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Afrique du Sud
« Aucun pays ne devrait avoir à choisir entre la lutte contre la pauvreté et la préservation de la planète », a plaidé Emmanuel Macron au Sommet pour un nouveau pacte financier mondial en juin 2023. L’Afrique du Sud, premier pays à avoir signé un Partenariat de transition énergétique juste (Jet-P) en 2021, met tout en oeuvre pour résoudre ce dilemme. À quelques jours de la COP28, quelles leçons en tirer ?

« Les inégalités ne sont pas inévitables », a affirmé la commissaire européenne Jutta Urpilainen lors de la conférence « Inégalités, travail et nature » co-organisée à l’Université du Cap les 8 et 9 novembre par l’AFD, la présidence sud-africaine, l’Union européenne et l’African Centre of Excellence for Inequality Research (Aceir). Deuxième économie d’Afrique subsaharienne en 2022, l’Afrique du Sud est confrontée à un dilemme stratégique : mener une transition énergétique pour réduire sa dépendance au charbon (qui représente 90 % de la production électrique et environ 100 000 emplois) et contribuer à la lutte contre le changement climatique, sans pour autant aggraver les inégalités, qui sont très fortes.

Une transition multidimensionnelle 

« La transition du charbon vers des sources d’énergie renouvelables plus propres est nécessaire pour l’atténuation du changement climatique. Pourtant, elle pose des défis en termes de pertes d’emplois dans le secteur du charbon, de sécurité énergétique et de besoin d’investissements importants dans les nouvelles infrastructures », explique Kenneth Morolong, vice-ministre au sein de la présidence sud-africaine. 


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Cela souligne la complexité de la transition : elle a des impacts en matière de finances publiques, de balance commerciale, de fiscalité et de stabilité financière, mais aussi de gouvernance, de protection sociale, de santé publique

Mobiliser tous les secteurs de la société 

En Afrique du Sud, la transition juste est portée au plus haut niveau politique et un cadre stratégique a été posé, avec la définition d’objectifs pour 2030 dans les domaines économique, écologique et social. Premier défi : le financement. Les premiers engagements de prêts liés au Jet-P ont eu lieu en 2022 avec la France, via l’AFD, et l’Allemagne, via la KfW. C’est maintenant l’engagement des acteurs privés qui sera décisif pour transformer l’économie. 

Au-delà, « la question clé est celle de la mise en œuvre », insiste Saul Musker, directeur de la stratégie au sein du bureau de la présidence sud-africaine. Avec un rôle particulier pour l’échelon local, car la transition énergétique ne touche pas tous les territoires et toutes les populations de la même façon. « Les communautés sont le point de départ de la transition juste », confirme le Dr Crispian Oliver, directeur de la Commission présidentielle pour le climat. 


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Le rôle des autorités locales

Le Mpumalanga, province du nord-est du pays, abrite l’essentiel de la production de charbon. Les autorités locales sont en première ligne pour coordonner les efforts : identifier les vulnérabilités du territoire dans le cadre de la transition, mener un travail de dialogue avec les communautés affectées par la fermeture des centrales à charbon, anticiper l’accompagnement des personnes sans emploi ou encore la reconversion des terres… Des outils d’aide à la prise de décision s’avèrent alors essentiels. 

C’est le cas par exemple du Youth Explorer, développé par l’Université du Cap en partenariat avec le département de recherche de l’AFD : avec cet outil, « nous sommes en mesure de savoir, au Mpumalanga, combien de jeunes ne travaillent pas, à quel âge, avec quel impact, afin de proposer des interventions tangibles », explique Duduzile Sibiya, coordinatrice du changement climatique et de la transition juste pour la province. Le périmètre de cet outil interactif est actuellement en cours d’élargissement avec l’appui de la facilité UE-AFD de lutte contre les inégalités.


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De la recherche à la politique publique 

Cet exemple illustre le rôle que le monde académique peut jouer dans les transitions. Au-delà des outils et des analyses produites, Hélène Djoufelkit, directrice de la recherche à l’AFD, souligne que « le processus de la recherche est très important, il permet de construire un lien de confiance ». Ce dialogue de long terme entre chercheurs et acteurs publics est un facteur clé pour éclairer les décideurs sur les options de politiques publiques envisageables pour mener à bien la transition.


Revoir la conférence « Inégalités, travail et nature »

Assister à l'événement Changement climatique et inégalités, le duo indissociable


Le contenu de cette publication relève de la seule responsabilité de l’AFD et ne reflète pas nécessairement les opinions de l’Union européenne

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