement supérieur, public ou privé, pour les différentes catégories d’étudiants ou de populations concernées, les conditions d’étude, les processus de certification des titres scolaires, etc.
- l’identification des facteurs de production des inégalités dans l’enseignement supérieur, et des indicateurs éventuellement utilisés pour les mesurer et corriger.
Vous trouverez ci-dessous les différents papiers de recherche liés à ce projet :
- Inégalités et enseignement supérieur : entre politiques publiques et développement du secteur privé en Argentine
- Universités privées au Mexique: entre reproduction, production et réduction des inégalités
- Le paradoxe de l'enseignement supérieur privé au Sénégal: réduire les inégalités tout en les maintenant
- Des inégalités éducatives à la mise en question de l'opposition public/privé dans l'enseignement supérieur congolais, un défi documentaire et conceptuel
- Enseignement supérieur au Vietnam: privatisation, démocratisation et inégalités
- Complexité et inégalités de l'offre universitaire privée au Pérou. Regard sur la diversité sociodémographique des étudiants et des conditions d'insertion professionnelle des diplômés d'universités privées
- L'expansion de l'enseignement supérieur privé et le creusement des inégalités sociales
- Enseignement supérieur et inégalités sociales en Inde
Contact :
- Linda Zanfini, chargée de recherche à l'AFD
- Rohen d’Aiglepierre, chargé de recherche à l'AFD
- Étienne Gérard, directeur de recherche à l’IRD et directeur du Ceped (depuis 2014)