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8 choses à savoir sur l’Aide publique au développement
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L’Aide publique au développement (APD) mesure l’effort de financement public fourni par des États dans le but de promouvoir le développement économique et d’améliorer les conditions de vie dans les pays en développement. Elle est la norme de référence en matière d’aide extérieure depuis 1969. Mais ses contours ne sont pas toujours bien compris. Tour d’horizon de quelques subtilités.
Article initialement publié en avril 2019 et mis à jour le 2 septembre 2026.
1. L’Aide publique au développement soutient des secteurs délaissés
Améliorer la lutte contre le changement climatique, les droits des femmes, l’accès aux soins ou l’éducation des enfants en situation de handicap dans les pays les moins avancés et les plus vulnérables : voilà une partie des Objectifs de développement durable de l’Organisation des nations unies.
Mais en pratique de tels projets ne bénéficient pas toujours des moyens financiers nécessaires pour être mis en œuvre, lorsque ces pays ne parviennent pas à emprunter sur les marchés financiers ou que les investisseurs privés les jugent non rentables. D’autres États peuvent alors intervenir, à travers des dons ou des prêts à taux réduits, pour y financer ces actions prioritaires. On parle alors d’Aide publique au développement (APD).
Bien souvent, cette intervention publique entraîne la mobilisation d’autres acteurs publics et privés sur ces projets et permet de démultiplier les sommes consacrées aux populations et aux écosystèmes vulnérables. Comme toute action publique, celle-ci a un coût (la contribution de l’État à l’activité du groupe AFD représente en 2026 1,2 milliard d'euros d’autorisations d’engagement, soit 0,07 % de l’ensemble des dépenses publiques de l’État et des administrations) mais elle apporte à moyen et long terme d’importants bénéfices, pour les Français comme pour la stabilité internationale.
2. L’Aide publique au développement n’est pas la seule manière de soutenir le développement des pays
L’Aide publique au développement est comptabilisée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et répond à des critères stricts. Son volume s’élève à 214 milliards de dollars (180 milliards d’euros) au niveau mondial pour l’année 2024, pour l’essentiel sous forme de dons.
Mais elle n’est pas la seule manière d’agir en faveur des Objectifs de développement durable (ODD). Au sein de l'AFD, un des acteurs de l’écosystème français de la coopération pour le développement, seuls 40 % des versements sont comptabilisés en Aide publique au développement.
L’essentiel des financements du groupe AFD prend la forme de prêts, à des taux certes plus avantageux que ceux auxquels les pays partenaires peuvent avoir accès sur les marchés financiers, mais qui permettent à la fois de financer des projets de développement dans les pays partenaires et de couvrir les frais de fonctionnement du Groupe. En 2025, plus de 10 milliards d'euros ont ainsi été engagés par le Groupe sous forme de prêts, contre seulement 0,8 milliard sous forme de dons.
Cette activité est financée par des emprunts sur les marchés (8,2 milliards d’euros), par des ressources d’autres bailleurs (0,5 milliard) et, de manière minoritaire, par une contribution budgétaire de la France. Avec un effet de levier important : avec 1 euro du contribuable français, l'AFD mobilise et investit 12 euros au service des priorités de la France et des intérêts mutuels qui la lie à ses partenaires.
« Dans certains cas les impacts recherchés peuvent être atteints avec un coût budgétaire plus limité, à l’aide d’un prêt, plutôt qu’un don », souligne Thomas Melonio, chef économiste et directeur exécutif de l’Innovation, de la stratégie et de la recherche à l’AFD.
C’est pourquoi la France préfère parler d’Investissements solidaires et durables (ISD), une notion englobant à la fois l’Aide publique au développement et les autres formes de soutien : prêt, garantie, assistance technique.
3. Elle bénéficie aussi à la France et aux Français
Les activités de développement ont des effets positifs de différentes natures pour les Français. Une partie de ces objectifs eux provient de la mobilisation d’acteurs économiques français à l’international : entre 2020 et 2025, les marchés soutenus par le groupe AFD ont ainsi généré près de 12 milliards d’euros de retombées économiques pour les entreprises françaises. Quant aux associations françaises de solidarité internationale soutenues par l’AFD, elles emploient désormais 50 000 personnes en France et à l’international, contre 35 000 environ au début des années 2010.
L’AFD est aussi un outil au service de la diplomatie française. Pour répondre aux crises, de l’Ukraine au Moyen-Orient en passant par l’Arménie et la Moldavie, l’AFD met en œuvre des projets qui soutiennent les priorités diplomatiques de la France. Pour peser dans les négociations climatiques internationales, l’AFD, qui figure parmi les premiers fournisseurs de finance climat au monde, permet à la France de faire valoir avec plus de force ses positions.
Une autre partie des effets positifs provient de la contribution à la lutte contre les grands risques mondiaux : dérèglement climatique, déclin de la biodiversité, circulation des virus dans le monde ou insécurité aux frontières de l’Europe.
« Le financement du développement, qu’il soit de l’Aide publique au développement au sens strict ou de l’investissement solidaire et durable, renforce la position internationale de la France et sa capacité d’action diplomatique, analyse Thomas Melonio. Nous essayons de sélectionner au maximum des financements qui auront un bon impact de développement durable mais aussi un intérêt stratégique pour la France. »
4. Il existe une aide au développement « à la française »
La France fait partie des quelques pays dont les investissements solidaires et durables reposent à la fois sur les dons et les prêts.
« Un avantage du groupe AFD est de mobiliser tous les instruments à disposition – assistance technique, investissement dans le secteur privé, financement du secteur public – avec l’idée que nous voulons avoir les instruments de notre politique et non faire la politique de nos instruments. Cela permet d’obtenir le meilleur impact au meilleur coût », observe Thomas Melonio.
La politique française actuelle d’aide au développement a été définie par le Comité interministériel de la coopération internationale et du développement (Cicid) en juillet 2023 et se concrétise à travers dix objectifs prioritaires.
5. Les États ne sont pas les seuls acteurs
Les pays pourvoyeurs d’investissements solidaires et durables en font transiter une part non négligeable via des institutions dites multilatérales : la Banque mondiale, les agences des Nations unies (Programme des Nations unies pour le développement, Unicef, FAO, Haut Commissariat pour les réfugiés…) ou encore les fonds « verticaux », spécialisés sur un objectif précis, comme le Fonds pour l’environnement mondial, le Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose et le Fonds vert pour le climat.
Parmi les banques multilatérales, les banques de développement à mandat régional jouent également un rôle important : Banque africaine de développement (BAD), Banque asiatique de développement (ADB) ou encore Banque interaméricaine de développement (BID).
6. En France aussi, ses acteurs sont nombreux
À la fois banque se finançant sur les marchés privés et agence attribuant les subventions pour le compte de l’État français, l’AFD est la principale institution de mise en œuvre de la politique française de développement à l'international.
Elle n’est néanmoins pas la seule : le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, ceux de l’Économie et des Finances, de l’Éducation nationale, de l’Intérieur, des Armées, du Travail et de l’Agriculture jouent également un rôle actif.
L’aide au développement mobilise aussi des entreprises françaises, des collectivités territoriales, des ONG, des experts ainsi que des instituts de recherche.
7. Les investissements publics ne représentent qu'une partie de la finance pour le développement
Au-delà de l’Aide publique au développement, et plus largement des investissements solidaires et durables, d’autres sources forment une grande partie de la finance du développement : les transferts d’argent des expatriés aux familles restées au pays (656 milliards de dollars en 2023, selon une estimation de la Banque mondiale), ou les investissements privés et philanthropiques.
« Nous cofinançons des projets avec des grandes banques publiques ou privées internationales, des fondations. Nous agissons aussi en complémentarité avec des ONG », précise Thomas Melonio.
Mais les principales ressources financières dont bénéficient les pays pour leur développement, et notamment les pays à revenu intermédiaire, sont domestiques : la « formation brute de capital fixe » y est de l’ordre de 10 000 milliards de dollars par an, soit nettement plus que le total des arrivées internationales, qui sont de 2 000 milliards environ. Modestes par nature au regard de ces chiffres élevés, les investissements solidaires et durables ont surtout un rôle de réorientation, d’une part vers les pays les plus pauvres ou vulnérables, d’autre part vers une activité économique plus en phase avec les Objectifs de développement durable.
8. … et ils entraînent plus de croissance dans les pays bénéficiaires
Trois chercheurs de l’université de Copenhague ont calculé, dans une étude publiée en 2010, que l’aide internationale contribuait à un point de croissance supplémentaire dans les pays en développement.
« Quand on fournit un financement à un pays, c’est parce qu’il y trouve un intérêt économique, social ou environnemental. Il faut rappeler que l’accès aux capitaux est plus difficile pour ces pays », souligne Thomas Melonio.
Les impacts de l’aide aux populations se mesurent aussi à partir d’indicateurs plus concrets, tels les taux de vaccination et de scolarisation. Pilier de la redevabilité de son action, l’évaluation constitue un levier essentiel pour éclairer la décision et renforcer les résultats ainsi que les impacts des projets financés par le groupe AFD : en 2025, son système de suivi des résultats a été consolidé autour de 22 indicateurs clés.
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