Mention légale UE (projet) Les inégalités face aux services urbains d’eau sont souvent perçues de manière très basique selon une lecture binaire « accès/non accès », avec pour horizon l’universalisation de l’accès au service public. En clair, la question a longtemps été de s’assurer que tous les habitants aient accès au service public d’approvisionnement en eau. Plus encore en Bolivie où l’eau est considérée comme un « bien commun » soumis à un principe de « non-marchandisation » inscrit dans la Constitution depuis 2009. Or, la crise de l’eau à La Paz en 2016 a mis en évidence un nouveau type d’inégalité face au service d’approvisionnement en eau. Ce sont, en effet, les quartiers sud de la capitale administrative du pays, peuplés par des habitants de classes moyennes et supérieures, plus exposés à la fragilité du système principal d’accès à l’eau, qui ont été privés de service pendant cet épisode de sécheresse. Il s’agit de l’une des nombreuses déclinaisons possibles des inégalités face aux services urbains de l’eau, dont l’analyse exige de dépasser la seule question de l’accès technique au réseau.
Contexte
En 2015, le niveau d'accès aux services d'eau « améliorés » dans les villes en Bolivie était de 97%, tandis que celui des services d'assainissement était limité à 61%. Au-delà de ces données générales, les données disponibles sur les taux d'accès aux services d’approvisionnement en eau peuvent masquer d'autres types d'inégalités urbaines liées à l'eau. Ces inégalités ne concernent pas uniquement l'accès technique au réseau, facilement repérable au demeurant sur une carte de desserte en service.
Il s’agit, par exemple, de la question des inégalités liées au paiement du service. Ce type de données est plus difficile à saisir car il est lié à la composition du ménage, aux pratiques, au niveau de consommation et, bien sûr, aux revenus. Un autre type d'inégalité est dû à la nature du fournisseur de services. Le service public de l’eau n’est pas la seule modalité d’approvisionnement en service en ville : il existe des petits dispositifs sociotechniques décentralisés à l’échelle des quartiers qui se substituent parfois au système principal ou y apportent un complément. Ils proposent généralement un service basique, de qualité acceptable, et des tarifs plus bas, mais impliquent une forte participation des usagers aux travaux collectifs de maintenance. En outre, la localisation de certains foyers, plus exposés que d’autres à la fragilité du système principal, constitue une nouvelle dimension des inégalités qui a été mise en évidence lors de la crise de l’eau à La Paz en 2016. La zone Sud avait alors été privée de desserte en eau pendant plusieurs semaines. D’autres facteurs d’inégalités sont repérables comme, par exemple, la couleur politique ou la capacité de mobilisation sociale de certains réseaux, qui peuvent parfois constituer de véritables avantages comparatifs dans les priorités d’accès aux services d’eau et d’assainissement.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par la Direction Générale des Partenariats Internationaux de la Commission européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
Objectif
Mené par une équipe multidisciplinaire sous la coordination du CIDES-UMSA, ce projet de recherche entend examiner et analyser les différents types d’inégalités liées aux services d’eau et d’assainissement à la Paz-El Alto et à leurs évolutions au cours des dernières années. L’objectif est d’explorer comment des déterminants typiques tels que le revenu (inégalités verticales) et la localisation (inégalités spatiales). Les chercheurs s’intéressent également à d’autres types de déterminants moins étudiés, tels que l’exposition au changement climatique, les représentations sociales ou les ressources politiques, qui peuvent affecter la cohésion sociale. L’objectif est d’aboutir à une nouvelle lecture des inégalités urbaines à La Paz-El Alto afin d'alimenter le dialogue avec les autorités municipales et sectorielles.
Ce projet vise également à soutenir la recherche bolivienne à travers des formations, des ateliers méthodologiques, la participation à des conférences internationales, etc.
A lire sur The Conversation : Pour les femmes boliviennes, l’eau est source de vie… et d’inégalités persistantes
Méthode
Ce projet de recherche s’inscrit dans une approche à la fois pluridisciplinaire et pluri-thématique qui couple des enquêtes de terrain (qualitatives) sur différentes zones des deux villes autour de sujets-clés liés aux inégalités face aux services d’eau (évolutions des services sur la frange urbaine, petits systèmes, ressources socio-politiques des quartiers, usages partagés de l’eau en ville, etc.), des analyses historiques (genèse des inégalités face aux services), et des analyses statistiques -en lien avec les services de recherche de la ville-. Les résultats issus de ces différentes enquêtes et analyses seront régulièrement discutés lors d’ateliers de partage.
Résultats
Retrouvez la présentation du papier de recherche “Inequalities related to urban water services in La Paz-El Alto, Bolivia” par Sarah Botton (chargée de recherche AFD) et Patricia Urquieta (chercheuse au CIDES-UMSA) lors du troisième webinaire de la Facilité de recherche sur les Inégalités:
Vous trouverez ci-dessous les différents papiers de recherche liés à ce projet :
Les papiers suivants sont uniquement disponibles en anglais:
- Conflicts and tensions over water ownership in the territory of the urban-rural interface of Hampaturi, municipality of La Paz
- When governance fails: institutional asymmetries in water management in the municipality of La Paz
- Landscape of springs and collective outdoor laundries in the city of La Paz
- The ‘urbanization of water’ in La Paz, Bolivia: historical and conceptual perspectives
- Persistence of inequality in access to water: a look at the actions of women in peri-urban territories of the city of El Alto
- Territorial inequalities expressed in children's health in two neighborhoods with access to water in the city of El Alto
- Corporate citizenship and water urbanization on the outskirts of El Alto
Vous trouverez les dialogues de politiques publiques liés à ce projet ci-dessous (en anglais) :
- Springs and collective laundries in the City of La Paz, notes for their management
- Access to water : persistence of inequalities in the life of women
- Municipal planning and inter-institutional coordination for good water management
- Water and Sanitation works with Neighborhood Participation: regulated and transparent
- Water provision and management of urban-rural interface territories
- Water in the city of El Alto, a right that arrives incomplete
Contacts :
- Sarah Botton, chargée de recherche à l'AFD
- Patricia Urquieta, enseignante-chercheure CIDES-UMSA
Mention légale UE (projet) L’étude analyse l’évolution des inégalités entre 2010 et 2016 dans les deux principales villes jordaniennes qui accueillent des réfugiés syriens : 194 000 Syriens à Amman et 140 000 à Irbid, selon les données 2018 de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Ce projet de recherche consiste à étudier d’une part l’impact de l’afflux des populations syriennes sur l’évolution des inégalités économiques (revenus, croissance, pauvreté, etc.) et d’autre part sur le marché du logement (prix du marché immobilier, part du logement dans les dépenses des ménages, etc.).
Contexte
Le nombre de réfugiés syriens était estimé à 1,2 million de personnes en novembre 2015 selon le recensement officiel jordanien de la population, ce qui correspond à 10% à 12% de la population. Environ 660 000 d’entre eux sont enregistrés comme « demandeurs d’asile » par le UNHCR. Leur nombre diminue cependant depuis 2015, probablement en raison des migrations, notamment de retour vers leur pays d’origine.
Plus de 90% des réfugiés syriens ne souhaitent pas vivre de façon permanente dans les trois camps de réfugiés gérés par l’ONU au nord de la Jordanie. Ils s’installent donc dans les villes ou dans les espaces ruraux environnants, louant des appartements et vivant souvent dans des conditions de logement inadéquates. Leur principale motivation est l’accès à l’emploi.
Cet afflux de population dans les villes a un impact sur le logement, les services, les activités, les revenus et la distribution des ressources entre les citadins. Les inégalités au sein de la population jordanienne, en particulier entre les Jordaniens et les étrangers (1,7 millions d’étrangers vivent en Jordanie) peuvent être accrues.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par l'Union européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
Objectifs
La première partie de l’étude porte sur les dynamiques des inégalités économiques entre ménages à Amman et Irbid, en utilisant les études sur le marché du travail jordanien de 2010 et 2016 (Jordan Labor Market Panel Survey) et les données sur les revenus et les dépenses des ménages (Household Expenditure and Income Survey, HEIS) 2013 et 2016.
La seconde partie de l’étude traite des inégalités de logement entre habitants de Amman et Irbid. Cette partie s’intéresse à la fois au coût du logement (dépenses pour les ménages) et au logement comme source de revenus (mise en location, vente…).
Méthode
Les indicateurs d’inégalités utilisés seront nombreux : le coefficient de Gini, mais aussi l’indice Atkinson et le ratio P90/P10, par exemple.
Les données proviendront :
- des études sur le marché du travail jordanien de 2010 et 2016 (Jordan Labor Market Panel Survey) ;
- des recensements de la population 2004 et 2015 (Jordanian Department of Statistics) ;
- des données sur les revenus et dépenses des ménages (Household Expenditure and Income Survey, HEIS) 2013 et 2016 ;
- des données du PNUD sur les inégalités socioéconomiques en Jordanie ;
- des données du UNHCR.
L’équipe de recherche est composée, côte jordanien, de deux économistes, d’une géographe et d’une sociologue ; et du côté de l’AFD, d’une économiste et d’une urbaniste.
Contacts
- Irène Salenson, chargée de recherche, AFD
- Abdel Baset Athamneh, responsable du département d’économie de l’université de Yarmouk
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Mention légale UE (projet) Cette étude porte sur les nouvelles formes de logement abordable et de logement social dans les villes sud-africaines. Objectif ? Définir si ces projets permettent de réduire les inégalités économiques et de favoriser l’inclusion sociale.
Contexte
Depuis la fin de l’apartheid, les gouvernements sud-africains successifs ont mis l’accent sur une politique de logement social très volontariste, en construisant notamment 2,7 millions de logements pour les classes défavorisées. Cependant, diverses sources estiment que les besoins en logements abordables s’élèvent encore à 2 millions de logements (cela concernerait 12 millions de personnes, soit près d’un quart de la population sud-africaine). Par ailleurs, la construction de ces millions de logements n’a pas permis la disparition des bidonvilles, qui continuent de s’étendre dans les grandes villes sud-africaines. Enfin, la plupart des logements sociaux ont été établis en périphérie lointaine des agglomérations, ce qui ne permet pas aux bénéficiaires d’accéder aux zones d’emploi et aux services, et contribue à favoriser le maintien de la ségrégation raciale et sociale.
Les tendances les plus récentes encouragent le secteur privé à participer à la construction, ou à la réhabilitation, de logements abordables.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par la Direction Générale des Partenariats Internationaux de la Commission européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
Objectif
Comprendre l’impact de projets comme les « Integrated Housing Developments » (des projets visant à favoriser la mixité sociale), ou les projets de logement dit "social" dans les grandes villes sud-africaines (Johannesbourg, Le Cap, Durban), c’est l’objectif de ce projet de recherche. D’autres outils visant favorisant l’inclusion sociale sont également étudiés, comme les réglementations et incitations fiscale encourageant la production de logement abordable par le secteur privé, etc.
Dans le cadre de cette étude, nous interrogeons à la fois la question de la réduction des inégalités économiques et la question des échelles des inégalités : échelle du quartier, du district, ou métropolitaine ?
Il s’agit également de définir les déterminants et les obstacles pour la production de logement social et abordable : modèle économique, soutien public, investissement privé, cadre réglementaire, difficultés de mise en œuvre, etc.
Méthode
Ce projet de recherche prend pour cas d’études plusieurs projets de production de logements subventionnés, dans trois grandes villes sud-africaines (Le Cap, Johannesbourg et Durban).
Plusieurs indicateurs socioéconomiques sont utilisés pour évaluer les inégalités.
Des séries de données sur l’offre et la demande de logement sont constituées, depuis les années 2000 jusqu’en 2018. L’étude recherche les données les plus désagrégées possibles, afin d’identifier des tendances infra-urbaines de ségrégation, d’inclusion et d’exclusion.
Le rôle des différentes sources de revenus est analysé, notamment les revenus et dépenses relatives au logement, en les croisant avec le coefficient de Gini sur les inégalités.
Une composante de l’étude est également qualitative : elle porte sur les modalités de production et de réglementation du logement abordable en Afrique du Sud.
Résultats
Vous trouverez les papiers de recherche liés à ce projet ci-dessous :
- Social housing and upward mobility in South Africa
- The role of social housing in reducing inequality in South African cities
Vous trouverez les policy briefs liés à ce projet ci-dessous :
Contacts
- Irène Salenson, chargée de recherche à l’AFD
- Ivan Turok, directeur exécutif de la division sur la performance économique et le développement du Human Science Research Council