Le Mozambique fait partie de la soixantaine de pays suivis par les économistes risque-pays de l’AFD. Les diagnostics-pays produits permettent d’éclairer la trajectoire économique et la situation macroéconomique et financière de cet Etat.
Contexte
Le Mozambique est le premier pays d'intervention du groupe AFD en Afrique australe. Cette présence historique a été rendue possible grâce à un large éventail d'outils financiers mobilisés au fil des années. Aujourd'hui, l'AFD accompagne le pays dans sa trajectoire bas-carbone et dans le développement des services de base.
Objectif
Produits par une équipe d’économistes risque-pays, les diagnostics-pays permettent d’analyser les processus de développement des États dans lesquels l’AFD intervient, de caractériser leur trajectoire de croissance, mais aussi de détecter les vulnérabilités économiques, sociales, politiques et financières associées à ces trajectoires. Le groupe AFD est ainsi en mesure de bien mesurer les enjeux et de suivre les risques associés à chacun de ses investissements.
Un accent particulier est mis sur les pays en développement, notamment en Afrique, pour lesquels les analyses macroéconomiques sont rares ou peu fréquentes, dans un souci de complémentarité avec les productions existantes sur l’actualité économique mondiale, plus volontiers focalisées sur les économies avancées et les grands émergents.
En savoir plus
Méthode
Les réflexions des économistes risque-pays sont nourries d’un suivi rapproché sur longue période et ancrées dans une connaissance fine des contextes locaux. Les évolutions conjoncturelles, souvent mises en avant dans l’actualité, sont systématiquement étudiées à la lumière des tendances structurelles des économies et du contexte régional dans lesquelles elles s’inscrivent, afin de mettre en évidence les problématiques macroéconomiques spécifiques à chaque pays tout en évaluant les risques au regard de trajectoires comparables dans le temps et l’espace.
Les économistes risque-pays inscrivent l’étude des vulnérabilités socio-politiques, du modèle de croissance, de la viabilité de l’endettement public, des équilibres externes et de la solidité du système financier au cœur de leur diagnostic, et accordent un point d’attention spécifique à l’exposition des pays aux risques climatiques.
Enseignements
Toutes nos publications sur la situation macroéconomique du Mozambique sont accessibles en ligne dans la collection MacroDev.
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Alix VIGATO
Economiste risque pays
L’Afrique reste un continent jeune. Cependant, les transitions démographiques engagées vont de pair avec un vieillissement annoncé voire, dans certains pays, déjà amorcé. Même si, sur le continent, une grande variété de situations coexistent, l’augmentation de la population âgée nécessitera des ajustements considérables des politiques publiques, à la fois fiscales, sanitaires et sociales.
Contexte
Dans de nombreux pays africains, les personnes âgées représentent une proportion encore très faible de la population (3% de la population des pays subsahariens et 5,6% des pays d’Afrique du Nord). Elles ont longtemps été laissées de côté par les politiques publiques, portées par les besoins les plus criants du développement économique, social et sanitaire, centrées sur les enfants et les jeunes adultes.
Cependant, la population âgée augmente – en nombre, mais aussi bientôt en proportion, avec un vieillissement à venir plus rapide qu’ailleurs. L’enjeu est donc de définir et de mettre en œuvre des politiques publiques adaptées pour accompagner cette tendance démographique, notamment en matière de santé et de protection sociale. De fait, l’extension des modes de couverture et de protections émergent et/ou s’imposent (tels les cash transfers), en complément des solidarités familiales des systèmes de santé et de soins gratuits pour les personnes âgées, l’extension de la couverture des systèmes de pension et de retraite dits universels et plus largement des systèmes de soutien privés sur lesquels doivent se reposer la plupart des personnes âgées du continent.
Objectif
Ce projet de recherche propose un cadrage du vieillissement de la population et des politiques publiques mises en place sur le continent africain, dans une perspective comparative. Il analyse le processus de vieillissement, ses enjeux, les politiques publiques qui l’accompagnent et le cadre institutionnel des différents pays, en se focalisant sur des cas-pays emblématiques de situations différentes (Afrique du Sud, Cameroun, Cap-Vert, Kenya, Maroc, Sénégal). Il développe aussi des analyses ciblées sur des données récentes, illustrant l’apport de la démographie sur le thème de la santé et de la protection sociale (retraite) des personnes âgées.
Ce projet débouche sur un état des lieux précieux pour les décideurs dans les pays partenaires de l’AFD, qui contribuera à une réflexion plus globale sur les conditions de réplicabilité ou non de différents modèles de politiques publiques sur le continent africain.
Méthode
Le projet s’appuie sur l’analyse comparative de données démographiques secondaires (provenant de sources existantes : documents de recherche, rapports, littérature scientifique…) qui, en présentant les trajectoires différenciées des transitions démographiques, dresse un panorama du vieillissement (temporalité et contextualisation) et de ses enjeux en termes de politiques publiques, nationales mais aussi locales. Sont mises en lumière les variations régionales, nationales et infranationales du vieillissement, de manière à identifier les régions les plus avancées dans ce processus et/ou en proie au changement le plus rapide.
Des focus sur quelques pays emblématiques de situations différentes permettent une revue critique systématique selon les axes suivants : présentation socio-sanitaire et démographique ; description du cadre institutionnel et des politiques publiques ; analyse critique des enjeux socio-sanitaires du processus de vieillissement ; les enjeux du vieillissement sur les transformations des familles elles-mêmes (effets sur les transferts, sur les migrations, sur l’activité des femmes…).
Résultats
Le projet de recherche a abouti à :
- La publication du papier de recherche « L’Afrique face au vieillissement annoncé de sa population : quels enjeux pour les des politiques publiques ? » (juin 2024)
- La publication « Améliorer le suivi sanitaire des personnes âgées en Afrique subsaharienne » (avril 2024), dans la collection Question de développement
- La publication « Statistiques sanitaires des personnes âgées en Afrique subsaharienne : revue de littérature » en Série grise
En juillet 2023, un webinaire du cycle « Conversations de recherche » avait permis de présenter les premiers résultats du projet :
Enseignements
L’Afrique est appelée à faire face au vieillissement annoncé de sa population. Le premier défi est assurément l’extension du taux de couverture sociale, qui est actuellement le plus faible au monde : 17% de la population est couverte. Ce taux s’explique en partie par l’importance de l’économie informelle, qui ne permet pas le réel développement d’un système contributif de protection sociale, plus particulièrement en zone rurale. Il est désormais question de consolider les politiques publiques permettant de favoriser l’extension de la protection sociale à une plus grande part de la population, aussi bien dans les zones rurales qu'urbaines.
Cependant, l’évolution des systèmes de protection sociale (santé et retraite) repose sur quelques piliers encore très incertains et qui ont été autant de préalables à leur expansion :
- D’une part, le bon recouvrement et utilisation des recettes fiscales pour le financement de la protection sociale ;
- D’autre part, un plus grand couplage entre couverture retraite et couverture maladie semble important à promouvoir ;
- Et, enfin, la croissance soutenue d’un mode de développement qui (historiquement industriel et manufacturier) a permis la mise en place de ces politiques publiques.
Or, sur le continent africain, ce modèle économique générant du salariat formel ne s’est pas développé. De plus, les effets du changement climatique font émerger des questionnements sur ce modèle de développement, rendant encore plus aigüe la difficulté à penser et développer les politiques publiques du vieillissement, au moment où elles s’avéreront de plus en plus nécessaires.
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Serge RABIER
Chargé de recherche, socio-démographe
Ressources liées
L’Afrique face au vieillissement annoncé de sa population
Publié le 25 juin 2024
Comment améliorer le suivi sanitaire des personnes âgées en Afrique subsaharienne ?
Publié le 29 avril 2024
Statistiques sanitaires des personnes âgées en Afrique subsaharienne : une revue de littérature
Publié le 2 octobre 2024
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Dans le cadre de ce projet de recherche, l’AFD collabore avec le consortium Biotope/Arcadis pour identifier les meilleures méthodes de mesure de la biodiversité – ou « métriques de biodiversité » – pour les banques publiques de développement (BPD). En comparant les avantages et les limites de six métriques, ce projet vise à renforcer l'intégration des critères de biodiversité dans les décisions de financement, contribuant ainsi à une économie plus respectueuse de l'environnement.
Contexte
Aujourd’hui, la perte de biodiversité est devenue un risque majeur pour les systèmes financiers. En septembre 2023, Ravi Menon, président du NGFS – le réseau des banques centrales, des régulateurs financiers et des institutions financières pour le verdissement du système financier –, alerte : « Avec la crise climatique, la dégradation de la nature constitue une menace existentielle pour notre planète. Prendre en compte les risques liés à la nature et leurs implications pour le secteur financier n'est plus simplement prudent, c’est impératif ».
Ce risque nécessitant une mesure rigoureuse, plusieurs cadres ont été proposés. Le NGFS a publié un cadre conceptuel pour la prise en compte des risques liés à la perte de biodiversité. Le cadre mondial de la biodiversité de Kunming Montréal, via sa cible 15, incite aussi les entreprises et les institutions financières à évaluer, rendre compte et réduire les risques liés à la perte de biodiversité et les impacts négatifs qu’elles exercent d’ici à 2030. Enfin, la Task Force on nature-related Financial Disclosure (TNFD) a proposé un cadre de rapportage pour aider les entreprises et les institutions financières à analyser ces risques et impacts et les divulguer, en recommandant d’utiliser des métriques de biodiversité diverses.
Toutefois, les missions et métiers des banques publiques de développement tournés vers l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD) étant très particuliers au sein des institutions financières, il existe peu d’études pour aider ce type d’institutions à identifier les métriques de biodiversité les plus adaptées à leurs activités.
Objectif
L'objectif principal est de comparer six métriques de biodiversité pour déterminer lesquelles sont les plus adaptées aux besoins des banques publiques de développement. En identifiant les meilleures pratiques, ce projet vise à guider les BPD dans leurs décisions de financement, en intégrant mieux les considérations de biodiversité. Cette harmonisation des pratiques de mesure de la biodiversité permettra d'améliorer l'impact environnemental des projets financés.
Le projet de recherche cherche également à révéler les coûts d’accessibilité et la nécessité de formations pour les acteurs des BPD afin qu'ils puissent intégrer efficacement les considérations de biodiversité dans leurs évaluations de risque.
Ce projet fait partie du programme de recherche ECOPRONAT, qui soutient des recherches sur une meilleure prise en compte et une plus grande intégration (mainstreaming) de la biodiversité dans des secteurs économiques-clés.
Méthode
L’étude, menée par Biotope et Arcadis, se déroule en trois phases : lancement et collecte de données (briefing, validation des projets et collecte des données avec recommandations) ; mise en œuvre (évaluation sommaire puis approfondie selon les données disponibles) ; consolidation et rapport (analyse des résultats, comparaison des métriques, et rédaction du rapport de synthèse).
À la suite d'une étude exploratoire réalisée par The Biodiversity Consultancy, six métriques pour évaluer la biodiversité dans les projets des banques publiques de développement (BPD) ont été sélectionnées : ENCORE, ABC-map, STAR, CBF, BFFI et GBS. Ces métriques, pertinentes et scientifiques, couvrent les principaux facteurs de perte de biodiversité. Un échantillon de six projets variés de l'AFD a été constitué pour tester ces métriques. Les projets incluent des initiatives en Afrique, au Pakistan, et au Mexique. La Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) a également testé les mêmes métriques sur trois de ses projets.
Résultats
Ce projet a débouché sur trois livrables :
- Une étude exploratoire, qui a proposé plusieurs protocoles pour l'utilisation des métriques afin de comparer leurs résultats. Elle contient également des informations qui peuvent être utiles à certaines BPD souhaitant simplement choisir une métrique et voir comment elles peuvent l'utiliser. Dans cette perspective, un arbre de décision pour le choix de l’une des métriques étudiées est proposé dans l'annexe 2 de ce premier rapport préliminaire.
- Une policy brief dans la collection Dialogue de politique publique (DPP, en anglais) fournit des résultats préliminaires, un cas d’étude et des recommandations spécifiques pour l'intégration de ces métriques dans les processus de financement des BPD.
- Un papier de recherche, avec les résultats finaux.
Enseignements
Pour analyser de façon comparative les avantages et les limites des différentes métriques de biodiversité, le projet a examiné comment les six outils examinés peuvent être appliqués tout au long du cycle d’investissement, depuis la présélection des projets jusqu’au reporting au niveau du portefeuille.
Les résultats montrent que, bien que les outils puissent fournir des analyses pertinentes, leur utilisation est limitée par la rareté et l’hétérogénéité des données disponibles au niveau des projets. Les contraintes de temps et de reporting conduisent souvent à s’appuyer sur des moyennes sectorielles plutôt que sur des données spécifiques aux sites, ce qui réduit la précision des analyses. De plus, les différences de métriques, d’unités et de classifications compliquent les comparaisons entre outils, et certains impacts favorables à la nature (par exemple l’agriculture durable, la gestion forestière ou la lutte contre le braconnage) sont encore mal pris en compte.
Malgré ces limites, ces outils restent utiles pour un dépistage précoce des risques et pour aligner les financements sur des objectifs favorables à la nature. Aucun outil ne répond à l’ensemble des besoins, mais une approche combinée et graduée — adaptée au type de projet, aux données disponibles et aux exigences de divulgation — peut apporter une réelle valeur ajoutée.
Accéder aux publications
- Lire l'étude exploratoire : Preliminary Comparative Analysis of Biodiversity Measurement Approaches for Public Development Banks
- Lire le DPP : Comparative analysis of biodiversity measurement approaches for Publics Development Banks
- Lire le papier de recherche final : Comparative analysis of biodiversity measurement approaches for public development banks
Contact
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Julien CALAS
Chargé de recherche, expert biodiversité
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Comment mieux comprendre les comportements des différents acteurs de la transition bas carbone en Colombie ? A travers la conception d'un processus participatif et le développement d'un outil interactif, ce projet vise à faciliter et à favoriser le dialogue stratégique de haut niveau autour de la transition énergétique colombienne. Cela doit notamment permettre d’explorer différents scénarios et permettre de prendre des décisions éclairées.
Contexte
La Colombie, pays fortement dépendant de ses exportations de combustibles fossiles, se mobilise pour mener à bien sa transition bas-carbone et atteindre les objectifs de sa contribution déterminée au niveau national (CDN), définis lors de l'Accord de Paris.
C’est dans cette optique que l'Agence française de développement (AFD) a accompagné les autorités de Colombie via l’adaptation du modèle macroéconomique GEMMES à la situation colombienne. L’objectif : identifier les vulnérabilités et les opportunités macroéconomiques à long terme liées à la transition énergétique de la Colombie, et à ses effets dans un contexte mondial de transition bas-carbone. Ce projet de recherche a débouché sur un ouvrage collectif présentant les conclusions scientifiques et les recommandations de politiques publiques tirées du projet GEMMES Colombie.
Cependant, si la modélisation macroéconomique est essentielle pour comprendre les conséquences des décisions politiques et des déséquilibres macroéconomiques face aux transitions, il est également nécessaire d'intégrer les aspects comportementaux qui sous-tendent la prise de décision et les stratégies des acteurs de la transition bas carbone en Colombie.
A lire sur GlobalDev
Objectifs
Sur la base des résultats empiriques reflétés dans les scénarios du modèle GEMMES, ce projet consiste à développer un jeu de stratégie pour une exploration collective des scénarios futurs. En plus des aspects économiques et financiers, il permet d’aborder la transition énergétique en intégrant les aspects sociaux, climatiques et, dans une moindre mesure, liés à la biodiversité.
Ce processus de modélisation participative a pour but de faciliter le dialogue entre les acteurs clés de la transition en Colombie (ministères, banque centrale, entrepreneurs, chercheurs…), afin qu’ils puissent anticiper et se préparer aux impacts macroéconomiques à court, moyen et long terme que pourrait générer la transition bas-carbone.
Pour ce faire, le jeu de stratégie Powershift propose de :
- Familiariser les acteurs de la transition énergétique colombienne avec les sujets macroéconomiques liés aux transitions, pour qu’ils s’approprient ces sujets ;
- Identifier les « schémas mentaux » de chaque catégorie d’acteurs au sujet de la transition énergétique, afin de mieux éclairer les tensions et les synergies qui émergent et faire évoluer les représentations mentales ;
- Rendre les cadres scientifiques accessibles et engageants pour appuyer l'impact des décisions ;
- Améliorer la coordination entre institutions publiques, acteurs économiques et chercheurs autour des enjeux de transition énergétique.
Ce projet vise ainsi à renforcer le dialogue interministériel et intersectoriel de haut niveau et, par extension, de renforcer la coordination entre les acteurs (y compris le secteur privé) en faveur de l'engagement environnemental de la Colombie.
Méthode
Le design, la modélisation et la mise en œuvre du jeu de stratégie repose sur la méthodologie dite ComMod, initialement développée par le CIRAD pour animer des processus pluri-acteurs et aider à l'action et la prise de décision collective.
Le processus comprend des ateliers de modélisation avec des parties prenantes, des sessions de crash-test et des ateliers de jeu avec des décideurs, acteurs financiers, bailleurs, chercheurs, représentants du secteur privé et société civile. Les étapes clés incluent la conceptualisation, la validation et l'exploration des scénarios. Les participants sont libres de définir leurs stratégies ; les crises ou tensions qui émergent au cours du jeu résultent des décisions collectives prises pendant les sessions.
Une évaluation ex-ante et ex-post des positions des parties prenantes permet de mesurer les effets du dispositif sur les connaissances, les interactions entre acteurs et les capacités stratégiques des participants.Des ateliers de restitution ont été organisés avec les décideurs politiques pour une appropriation efficace des conclusions.
Résultats
Le projet a abouti à la création d’un jeu de stratégie qui commence à être utilisé par les contreparties colombiennes pour explorer les scénarios de transition énergétique. A ce jour, 3 sessions de crash-test et 9 sessions de jeu se sont tenues, réunissant presque 200 acteurs publics et privés de la transition énergétique et plus de 50 institutions différentes dont des universités colombiennes, des ministères (finances, environnement, travail, plan, logement, santé, énergie, agriculture, tourisme), la banque centrale, des instances de supervision financière, des banques commerciales, des centres de recherche, des acteurs de la coopération internationale, des ONG, des associations d’entrepreneurs et des cabinets de conseil. Certaines sessions de jeu ont inclus la participation de vice-ministres.
Les ateliers ont permis de renforcer quatre niveaux de dialogue : interministériel, intersectoriel (avec une forte diversité d’acteurs publics, privés, académiques, et internationaux à travers toutes les sessions) ; interdépartemental (notamment grâce à la mobilisation des 14 départements de la Super-intendance financière) et public-privé.
PowerShift, en mobilisant ce large éventail d’acteurs, a marqué une étape importante dans le renforcement du dialogue intersectoriel et interministériel franco-colombien autour de la transition énergétique. Les résultats incluent un rapport de synthèse du projet, un papier de recherche, des recommandations politiques, et des supports de médiation. Les enseignements ont été partagés à travers des ateliers de restitution avec les partenaires colombiens.
En savoir plus :
Enseignements
Les retours des participants aux sessions indiquent une meilleure compréhension des effets de la transition énergétique sur l'économie réelle d'un pays fortement dépendant des exportations d'hydrocarbures, ainsi qu'une sensibilisation accrue aux défis associés :
Les principaux commentaires incluent :
- Importance du processus de co-construction : le développement du jeu avec les partenaires colombiens a permis d’intégrer les spécificités institutionnelles et économiques du pays, ce qui a renforcé sa crédibilité et la mobilisation des acteurs.
- Création d’un espace pédagogique propice au dialogue : les sessions ont permis d'établir des contacts avec des acteurs avec lesquels le contact n'était pas établi auparavant.
- Flexibilité et adaptabilité : l’outil a démontré sa capacité à s'adapter à différents publics, ce qui en fait un atout précieux pour diverses audiences.
- Prise de conscience de la complexité des dynamiques de la transition énergétique : le jeu a mis en lumière les interdépendances entre enjeux économiques, climatiques et sociaux, ainsi que les divergences de priorités entre institutions, contribuant à mieux comprendre les blocages potentiels de l’action publique.
- Mise en lumière des dynamiques comportementales : les sessions ont révélé que l’action collective organisée émerge principalement en réponse à des urgences ou des problématiques communes.
- Défi de la vision holistique : il a été souligné que développer une vision complète de la transition énergétique et des stratégies des acteurs est particulièrement difficile en raison de la complexité du sujet.
- Conditions de réussite des dispositifs participatifs : l’implication de décideurs de haut niveau et l’existence d’un espace de dialogue sécurisé apparaissent comme des facteurs clés pour favoriser l’engagement des participants.
- Limites de l’exercice dans un temps court : si le jeu facilite la compréhension des dynamiques systémiques, le passage de cette compréhension à la formulation de solutions opérationnelles nécessite des dispositifs complémentaires et un suivi dans la durée.
En capitalisant sur ces acquis, les pistes d’extension pourraient inclure :
- L’accompagnement technique pour une potentielle application de l’outil à l’échelle territoriale ;
- La facilitation d’échanges internationaux pour partager les bonnes pratiques de dialogue participatif ;
- La poursuite du renforcement des partenariats public-privé en mobilisant l’outil.
Aller plus loin
Contacts
- Annabelle Moreau Santos, chargée de médiation scientifique, AFD
- Antoine Godin, responsable de la cellule de modélisation macroéconomique GEMMES, AFD
- Julien Calas, agronome et chargé de recherche biodiversité, AFD
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Mention légale UE (projet) L'Afrique du Sud s'est engagée sur la voie nécessaire d'une transition juste, qui se traduira par des pertes d'emplois dans le secteur du charbon, à un moment où le taux de chômage est déjà très élevé dans le pays. L’AFD, en partenariat avec le Centre REAL de l’Université Wits et NBI, mène une analyse détaillée de l’écosystème de compétences qui pourrait alimenter les différentes initiatives visant à soutenir les collectivités locales et les communautés du district de Nkangala pour relever ce défi.
Contexte
Avec un taux de chômage des jeunes parmi les plus élevés au monde, l’Afrique du Sud doit prendre en compte, pour sa trajectoire de transition juste, les vulnérabilités de ses cohortes de jeunes, en particulier celles qui peuvent être qualifiées de « non scolarisées, sans emploi ni formation » (Not in Education, Employment or Training – NEET). Par exemple, une étude récente menée dans le cadre de la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités a révélé que le taux de jeunes NEET était de plus de 37% au cours de la dernière décennie dans la province de Mpumalanga, la région la plus exposée à la sortie du charbon, avec près des trois quarts des jeunes NEET vivant dans des ménages pauvres.
Depuis 2019, l’Initiative nationale pour les entreprises (National Business Initiative – NBI) est à l’avant-garde d’un partenariat multisectoriel qui vise à élargir et à développer les voies d’accès des jeunes aux professions d’installation, de réparation et d’entretien (Installation, Repair and Maintenance – IRM). L’initiative IRM est stratégiquement alignée sur diverses initiatives du gouvernement pour stimuler une reprise inclusive et la revitalisation de l’économie, en particulier après la pandémie de Covid-19. Cette initiative a par la suite été incorporée dans l’Intervention présidentielle pour l’emploi des jeunes (Presidential Youth Employment Intervention – PYEI). L'initiative part du principe qu'en aidant les entrepreneurs IRM basés dans les localités à renforcer et à développer leurs entreprises et en les mettant en relation avec les opportunités du marché local, il y aura une augmentation concomitante de la demande de main-d'œuvre qualifiée, et de nouvelles opportunités d'emploi. Il s'agit ainsi d'une réponse directe au problème du chômage des jeunes.
En étroite collaboration avec la NBI, le Centre REAL a apporté son expertise à l’analyse complète des quatre régions clés identifiées dans la phase 1 du projet de cartographie des écosystèmes de compétences IRM : Atlantis (Western Cape), Mandeni (KwaZulu-Natal), Mamelodi (Gauteng) et Kathorus (Gauteng). Fort du succès de cette première phase, le Centre REAL étendra désormais la portée du projet à la municipalité du district de Nkangala, l’un des trois districts de la province de Mpumalanga.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de l'Extension de la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités. Coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne, l’Extension de la Facilité contribuera à l’élaboration de politiques publiques visant la réduction des inégalités dans quatre pays (Afrique du Sud, Mexique, Colombie et Indonésie) sur la période 2021-2025.
Ce travail s’inscrit également dans le cadre du dialogue entre l’AFD et les autorités sud-africaines sur la transition juste et la réduction des inégalités.
En savoir plus sur l'Extension de la Facilité en Afrique du Sud
Objectifs
Ce projet de recherche permettra d’effectuer une analyse détaillée de l’écosystème des compétences qui pourrait alimenter les différentes initiatives visant à soutenir les autorités locales et les communautés du district de Nkangala, qui concentre les centrales électriques au charbon qui seront fermées du fait des politiques de transition juste.
La phase 1 du projet a révélé que la cartographie écosystémique des compétences IRM est cruciale pour lutter contre les inégalités car elle permet d’analyser en profondeur les profils socio-économiques et démographiques de diverses communes d’Afrique du Sud.
En identifiant les lacunes spécifiques en matière de compétences et en comprenant les défis auxquels sont confrontées les petites et moyennes entreprises (PME) dans ces domaines, la cartographie peut, en effet, éclairer des interventions ciblées visant à réduire les inégalités dans l’accès à l’emploi et aux opportunités économiques.
De plus, en examinant le rôle des établissements d’enseignement et de formation techniques et professionnels (Technical and Vocational Education and Training institutions – TVET) et en effectuant une analyse documentaire exhaustive, l’étude garantit que les interventions proposées soient fondées sur des données probantes et adaptées aux besoins des communautés étudiées.
Enfin, l’étude s’attachera, en collaboration avec les parties prenantes, à produire des informations exploitables : cette approche doit permettre de générer un impact significatif et de promouvoir un développement économique inclusif dans les régions mal desservies, contribuant ainsi aux efforts visant à réduire les inégalités, à s’engager dans une transition juste et à favoriser une société plus inclusive.
Méthode
En s’appuyant sur la phase 1 de la cartographie des compétences de l’écosystème IRM, les chercheurs appliqueront la méthode suivante :
- Ils établiront le contexte du district de Nkangala au moyen de recherches documentaires et d’entretiens avec des partenaires clés dans le secteur privé et dans le secteur de l’éducation ;
- Ils collecteront des données primaires et mettront en place un travail de terrain par le biais d'ateliers de cartographie avec les parties prenantes et d'entretiens avec des informateurs clés pour collecter des données ;
- Ils fourniront ensuite un premier état des lieux de l’écosystème global des compétences locales à partir de l’exercice de cartographie du site et s’appuieront sur les études de documents et sur le travail contextuel mené dans le district de Nkangala. Dans la lignée des travaux de Spours (2019) sur les écosystèmes, ils utiliseront trois éléments de base : les dimensions des verticalités, des horizontalités et de la médiation pour comprendre et analyser l’écosystème des compétences du district de Nkangala et pour guider l’analyse inter-sites, en se basant sur les travaux entrepris au cours de la phase 1.
Résultats
Vous trouverez ci-dessous le papier de recherche relatif à ce projet :
Contact
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Anda DAVID
Économiste, coordinatrice scientifique de la Facilité UE-AFD sur les inégalités
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Dans quelle mesure les crédits carbone et les marchés volontaires de carbone participent-ils réellement à l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris sur le climat ? En ouvrant la « boîte noire » de ces instruments, l’étude propose une analyse critique du paradigme économique dans lequel ils s’inscrivent et identifie des pistes pour les reconceptualiser à travers un cadre de comptabilité environnementale.
Contexte
Créés en 2000, les marchés volontaires du carbone (MVC) sont des mécanismes d’échange de crédits carbone qui permettent, notamment à des entreprises, de compenser volontairement leur empreinte carbone. Leur naissance peut être rattachée au protocole de Kyoto qui, en 1997, a instauré le principe de l’échange des crédits de diminution d’émissions de gaz à effet de serre (ou « CO2 équivalent »). Ils se distinguent néanmoins des « quotas carbone », qui relèvent d’un dispositif de conformité et non volontaire.
Ces marchés volontaires ont connu un essor important ces dernières années. Cette dynamique est entre autres portée par la mise en œuvre d’initiatives d’atteinte d’objectifs « Net-Zero » – qui sont dans leur grande majorité volontaires, même si certains mécanismes de conformité autorisent le recours à des crédits carbone (par exemple, le mécanisme Corsia, dans le secteur de l’aviation). Tout cela doit contribuer à l’élaboration d’un écosystème d’échange du service environnemental de régulation qu’est la captation du carbone, au service de l’objectif de diminution de la consommation du « budget carbone global », lui-même fixé par le GIEC.
Toutefois, les marchés volontaires du carbone ont essuyé plusieurs critiques et controverses depuis leur création et des interrogations demeurent quant à leur participation effective à l’atteinte des objectifs des Accords de Paris.
Objectif
A partir de l’analyse de l’existant et du cadre conceptuel qui structure aujourd’hui les marchés volontaires de carbone et les crédits carbone, l’étude identifie les écueils non seulement de ces marchés et de leur organisation, mais aussi ceux des instruments échangés et des paradigmes sous-jacents qui valident la structuration actuelle de ces marchés.
Elle vise à formuler des propositions pour que les réalités climatiques et le budget carbone disponible soient mieux intégrés au fonctionnement des marchés volontaires du carbone, afin d’en faire de vrais outils au service de la transition climatique des entreprises. Elle répond par exemple aux questions fondamentales telles que : dois-je compenser, quelle partie et quel volume de mes émissions sont légitimes à la compensation, dois-je plutôt contribuer au maintien des services de régulation climatique sans y associer une compensation…
Méthode
A travers une approche comptable et gestionnaire, l’étude problématise les approches actuelles des marchés volontaires du carbone, centrées sur le paradigme économique néoclassique. Elle promeut une approche par la « dette climatique », ainsi que le pilotage de cette « dette climatique » à travers des budgets carbone à gérer par le recours à des activités de préservation dont la fonction première doit être de diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES).
L’étude décrit, à travers une méthode de comptabilité écologique, comment les entreprises doivent contribuer à un désendettement climatique global au-delà des marchés volontaires du carbone, et, à travers leurs processus organisationnels, aborde les niveaux de redevabilité sur les différents périmètres des sources d’émission (scopes 1, 2, 3).
Enseignements
L’étude montre que les crédits carbone et les marchés volontaires du carbone sont déconnectés des réalités climatiques et organisationnelles. L’ouverture de la « boîte noire » des MVC montre que derrière cette dénomination se cachent plusieurs conceptions de ces instruments, et donc plusieurs façons de les utiliser et de les comptabiliser au sein des entreprises. De plus, ces outils utilisés par les entreprises ne sont pas articulés aux objectifs des politiques climatiques nationales ou internationales : ils ne permettent donc pas de piloter la progression vers une trajectoire bas-carbone globale.
Pour reconnecter ces instruments aux politiques climatiques, ces marchés doivent être pensés en dehors du cadre conceptuel néoclassique qui a vu naître les autres outils de gestion du carbone. L’étude propose des principes pour réorganiser ces marchés autour d’une approche « gestionnaire » (en mobilisant notamment le cadre de comptabilité et de gestion écologique C.A.R.E.), qui permet de penser des MVC au service du respect des budgets carbone répartis entre entreprises, à partir du budget carbone global défini par le GIEC. Elle donne ainsi un sens théorique et opérationnel à la séquence « éviter/réduire/compenser » et à l’usage de la compensation sur les « émissions résiduelles ».
Autrement dit, pour rester collectivement sous les 1,5°C de réchauffement, les entreprises devraient chacune, et chaque année, respecter un budget carbone donné (le crédit carbone n’étant pas une licence à polluer ou un droit d’émission, mais bien un instrument à comprendre dans une stratégie de limitation des émissions de gaz à effet de serre). Cela permettrait d’accompagner les entreprises tout en reconnectant l’outil (les MVC), les entreprises et les politiques climatiques, dans une perspective de gouvernance globale du système climatique.
Pour en savoir plus :
- Télécharger la publication : Crédits carbone et marché carbone volontaire : analyse critique au regard des politiques climatiques et des sciences de gestion, et proposition d'un cadrage comptable écologique des crédits carbone
- Revoir le webinaire : Pertinence des marchés volontaires de carbone : aujourd'hui et dans un futur neutre en carbone
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Analyser les dilemmes de la transition agroécologique en Afrique à l’horizon 2050
En cours
2022 - 2026