Mention légale UE (projet) Quels ont été les impacts de l'aide sociale du plan de relance national Covid-19 sur les économies locales et les travailleurs du secteur informel en Afrique du Sud ? L’Extension de la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités a cherché à répondre à cette question en collaboration avec le Centre for Social Development in Africa (CSDA).
Contexte
En Afrique du Sud, le travail informel est une caractéristique du marché du travail : 1 travailleur sud-africain sur 6 est employé dans le secteur informel. Pendant la pandémie, des millions de travailleurs sans protection légale ou sociale ont été touchés de manière disproportionnée par les impacts négatifs des mesures visant à empêcher la propagation du Covid-19 (perte d'emplois, d'heures de travail et de revenus...). Secteur " oublié " à bien des égards, il ne faut toutefois pas omettre que le secteur informel fournit des moyens de subsistance, des emplois et des revenus à des millions de travailleurs et de propriétaires d'entreprises, et contribue de manière significative au produit intérieur brut (PIB) du pays.
En réponse aux effets sociaux et économiques de la pandémie sur les groupes vulnérables, le gouvernement sud-africain a développé son système de protection sociale. Dans le cadre du volet d'aide sociale du plan de relance Covid-19, il a introduit une nouvelle subvention d'aide sociale à la détresse (Social Relief of Distress - SRD) en avril 2020. Cette subvention d'aide sociale est, et ce pour la première fois, destinée à de nombreux travailleurs informels sur la base de leur statut d'emploi.
Si les liens positifs entre cette subvention et l'activité économique avaient déjà été étudiés, ainsi que les limites de cette interaction, il restait à comprendre si et comment la SRD avait été utilisée par les travailleurs informels et quels effets économiques avaient été générés. Ce projet a été mené par CSDA dans le cadre d'un programme plus large visant à analyser les différentes composantes du plan de relance du gouvernement sud-africain.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de l'Extension de la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités. Coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne, l’Extension de la Facilité contribue à l’élaboration de politiques publiques visant la réduction des inégalités dans quatre pays : Afrique du Sud, Mexique, Colombie et Indonésie sur la période 2021-2025.
Objectif
Pour mieux comprendre les effets de la Covid-19 et des politiques publiques de relance sur la réduction des inégalités, cette étude a analysé qualitativement les interactions et les impacts de la SRD (ainsi que d'autres subventions, et plus largement du plan de relance) sur les économies locales.
En particulier, elle s'est concentrée sur les expériences des femmes et des hommes commerçants du secteur informel, qui représentent une proportion importante des travailleurs du secteur informel. Grâce aux données collectées, des modèles différenciés selon le sexe, le lieu et le niveau du travailleur informel dans son organisation de travail ont également été révélés.
Résultats
Vous trouverez ci-dessous le papier de recherche lié à ce projet :
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Anda DAVID
Économiste, coordinatrice scientifique de la Facilité UE-AFD de recherche sur les inégalités
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Comment mieux comprendre les réalités locales et plus particulièrement les résultats socio-économiques au niveau communautaire ? L'Extension de la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités, en partenariat avec l'UCT-SALDRU, et en étroite collaboration avec les entités gouvernementales locales et nationales, cherche à répondre à cette question.
Contexte
Les inégalités spatiales en Afrique du Sud se traduisent par des expériences de vie très différentes des membres des différentes communautés à travers le pays. Statistics South Africa recueille des données sur un ensemble de variables socio-économiques, qui concernent à la fois les individus et les ménages, par le biais d'une série d'enquêtes nationales. Pouvant être analysées aux niveaux national, provincial, du district et parfois de la municipalité, ces données donnent une idée du bien-être, de la privation et des inégalités dans ces domaines, entre ces différentes géographies.
Cependant, il n'existe pas encore d'ensemble standardisé de données qui permettrait de comprendre, de visualiser et de suivre de manière cohérente, systématique et à long terme un large éventail d'indicateurs de bien-être, et ainsi de mieux comprendre les résultats socio-économiques au niveau communautaire. Or, il est important de comprendre ce contexte local, car c'est dans cette réalité locale que les politiques et les interventions visent à faire la différence. Le gouvernement sud-africain l'a également reconnu et, avec l'introduction de son modèle de développement des districts (District Development - DD), il vise à ce que les différentes sphères et départements du gouvernement travaillent ensemble pour avoir un impact plus important, "des performances et une responsabilité plus élevées pour une prestation de services et des résultats de développement cohérents". Disposer d'un point central d'information consolidé, précis et régulièrement mis à jour, constituerait une base solide pour la mise en œuvre du modèle de développement des districts en Afrique du Sud.
Ce projet de recherche propose donc de développer un community explorer (explorateur communautaire), interactif et en ligne, qui permettrait aux chercheurs, aux décideurs politiques et aux membres de la société civile de mieux comprendre le bien-être au niveau des communautés (ou de la localité principale, main place en anglais) en Afrique du Sud. Cette compréhension est cruciale pour éclairer et guider les efforts de développement mis en œuvre au niveau communautaire. L'Extension de la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités s'appuie sur les informations disponibles à l’échelon local pour la municipalité de Steve Tshwete pour piloter l'approche Community Explorer.
La municipalité locale de Steve Tshwete fait partie de la province de Mpumalanga, une région qui abrite l'une des plus grandes zones d'extraction de charbon du pays et qui représente 83 % du charbon produit en Afrique du Sud. Steve Tshwete peut être considéré comme l'un des centres commerciaux de cette province, avec l'une des plus grandes économies locales du district, dominée par les secteurs minier, manufacturier et financier. À ce titre, l'exploitation du charbon et les trois centrales électriques au charbon actuellement en activité sont de loin les principaux contributeurs à l'emploi local, puisqu'ils en représentent 40 %.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de l'Extension de la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités. Coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne, l’Extension de la Facilité contribue à l’élaboration de politiques publiques visant la réduction des inégalités dans quatre pays : Afrique du Sud, Mexique, Colombie et Indonésie sur la période 2021-2025.
Objectifs
Le projet propose d'exploiter les données et les outils déjà disponibles sur le SA Youth Explorer (et l'outil connexe WaziMap). Le SA Youth Explorer est un projet dirigé par SALDRU qui construit et cartographie une série d'indicateurs mesurant les dimensions clés du bien-être des jeunes, à différents échelons géographiques. En utilisant les données du recensement de 2011, ces indicateurs sont actuellement construits pour les domaines suivants : démographie, éducation, environnement de vie, opportunités économiques et pauvreté des jeunes (y compris la pauvreté de revenu et la privation multidimensionnelle). En outre, le projet a initié la construction, la vérification et la maintenance d'une base de données centrale des prestations de services, qui permet de cartographier les services fournis par le gouvernement, et ce jusqu'au niveau de la localité principale (main place). Enfin, l'objectif du projet est d'explorer les possibilités d'ajouter une troisième couche de connaissances avec des informations sur la demande du marché du travail local. L'objectif global du projet est de fournir "une compréhension des fonctionnements des zones géographiques en tant que systèmes économiques et sociaux" et ainsi de "promouvoir la construction d'une approche intégrée et efficace" de la politique et de la planification qui contribuerait finalement au bien-être social de tous.
En outre, le projet utilisera les données administratives du panel du South African Revenue Service (SARS) et du National Treasury (NT) au niveau des entreprises (SARS-NT), développées dans le cadre d'une initiative conjointe SARS-National Treasury-UNU-WIDER. Celles-ci fourniront des informations au niveau employé-employeur et permettront de calculer des indicateurs de la demande du marché du travail. Le plus grand avantage des données administratives du panel SARS-NT, par rapport à d'autres enquêtes au niveau de l'entreprise, est qu'elles nous permettent de disposer d'informations relatives aux employés telles que le revenu, l'âge et le sexe, ainsi que d'informations au niveau de l'entreprise, telles que les coûts de main-d'œuvre, les ventes, le secteur industriel, l'âge de l'entreprise, la productivité, la taille de l'entreprise, l'apprentissage et le coût de la formation. Un autre avantage des données du panel SARS-NT, et qui est important pour le projet, est que les informations sur les travailleurs et les entreprises peuvent être agrégées à quatre niveaux géographiques différents : la province, la municipalité de district, la municipalité locale et la localité principale. Avec ces niveaux géographiques, il est possible de créer des moyennes locales de diverses variables relatives aux travailleurs et aux entreprises qui peuvent ensuite être croisées avec les établissements d'enseignement supérieur présents au niveau local.
Résultats
Vous trouverez ci-dessous les différents documents de recherche liés à ce projet :
- Developing a Youth Labour Market Index for South Africa at the sub-national level (en anglais)
- Youth and the just transition. A profile of young NEET in Mpumalanga (en anglais)
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Anda DAVID
Économiste, coordinatrice scientifique de la Facilité UE-AFD de recherche sur les inégalités
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Mention légale UE (projet) Comment les inégalités influencent-elles les objectifs de conservation et de développement dans les aires marines protégées (AMP) en Indonésie ? L’Extension de la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités a cherché à répondre à cette question, en collaboration avec le SMERU Institute, afin de contribuer au débat public et d’identifier des indicateurs sur les inégalités à intégrer dans les politiques liées aux AMP existantes dans le pays.
Contexte
Les aires marines protégées (AMP) sont souvent associées à une grande pauvreté, étant, de par leur conception, destinées à des zones relativement intactes et à faible potentiel économique. L'établissement d'une AMP peut donc créer un fardeau financier et social pour les communautés dépendantes des ressources naturelles, même si les avantages de cette mesure permettent d'obtenir des rendements ou des revenus plus élevés à l'avenir. Certaines parties prenantes peuvent grandement bénéficier des activités commerciales (par exemple, le tourisme, la vente de produits de plus grande valeur, etc.). Toutefois, d'autres parties prenantes sont laissées à l'écart des processus de gestion, alors même que celles-ci sont parfois les plus concernées et sont celles qui ont le plus à perdre.
Les AMP sont donc un facteur d'inégalités dans les communautés qui dépendent fortement des ressources marines, mais sont aussi un outil puissant pour aider à les réduire. Bien qu'il s'agisse d'un aspect important du bien-être des personnes concernées et du succès des AMP, les évaluations et les mesures des inégalités sont actuellement largement absentes de la conception, de la mise en œuvre et de la gestion des AMP.
Ce projet de recherche visait donc à mieux comprendre la dynamique des inégalités dans les AMP en Indonésie, en s'appuyant sur des données existantes et des études de cas spécifiques. Il cherchait ainsi à mieux connaître la façon dont les inégalités influencent les objectifs de conservation et de développement dans les AMP, et à donner des idées sur la façon d'intégrer les évaluations et les indicateurs d'inégalité dans les politiques liées aux AMP existantes dans le pays.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’Extension de la Facilité de recherche sur les inégalités. Coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne, l’Extension contribue à l’élaboration de politiques publiques visant la réduction des inégalités dans quatre pays (Afrique du Sud, Mexique, Colombie et Indonésie) sur la période 2021-2025.
Objectif & résultats
Ce projet est d'abord passé par une phase de cadrage qui a permis de mieux comprendre le rôle des AMP et leurs liens avec les inégalités. Sur cette base, le projet visait ensuite le développement d'un cadre d'analyse des inégalités et de leur dynamique dans les AMP en Indonésie, et le développement d'une boîte à outils pour intégrer les inégalités dans la conception, la mise en œuvre et la gestion des AMP. Il a également alimenté le dialogue politique mené par l'UE et l'AFD sur la gestion des ressources marines et la protection de l'environnement.
Le projet a abouti à :
- Un document de travail résumant les connaissances actuelles sur les aires marines protégées et les inégalités en Indonésie (réalisé par LPEM) ;
- Un projet de recherche approfondie sur les liens entre la réduction des inégalités et la gestion des aires marines protégées, comprenant des études de cas de trois AMP (mené par l'Institut SMERU) ;
- Des activités de formation et de renforcement des capacités avec des praticiens et des gestionnaires d'AMP sur l'inclusion des inégalités dans les pratiques de gestion des AMP.
Enseignements
Vous trouverez ci-dessous les différents documents de recherche liés à ce projet :
- The Benefits of Marine Protected Areas in Fighting Inequality and Fostering Environmental Sustainability in Indonesia (en anglais)
- Balancing Conservation and Community Welfare: Enhancing the Management of Marine Protected Areas in Indonesia (en anglais)
- L’inclusion sociale peut-elle profiter aux écosystèmes ? Concilier enjeux sociaux et environnementaux grâce à une meilleure gestion des aires marines protégées en Indonésie
Vous pouvez également revoir le webinaire de la série « Conversation de recherche » sur le sujet (juillet 2023, en anglais).
Lire la suite dans The Conversation
Contacts
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Oskar LECUYER
Chargé de recherche
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Mention légale UE (projet) Comment réduire efficacement les inégalités en Indonésie ? Pour répondre à cette question, l’Extension de la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités travaille avec un centre de recherche indonésien et le bureau national des statistiques du pays afin de produire un diagnostic complet pour guider les interventions politiques visant à réduire les inégalités.
Contexte
En Indonésie, la pauvreté a diminué depuis 2006, passant de 17,75 % à 9,41 % en 2019, grâce à une forte croissance économique et à des efforts de réduction de la pauvreté. Les inégalités restent toutefois très élevées. Depuis 2010, le coefficient de Gini en Indonésie est resté supérieur à 0,38. La situation de la pauvreté et des inégalités s'est aggravée après la pandémie. Le taux de pauvreté par individu en Indonésie est ainsi passé à deux chiffres (10,14 % en 2021), tandis que le ratio de Gini est monté à 0,384, son taux le plus élevé depuis 2018. Au-delà de cet accent mis sur les inégalités économiques, les inégalités en Indonésie doivent être évaluées à travers un aspect multidimensionnel, sans se limiter aux revenus ou aux dépenses des ménages.
L'Indonésie est le quatrième pays le plus peuplé au monde et se caractérise comme le plus grand pays archipélagique du monde. Le contexte politique doit donc être évalué avec soin à travers les groupes de population, les classes de revenus et la situation géographique en raison de la diversité des situations à travers le pays, ou encore à travers la fourniture d'infrastructures publiques aux politiques publiques mises en place. Un rapport exhaustif diagnostiquant les inégalités est à ce titre utile pour évaluer l'état général des inégalités en Indonésie, à partir d’indicateurs monétaires (revenus ou dépenses), mais aussi à partir des actifs sociaux, en termes d'accès à l'éducation, la santé, l'eau et l'assainissement, l'emploi, et d'autres infrastructures de base nécessaires aux ménages.
Pour ce faire, l'Extension de la Facilité de recherche sur les inégalités coopérera avec un centre de recherche de premier plan, le LPEM FEB UI, et le bureau national des statistiques, le BPS, afin de réaliser une évaluation complète des inégalités et de produire un rapport de diagnostic sur les inégalités qui servira de base au lancement d'un dialogue national sur les inégalités et stimulera les interventions politiques visant à réduire les inégalités.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’Extension de la Facilité de recherche sur les inégalités. Coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne, l’Extension contribuera à l’élaboration de politiques publiques visant la réduction des inégalités dans quatre pays : Afrique du Sud, Mexique, Colombie et Indonésie sur la période 2021-2025.
Objectifs
Les objectifs de ce diagnostic sur les inégalités en Indonésie sont les suivants :
- Produire un document de travail qui consolidera les données et les ressources documentaires sur les questions d'inégalité afin de dresser un état des lieux des inégalités en Indonésie ;
- Conduire des activités de renforcement des capacités pour le centre de recherche national et le bureau national des statistiques afin d'effectuer des analyses de données ;
- Introduire des outils spécifiques pour le diagnostic multidimensionnel sur les inégalités en Indonésie.
Ce projet de recherche a abouti à un rapport exhaustif sur l’état des inégalités dans le pays pour contribuer au débat public et à la discussion sur les inégalités en Indonésie. Il propose une analyse approfondie de l'aspect multidimensionnel des inégalités et une ventilation complète en fonction des groupes de revenus, des lieux géographiques et du sexe. Il analysera les politiques antérieures prises par le gouvernement pour réduire les inégalités et leurs résultats au fil du temps.
Enseignements
Vous trouverez ci-dessous les publications liées à ce projet :
- The Inequality Diagnostic Report: Indonesia (en anglais uniquement)
- When Information Feeds Social Transformation in Indonesia: Understanding and Addressing Inequality outside Java through Diagnostic Dissemination (en anglais uniquement)
Lire le communiqué de presse
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Oskar LECUYER
Chargé de recherche
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Mention légale UE (projet) La crainte que les programmes de transferts d'argent (ou subventions sociales) puissent décourager la participation au marché du travail est courante chez les décideurs politiques locaux et mondiaux, y compris en Afrique du Sud. Pour réfuter ou confirmer cette crainte, l’Extension de la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités, en collaboration avec la Development Policy Research Unit (DPRU) de l'Université de Cape Town (UCT), a analysé les impacts de la subvention Covid-19 sur la reprise du marché du travail et l'investissement dans l'activité productive en Afrique du Sud.
Contexte
En Afrique du Sud, le système de subventions sociales est relativement complet, bénéficiant directement à un individu sur trois, et donnant principalement des moyens d'action aux plus vulnérables tels que les enfants, les personnes âgées et les personnes handicapées issues de ménages pauvres. Malgré la progressivité de ce système, il reste un manque d'aide aux chômeurs, qui sont présumés pouvoir subvenir à leurs besoins par le biais du marché du travail (Ferguson, 2015). Cependant, une telle vision néglige la nature généralisée et structurelle du chômage en Afrique du Sud, où plus de 70 % des chômeurs le sont depuis plus d'un an.
Dans cette optique, l'expansion du système de subventions sociales du pays en réponse à la pandémie de Covid-19 a joué un rôle important pour combler ce manque. En marge du système, une subvention spéciale Covid-19 de 350 rands a été introduite pour soutenir ce groupe important d'adultes sans emploi, jusqu'alors non atteint. Avec l'un des taux de chômage officiels les plus élevés au monde (32,6 % au premier trimestre 2021), cette subvention a constitué une forme importante de soutien pour des millions d'adultes vulnérables et a été la première à utiliser un critère d'éligibilité explicite au marché du travail, pouvant être considéré comme un "transfert de vulnérabilité au marché du travail".
Ce projet s’inscrit dans le cadre de l'Extension de la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités. Coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne, l’Extension de la Facilité contribue à l’élaboration de politiques publiques visant la réduction des inégalités dans quatre pays : Afrique du Sud, Mexique, Colombie et Indonésie sur la période 2021-2025.
Objectif
Mené par l'équipe du DPRU de l'Université de Cape Town (UCT-DPRU), ce projet de recherche a étudié de façon quantitative si la subvention Covid-19 avait agi comme une source de relance du marché du travail, en conduisant à un investissement accru dans des activités productives sur le marché du travail.
Pour ce faire, la recherche visait à fournir une analyse descriptive détaillée et quantitative des transitions dans les résultats du marché du travail parmi les bénéficiaires de la subvention Covid-19 (en mesurant si les individus passaient d'activités vulnérables à des activités plus productives, par exemple), ainsi qu'une analyse de la corrélation entre la réception de la subvention et les résultats du marché du travail. Enfin, il s'agissait d'estimer les effets de causalité de la perception de subventions sur une série d'activités productives du marché du travail.
Méthode
L'analyse a exploité des données d'enquête représentatives recueillies pendant la pandémie en Afrique du Sud (provenant de la National Income Dynamics Study : Coronavirus Rapid Mobile Survey, NIDS-CRAM) pour répondre aux questions transversales et longitudinales suivantes sur le rôle de la subvention :
- Quelle est la relation corrélationnelle entre la réception de la subvention et le comportement de recherche d'emploi, la participation au marché du travail et la probabilité de trouver un emploi ?
- Quelle est la corrélation entre la réception de la subvention et la transition d'un état relativement improductif du marché du travail à un état plus productif au fil du temps ?
- Cette relation varie-t-elle selon les différents groupes et sous-groupes de bénéficiaires ?
Résultats
Vous trouverez ci-dessous le document de recherche lié à ce projet :
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Anda DAVID
Économiste, coordinatrice scientifique de la Facilité UE-AFD de recherche sur les inégalités