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5 questions sur l'action du groupe AFD
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L’argent utilisé par le groupe AFD pèse-t-il sur les finances de l'État ? Finance-t-il des puissances émergentes, comment et pourquoi ? Comment est-on sûr qu'il parvient aux destinataires ? Nous répondons à cinq questions récurrentes sur notre activité.
Article mis à jour le 4 août 2026.
1. L’argent utilisé par le groupe AFD vient-il majoritairement de l’État français ?
Non. L’AFD est une banque publique qui finance principalement ses prêts en empruntant sur les marchés financiers. En 2025, le groupe AFD a levé 8,2 milliards d’euros par des émissions obligataires.
Environ 90 % de l’activité du Groupe prend la forme de prêts, remboursés par les États, les collectivités, les entreprises ou les institutions financières bénéficiaires. Les dons représentent environ 10 % de l’activité et sont notamment concentrés, selon les engagements internationaux de la France, sur les pays les plus vulnérables, les situations de crise et les projets portés par les organisations de la société civile. L'ensemble de ces investissements se fait in fine au service d’intérêts mondiaux – lutte contre le changement climatique, protection de la biodiversité, santé publique, éducation, sécurité alimentaire…
En 2025, les ressources engagées par l’État français en faveur du groupe AFD ont représenté 1,5 milliard d’euros, à comparer aux 13,7 milliards d’euros d’engagements du Groupe. L’Union européenne et d’autres partenaires lui ont également délégué 500 millions d’euros.
Le modèle financier de l’AFD lui permet de couvrir ses frais de fonctionnement et de dégager un résultat. En 2025, le résultat net social du groupe AFD s’est élevé à 417 millions d’euros. 25 % de ce résultat, soit un peu plus de 104 millions d’euros, ont été reversés à l’État en 2026.
Sur la période 2020-2025, 49 % des projets financés par l’AFD ont bénéficié à une entreprise française. La moitié restante est répartie entre les entreprises locales (26 %), suivie des entreprises étrangères (15 %) et des entreprises européennes (10 %). Les marchés soutenus par le Groupe ont ainsi généré près de 12 milliards d’euros de retombées économiques directes pour les entreprises françaises sur la même période.
Et ces retombées économiques vont au-delà des marchés attribués, grâce à l’amélioration du climat des affaires et à l’effet de vitrine procuré par les projets financés. Les projets financés par l’AFD contribuent donc au rayonnement international et à la diffusion de l’expertise française dans les secteurs d’excellence.
2. Le groupe AFD donne-t-il de l’argent à des puissances émergentes ?
Le groupe AFD ne « donne » pas de l’argent aux grandes économies émergentes. Dans ces pays, ses interventions prennent principalement la forme de prêts remboursables, accordés en fonction de la capacité d’endettement du bénéficiaire et, le plus souvent, à des conditions proches de celles du marché.
Ces financements portent notamment sur le climat, la biodiversité, les transports, l’énergie ou la gestion durable des ressources. Les décisions prises par des pays comme l’Inde, le Brésil ou la Turquie ont en effet des conséquences mondiales, y compris pour la France, en raison de leur poids économique, démographique et environnemental. Ces interventions permettent également de développer des coopérations scientifiques, techniques et économiques avec des partenaires stratégiques.
En Chine, l’AFD a accordé des prêts à conditions de marché, sans bonification de taux, principalement sur des projets liés, ici aussi, au climat et à la biodiversité. Depuis 2021, la France ne comptabilise plus les financements en Chine au titre de son aide publique au développement (APD). Conformément aux orientations fixées par l'État, les nouveaux financements de l'AFD en Chine sont progressivement arrêtés.
Pour aller plus loin :
3. Le groupe AFD investit-il uniquement à l’étranger ?
Non. Les territoires français d’Outre-mer font partie des missions que la loi confie au groupe AFD, où il tient un rôle de banque de développement durable. Le Groupe y accompagne les collectivités, les établissements publics, les entreprises et les institutions financières dans leurs investissements aux bénéfices des citoyens.
En 2025, il a ainsi financé 163 projets dans 12 territoires et départements d’Outre-mer, pour un montant total de 1,7 milliard d’euros. Ce niveau exceptionnel comprend par exemple un prêt de 800 millions d’euros, garanti par l’État, en faveur de la Nouvelle-Calédonie.
Dans ces territoires, le groupe AFD finance notamment le logement, les établissements de santé, l’eau et l’assainissement, les transports, la transition énergétique et l’adaptation au changement climatique. En 2025, 39 % des projets ultramarins financés présentaient un co-bénéfice climat.
Le Groupe favorise également la coopération régionale entre les territoires français et leurs voisins, par exemple sur la santé, les océans, la biodiversité et la prévention des catastrophes naturelles.
4. Comment est-on sûr que l’argent parvient vraiment aux destinataires ?
Garantir que l'argent investi profite réellement aux bénéficiaires est une nécessité. Les fonds ne sont pas systématiquement versés au budget général d’un État : selon le projet, le bénéficiaire peut être une collectivité, un établissement public, une banque, une entreprise ou une organisation de la société civile. Le groupe AFD dispose d’un système de contrôle à multiples niveaux face aux risques de corruption, fraude, blanchiment de capitaux, financement du terrorisme ou pratique anticoncurrentielle qui entacheraient ses activités ou ses opérations. Celui-ci comporte trois modalités :
- Une construction des projets avec les clients et partenaires (ONG, entreprises, collectivités) afin de définir des objectifs adaptés aux besoins réels des populations.
- Une gestion fiduciaire rigoureuse basée sur des audits, des contrôles financiers et des mécanismes anti-corruption sur l’ensemble des projets.
- Un suivi opérationnel des projets avec des rapports régulièrement transmis par les maîtrises d’ouvrage et des consultants spécialisés, ainsi que des missions de supervision conduites sur le terrain par nos équipes locales. Des évaluations indépendantes sont aussi menées.
Les versements peuvent être effectués en plusieurs étapes et conditionnés à l’avancement du projet, à la production de justificatifs ou au respect d’engagements précis.
Pendant la réalisation, les équipes de l’AFD suivent l’exécution technique et financière. Des audits, des contrôles sur pièces ou sur place et des missions de supervision peuvent être conduits. Les marchés financés doivent également respecter des règles de passation, de concurrence et d’intégrité.
L’AFD applique des procédures de prévention de la fraude, de la corruption, du blanchiment et du financement du terrorisme. En cas d’anomalie ou de non-respect des engagements, un décaissement peut être suspendu, des mesures correctrices peuvent être exigées et, dans les cas les plus graves, le financement peut être arrêté.
Un mécanisme de réclamation permet par ailleurs aux personnes ou aux organisations qui s’estiment affectées par un projet de signaler un problème.
Pour aller plus loin :
5. Le groupe AFD rend-il compte de ses activités ?
Oui. L’AFD agit dans un cadre de gouvernance et de contrôle associant l’État, le Parlement et plusieurs autorités indépendantes.
Son conseil d’administration comprend notamment des représentants de l’État, des personnalités qualifiées, des représentants du personnel et quatre parlementaires. En 2025, 64 auditions et entretiens ont été conduits avec des parlementaires, et les instances du groupe AFD se sont réunies à 63 reprises.
L’Agence est également contrôlée par la Cour des comptes, les inspections générales, les commissaires aux comptes et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. La Commission d’évaluation de l’aide publique au développement, prévue par la loi de 2021 et composée de dix experts et quatre parlementaires, a été installée en décembre 2025.
Chaque projet achevé fait l’objet d’un bilan interne et environ la moitié des projets sont évalués de manière plus approfondie. Le rapport des évaluations 2025 couvre précisément 261 projets évalués en 2023 et 2024. Plus de 450 résumés d’évaluation sont disponibles en accès libre et plus de 110 rapports d’évaluation à champ large sont publiés sur afd.fr.
Depuis 2025, le suivi des résultats du Groupe est structuré autour de 22 indicateurs communs, accessibles dans le Portail Impacts. Pour les opérations achevées en 2025, 4,8 millions de personnes ont bénéficié de services d’éducation, de formation ou d’emploi créés ou nettement améliorés ; 2,1 millions d’un meilleur accès à des transports durables ; et 3,2 millions d’un soutien renforçant leur résilience face aux crises et aux conflits.
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