Abidjan
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Côte d'Ivoire
La Côte d’Ivoire fait partie de la soixantaine de pays suivis par les économistes risque-pays de l’AFD. Les diagnostics-pays produits permettent d’éclairer la trajectoire économique et la situation macroéconomique et financière de cet Etat.
Contexte
Première puissance régionale d’Afrique de l'Ouest, la Côte d’Ivoire entend devenir un pays émergent en 2020. Elle doit pour cela réduire la pauvreté et les inégalités qui touchent sa population et tout mettre en œuvre pour favoriser l’emploi des jeunes. Partenaire historique du pays, l’AFD l’accompagne dans la réalisation des transitions déterminantes pour son avenir : démographique, sociale, énergétique…
Objectif
Produits par une équipe d’économistes risque-pays, les diagnostics-pays permettent d’analyser les processus de développement des États dans lesquels l’AFD intervient, de caractériser leur trajectoire de croissance, mais aussi de détecter les vulnérabilités économiques, sociales, politiques et financières associées à ces trajectoires. Le groupe AFD est ainsi en mesure de bien mesurer les enjeux et de suivre les risques associés à chacun de ses investissements.
Un accent particulier est mis sur les pays en développement, notamment en Afrique, pour lesquels les analyses macroéconomiques sont rares ou peu fréquentes, dans un souci de complémentarité avec les productions existantes sur l’actualité économique mondiale, plus volontiers focalisées sur les économies avancées et les grands émergents.
En savoir plus : Les analyses macroéconomiques à l'AFD
Méthode
Les réflexions des économistes risque-pays sont nourries d’un suivi rapproché sur longue période et ancrées dans une connaissance fine des contextes locaux. Les évolutions conjoncturelles, souvent mises en avant dans l’actualité, sont systématiquement étudiées à la lumière des tendances structurelles des économies et du contexte régional dans lesquelles elles s’inscrivent, afin de mettre en évidence les problématiques macroéconomiques spécifiques à chaque pays tout en évaluant les risques au regard de trajectoires comparables dans le temps et l’espace.
Les économistes risque-pays inscrivent l’étude des vulnérabilités socio-politiques, du modèle de croissance, de la viabilité de l’endettement public, des équilibres externes et de la solidité du système financier au cœur de leur diagnostic, et accordent un point d’attention spécifique à l’exposition des pays aux risques climatiques.
Enseignements
Depuis la sortie de la « décennie perdue » (2000-2010), la Côte d’Ivoire connaît une forte croissance économique (+7,2 % depuis 2012). Résiliente face aux chocs externes successifs, elle confirme sa position au sein de l’UEMOA. Pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, elle aspire à rejoindre la tranche supérieure d’ici 2030. Pour ce faire, cette économie, encore largement orientée vers les exportations de matières premières, doit relever plusieurs défis, parmi lesquels, la restauration d’un équilibre budgétaire et extérieur. Les besoins d’investissement restent importants pour pallier des fragilités socio-économiques persistantes et construire un modèle de croissance inclusif. Malgré la bonne performance économique, le pays reste vulnérable aux risques politiques et sécuritaires.
Retrouvez nos publications sur la situation macroéconomique de Côte d’Ivoire :
- « Côte d’Ivoire : résilience macro-financière et poursuite de l’ambition émergente » in MacroDev n°60 (février 2025)
- « La course vers l'émergence à l'épreuve des chocs » in MacroDev Panorama semestriel n°53 (février 2024)
- « Côte d’Ivoire : une économie relativement résiliente », in MacroDev Panorama n°36 (septembre 2021)
- « La soutenabilité des dettes en Afrique : état des lieux et enjeux futurs », MacroDev n°34 (mai 2021)
- « Les enjeux de la nouvelle croissance ivoirienne » (octobre 2015)
Découvrir d'autres projets de recherche
Le numérique a acquis une place majeure dans les stratégies de développement en Afrique subsaharienne. L’entrepreneuriat en communs y est un phénomène d’ampleur mais mal connu. L’étude a permis d’en faire une cartographie et d’analyser les communautés mobilisées, les modèles économiques sous-jacents et les enjeux sociaux auxquels ils répondent.
Contexte
Dans le cadre de sa stratégie Transition numérique (2021-2025), l’AFD a pris 3 engagements :
- Offrir à tous un accès à l’Internet et à ses services ;
- Mettre en ligne les services essentiels à chaque transition stratégique ;
- Mettre la création d’entreprises innovantes au service du développement.
Pour y répondre, l’un des trois leviers identifiés est de favoriser la gouvernance de ressources numériques sous forme de « communs ». Les communs numériques font référence à des communautés d’ayants droits qui créent et entretiennent, sur une base collaborative, des bases de données, des codes informatiques, des outils numériques, des connaissances partagées, des créations littéraires et artistiques. Ce que nous entendons ici par « communs d’Afrique subsaharienne » renvoie à des ressources numériques dont les communautés d’utilisateurs ou de contributeurs sont situées en Afrique subsaharienne.
Ce projet de recherche s’inscrit dans le cadre du programme de recherche de l'AFD sur les communs.
Objectif
L'étude avait pour objectif de recenser les communs numériques en Afrique subsaharienne, de façon à aboutir à une cartographie représentative – à défaut d’être exhaustive. L’objectif était de rendre compte de l’ampleur du phénomène des communs numériques en Afrique subsaharienne, en analysant distinctement communs de contenus, de données, de logiciels et communs de matériel partagé ou de plans et designs ouverts. L'étude visait aussi à analyser la manière dont les communs numériques participent à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), ainsi que les défis auxquels ils sont confrontés.
La prestation a également analysé plus en profondeur une sélection de dix communs (African Storybook ; AfricArXiv ; AFRINIC ; Energypedia ; Grassroots Economics ; Open MRS ; Pamoja-Net ; Ushahidi ; WaziHub ; Wikimedia Côte d'Ivoire), choisis pour leur caractère représentatif, et a proposé des pistes de soutien par l’AFD.
La prestation avait enfin pour objectif de créer une communauté d’intérêt autour de ces questions par une démarche collaborative.
Méthode
L'étude s’est déroulé en trois phases :
- Collecte des expériences de communs numériques en Afrique subsaharienne via un webinaire de lancement et une plateforme collaborative (Airtable) ;
- Recherche et recensement des communs numériques à l’œuvre ou mobilisés en Afrique subsaharienne à travers un travail d’enquête. La méthode de recherche utilisée était principalement qualitative, via des entretiens semi-directifs avec les partenaires africains identifiés : porteurs des communs, contributeurs, utilisateurs et facilitateurs (acteurs publics, acteurs privés). Dix expériences ont fait l’objet d’analyses plus approfondies selon un cadre d’entretien défini au préalable.
- Restitution des résultats.
Résultats
L’étude a permis :
- De produire une cartographie illustrée et une proposition de taxonomie des communs numériques en Afrique subsaharienne, à l’issue d’une recherche documentaire, d’ateliers et d’entretiens. Elle recense 89 exemples de communs numériques avec des communautés en Afrique subsaharienne. Cette cartographie, collaborative, est disponible en ligne.
- De constituer une communauté (chercheurs, praticiens des communs, institutionnels) intéressée par ce sujet, grâce à la mise en place d’une démarche collaborative.
- D’analyser des cas illustratifs des enjeux des communs et des opportunités pour l’AFD de les soutenir. Ces analyses ont donné lieu à dix fiches descriptives de ces communs.
A lire dans The Conversation : « Afrique : écrire une histoire numérique commune »
Enseignements
Plus que des conclusions, ce sont des hypothèses de travail qui ont été formulées :
- Hypothèse 1 : les communautés africaines sont très diversifiées et s’identifient rarement elles-mêmes comme des communs.
- Hypothèse 2 : les communautés d’Afrique subsaharienne qui participent au développement des communs reposent d’abord sur quelques citoyens engagés.
- Hypothèse 3 : la pérennité des communs identifiés dépend fortement de leurs capacités à mobiliser des soutiens internationaux.
- Hypothèse 4 : l’impact positif de l’accès à des communs numériques globaux en Afrique subsaharienne est de plus en plus reconnu.
- Hypothèse 5 : les communs numériques d’Afrique subsaharienne participent aux luttes citoyennes pour décoloniser les savoirs et la culture et soutenir la création de valeur locale.
Pour en savoir plus, retrouvez le chapitre consacré aux communs numériques dans l'ouvrage L'Afrique en communs.
Contacts
-
Stéphanie LEYRONAS
Chargée de recherche
-
Jan KREWER
Chargé de recherche (contrat CIFRE)