- En savoir plus sur ESTEEM Rwanda : mieux comprendre les risques climatiques pour protéger l’économie
Mené en partenariat entre la Banque nationale du Rwanda (BNR) et le groupe AFD dans le cadre de la Facilité 2050, le projet ESTEEM Rwanda vise à mieux comprendre comment le changement climatique affecte l'économie rwandaise – en particulier le secteur agricole – et à doter les décideurs rwandais d’outils pour anticiper et gérer ces impacts.
Contexte
Le Rwanda, pays enclavé et densément peuplé de la région des Grands Lacs, connaît depuis plus de deux décennies une croissance soutenue qui s’est accompagnée d’une amélioration significative des conditions de vie de sa population. Volontariste en matière de climat, le pays a défini des mesures ambitieuses pour soutenir une trajectoire de développement à la fois durable, inclusive et orientée vers la croissance. En 2025, il a mis à jour ses engagements climatiques dans le cadre de l’Accord de Paris, avec un objectif renforcé réduction des émissions de gaz à effet de serre de 53 % à l’horizon 2035.
Bien que sa contribution aux émissions globales soit très faible, le Rwanda est fortement vulnérable aux impacts du changement climatique. L’économie rwandaise repose en effet en grande partie sur des secteurs sensibles au climat, en particulier l’agriculture pluviale. Ce type d’agriculture non irriguée est particulièrement vulnérable aux variations de température et de précipitations, et à l’augmentation de la fréquence d’événements climatiques extrêmes (inondations, sécheresses, glissements de terrain…). Or, l’agriculture pluviale représente 20% du PIB en 2025 et environ 55% de la population en âge de travailler en dépend, soit en tant qu’emploi formel ou comme activité secondaire et de subsistance. Si les récoltes sont touchées, ce sont potentiellement la productivité agricole, les prix et donc les ménages qui seront affectés. Pour les pouvoirs publics, l’enjeu est donc de mieux comprendre et de mieux mesurer ces liens entre économie et climat afin de pouvoir les anticiper et gérer leurs conséquences.
Objectifs
Via un travail de modélisation, le projet ESTEEM Rwanda vise à approfondir la compréhension des impacts macroéconomiques (inflation, vulnérabilité fiscale, externe et socioéconomique, inégalités) que différents chocs climatiques peuvent avoir sur le secteur agricole, ainsi que les leviers que les pouvoirs publics peuvent activer pour atténuer ces chocs ;
Développé avec les équipes partenaires de la BNR – qui participent à la construction du modèle par leur expertise sur les questions agricoles et macroéconomiques, ainsi qu’à travers l’apport de données, le modèle ESTEEM permettra d’enrichir les capacités d’analyse de la BNR sur les questions des liens entre économie et climat.
Fondée sur le modèle ESTEEM, la première phase du projet analysera l’impact de dommages agricoles issus d’événements climatiques extrêmes sur différents secteurs économiques, avec une attention particulière accordé à l’inflation et à ses conséquences sur les vulnérabilités macroéconomiques et les inégalités.
Comprendre et mesurer les conséquences distributives de ces chocs est important à intégrer à l’analyse car, en fonction de leurs caractéristiques (type d’activité, revenu, situation géographique…), tous les ménages ne sont pas affectés de la même façon par un choc de production agricole (perte de production directe pour un ménage rural ou baisse de pouvoir d’achat par la hausse des prix pour un ménage urbain). L’analyse peut ainsi révéler le besoin de mesures d’accompagnement ciblées
Il est également essentiel d'appréhender ces chocs en interaction avec les canaux externes et budgétaires. Par exemple, la perte de récoltes pour l’exportation, combinée à une demande d'importations plus élevée, pourrait déséquilibrer la balance commerciale et affecter le taux de change. En permettant d’analyser de tels impacts, le modèle s’inscrit pleinement dans le mandat de la BNR, qui définit sa politique monétaire au regard des pressions inflationnistes, des taux de change et de la situation économique domestique.
La deuxième phase du projet permettra d’améliorer le modèle à partir des enseignements tirés de la première phase.Elle visera notamment à mieux prendre en compte les effets des événements extrêmes sur les différentes cultures agricoles, à représenter plus fidèlement le fonctionnement du secteur agricole grâce aux échanges avec les experts locaux, et à intégrer les conséquences du changement climatique sur la pauvreté.
Le modèle pourra également être enrichi pour mieux analyser certains mécanismes économiques et financiers, comme les effets d’une hausse des taux d’intérêt sur les sphères productives, budgétaires et externes de l’économie rwandaise.
Enfin, cette deuxième phase permettra de poursuivre les travaux de recherche sur d’autres problématiques techniques telles que la validation empirique du modèle.
Méthode
En fonction de la structure de leur économie, de leur marge de manœuvre budgétaire et de la solidité de leur système de protection sociale, les pays sont plus ou moins exposés aux risques et vulnérabilités générés par une transition vers une économie bas carbone : on parle de « risques de transition ». Développé par l’AFD, le modèle ESTEEM permet d’identifier ces risques et aide donc à les anticiper afin de favoriser le succès de la transition. Il est adapté à la situation spécifique de chaque pays partenaire pour servir d’outil d’aide à la décision.
Dans des projets précédents, ESTEEM a principalement servi à évaluer les risques de transition liés au changement climatique à un moment donné. Dans le cadre du projet ESTEEM Rwanda, les modèles sont enrichis pour permettre une analyse économique fine des risques physiques de court terme (horizon 5 ans).
Multisectoriel et intégrant la contrainte de disponibilité limitée des ressources, le modèle ESTEEM Rwanda se base sur la méthode entrées-sorties et le modèle théorique développé au sein de l’équipe. Il est construit par une équipe de modélisateurs de l’AFD en collaboration proche avec l’équipe de recherche de la BNR, qui pourra utiliser le modèle afin d’affiner ses outils de décisions dans le cadre de sa politique monétaire et modéliser différents scénarios de chocs ou d’adaptation.
Résultats attendus
A l’issue du projet, la Banque nationale du Rwanda disposera d’un modèle macro-sectoriel de court terme coconstruit avec l’équipe de l’AFD pour appréhender les conséquences économiques d’événements naturels extrêmes. Des formations et des ateliers permettront à la BNR de se saisir cet outil pour explorer différents scénarios. En complément, le projet donnera lieu à des publications de recherche, produites en partenariat avec la BNR, et à des activités de dissémination des résultats.
Contacts
- Guilherme MAGACHO, économiste, AFD
- Élise CHRÉTIEN, chargée de recherche, Expertise France
- Laurent DÉJARDIN-VERKINDER, économiste, Expertise France
- Faustin MANIRAGUHA, économiste, BNR
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Le projet de recherche Track Adapt vise à produire une nouvelle méthodologie à partir du système de suivi GAP-track pour évaluer finement les progrès de l’adaptation urbaine au changement climatique. Il permettra de co-construire une vision partagée des enjeux liés à l’adaptation avec les acteurs locaux des villes de Cape Town et Nelson Mandela Bay en Afrique du Sud, et d’identifier des pistes d’adaptation efficaces et contextualisées.
Contexte
Vagues de chaleur, pluies intenses, sécheresses prolongées… L’intensification des risques climatiques impose de mieux savoir si les mesures d’adaptation mises en œuvre sur les territoires réduisent effectivement les vulnérabilités et les risques. Or, les débats internationaux restent largement centrés sur des indicateurs globaux, tels que la proportion de la superficie pour la production alimentaire et agricole utilisant des pratiques et des technologies d’adaptation, ou la proportion de la population utilisant des services d’eau résilients face au changement climatique. Ces indicateurs sont utiles mais insuffisants pour saisir les contextes locaux, les arbitrages de long terme et les risques de maladaptation – autrement dit, de mesures qui, paradoxalement, risquent d’accroître la vulnérabilité au lieu de la réduire – auxquels font face les territoires.
En Afrique du Sud, Cape Town et Nelson Mandela Bay sont particulièrement exposées aux risques climatiques : ces deux villes font face à des tensions fortes liées à la raréfaction de l’eau, aux vagues de chaleur, à l’érosion du littoral et aux submersions côtières. Au-delà des conséquences matérielles de ces risques, l’enjeu est aussi politique : comment concilier les visions, valeurs et intérêts de multiples acteurs – municipalités, scientifiques, praticiens, société civile, communautés et secteur privé – pour construire des trajectoires d’adaptation robustes et équitables ?
Objectifs
Pour suivre les progrès de l’adaptation urbaine au changement climatique, le projet de recherche Track Adapt vise à adapter la méthodologie GAP-Track développée par l’IDDRI avec l’appui de l’AFD et de l’ADEME, afin de la rendre pertinente à l’échelle urbaine, utilisable par les acteurs concernés et réplicable. Pour cela, l’équipe de recherche travaille avec les acteurs de deux villes pilotes en Afrique du Sud, Cape Town et Nelson Mandela Bay.
Track Adapt s’intéresse à trois questions principales :
- Comment adapter l’outil à l’échelle métropolitaine ?
- Quels progrès, lacunes et besoins apparaissent dans deux domaines prioritaires pour ces deux villes : sécurité hydrique face aux sécheresses et à la chaleur, et adaptation du littoral à l’érosion et aux submersions ?
- Comment une évaluation régulière des mesures d’adaptation peut-elle permettre de comparer les progrès dans le temps et entre villes ?
Cette recherche-action sera particulièrement utile aux acteurs du développement car elle permet de passer d’un suivi centré sur les plans et indicateurs à une compréhension partagée de ce qui réduit effectivement les risques. Elle aidera les municipalités, l’AFD et leurs partenaires à prioriser les actions, renforcer les capacités, orienter les financements et nourrir le dialogue sur des trajectoires d’adaptation plus équitables.
Track Adapt contribue aux efforts de l’AFD pour renforcer l’adaptation urbaine, nourrir le dialogue de politiques publiques et orienter les financements vers des solutions pertinentes et efficaces.
Méthode
À Cape Town et Nelson Mandela Bay, des experts techniques, institutionnels, académiques, ainsi que la société civile et acteurs économiques évalueront les progrès et limites de l’adaptation à travers une matrice comprenant six dimensions : connaissance des risques, plans, actions, capacités, preuves de réduction du risque et trajectoires d’adaptation.
Le projet associe des expertises complémentaires :
- L’institut African Climate & Development Initiative, rattaché à l’Université de Cape Town (ACDI-UCT), pilote l’ancrage local, les échanges avec les parties prenantes et les évolutions méthodologiques ;
- L’Iddri apporte l’expertise méthodologique GAP-Track ;
- Les acteurs locaux valident la méthodologie et apportent leurs savoirs expérientiels ;
- L'AFD apporte une contribution scientifique pour ajuster GAP-Track au contexte local, facilite la médiation scientifique vers des projets d'adaptation concrets – en Afrique du Sud et dans ses autres géographies d’intervention – et partage l'expérience avec les villes françaises.
Les Learning Labs traduiront les résultats en priorités d’action, options de financement et apprentissages réplicables.
Résultats attendus
Les résultats attendus comprennent notamment une note méthodologique pour l’application de GAP-Track au niveau urbain, des évaluations participatives sur l’eau et le littoral à Cape Town et Nelson Mandela Bay, des publications (rapport de projet, note de politique publique, article de recherche, etc.) et des ateliers multi-acteurs.
Le projet prévoit aussi renforcer les capacités des acteurs municipaux sur l’adaptation, créer un espace de dialogue entre scientifiques, praticiens et décideurs, et soutenir l’identification de priorités d’investissement pour combler les écarts entre les besoins d’adaptation et les réponses mises en œuvre.
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Contact
-
Christophe BUFFET
Chargé de recherche sur l'adaptation
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ESTEEM Rwanda : mieux comprendre les risques climatiques pour protéger l’économie
En cours
2025 - 2026
Dans un Moyen-Orient en pleine reconfiguration, alors que le Liban, la Syrie et Gaza font face à des destructions massives sur leurs territoires, cet observatoire se propose d’analyser les dynamiques et les modalités des chantiers de reconstruction qui se mettent en place. Ces enseignements comparatifs permettront à l’AFD et à ses partenaires de mieux comprendre ces contextes d’intervention et les dynamiques d’acteurs en présence, pour agir de façon pertinente.
Contexte
Liban, Syrie, Gaza : le Moyen-Orient concentre certains des chantiers de reconstruction – dans des contextes de conflit ou de post-conflit – parmi les plus complexes du monde, avec de forts enjeux de financement. Pour la seule Syrie, la Banque mondiale estime les coûts de reconstruction à 216 milliards de dollars.
Cependant, les enjeux ne sont pas que financiers ou techniques : ces chantiers s’inscrivent dans un contexte politique, économique et social complexe, où interviennent de nombreux acteurs aux intérêts et aux approches parfois divergents. Pour intervenir de façon pertinente dans ce jeu géopolitique complexe, bien appréhender les contextes d’intervention est nécessaire – tant pour le groupe AFD que pour d’autres acteurs du développement
Objectifs
Conduit par l’Ifri et coordonné par l’AFD, ce projet d’observatoire analyse la situation des destructions et les perspectives de reconstruction pour trois territoires : Gaza, le Liban et la Syrie. Il vise à :
- Comprendre les dynamiques locales (sociales, politiques et économiques) de la reconstruction : quels sont les besoins réels ? Quel est l’état du tissu social ? Qui sont les acteurs en présence et comment interagissent-ils ?
- Identifier les modalités possibles et concrètes de reconstruction : quel positionnement des gouvernements de ces pays ? Quelle place pour le secteur privé et quelle articulation public-privé ? Quel rôle de la société civile et des diasporas ?
- Comparer le positionnement des acteurs extérieurs (institutions et États européens, Israël, USA, pays du Golfe, Turquie, Chine, Iran, Russie…) : quels sont les plans de reconstruction proposés et quel est leur niveau d’implication ? Comment s’articulent diplomatie, reconstruction et intérêts économiques ? Priorisent-ils humanitaire ou reconstruction ? Quid du positionnement français ?
Méthode
Pour s’assurer d’être au plus près de l’actualité dans ce contexte évolutif, un dispositif de veille permettra de cartographier les projections en termes de reconstruction et les décisions des différents pays. Des cartes seront réalisées par l’Ifri lorsque cela sera pertinent pour mieux comprendre les enjeux globaux.
Trois missions de terrain seront menées directement par les chercheurs de l’Ifri et/ou par des chercheurs présents sur place. La méthodologie privilégiera les entretiens, sur place ou à distance lorsque les déplacements seront impossibles. La Syrie est ici particulièrement concernée, car les disparités territoriales y constituent un défi important pour les opérateurs.
Fonctionnant de façon interactive, cet observatoire est ouvert à des échanges réguliers/à la demande avec les institutions françaises qui partagent un intérêt sur ces questions.
Résultats attendus
Les livrables comprendront :
- Des notes de retour de mission avec restitution orale ;
- Des publications sur des thématiques transversales dans les collections de l’Ifri ;
- Un rapport final, commun aux trois chantiers et problématisé, publié dans les collections des Editions Agence française de développement ;
- Une conférence finale qui pourra introduire des perspectives comparatives (Ukraine, Afrique).
Contacts
- Dorothée SCHMID, responsable du programme Turquie/Moyen-Orient, Ifri
- Elodie RICHE, chargée de recherche, AFD