Mention légale UE (projet) Les inégalités sont devenues le défi social de cette décennie. Du point de vue empirique, une série de travaux influents réalisés à partir des données internationales disponibles suggèrent que les inégalités mondiales ont chuté ces 25 dernières années. Cette tendance encourageante semble cependant avoir été entraînée par la convergence des PIB par habitant de différents pays et par le déclin subséquent des inégalités entre les pays. Jusqu’en 2000, le niveau moyen des inégalités au sein des nations était constant, mais a commencé à augmenter par la suite.
Contexte
Le tableau en Afrique est complexe, et souvent obscurci par des problèmes de données non fiables et non comparables, tant en termes d’époques que de pays. L’analyse de données relatives à l’Afrique la plus approfondie montre que les inégalités y sont très élevées en termes monétaires. Il s’agit du continent le plus inégal, mais il existe toutefois d’énormes variations dans l’ampleur, l’évolution et le caractère de ces inégalités.
Cela implique un double risque. L’Afrique doit s’assurer qu’elle est incluse dans les mesures internationales et aussi que les spécificités de ses sociétés sont prises en compte dans l’analyse à la fois des facteurs causant les inégalités et des inégalités subséquentes. C’est cette analyse qui servira de base pour que les interventions politiques et l’action de la société civile inversent la tendance. Il est par conséquent catastrophique de ne pas parvenir à mesurer et à comprendre les réalités de chaque contexte. Le Centre d’excellence abordera à la fois les défis liés à l’analyse et à la mesure des inégalités grâce au développement d’outils de diagnostic et au renforcement des capacités.
Ce projet s’inscrivait initialement dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par la direction générale des Partenariats Internationaux de la Commission européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
Suite à la réussite de ce premier projet :
- Une cinquième analyse des inégalités a été lancée au Mozambique sur la période 2022-2024 ;
- Un projet de recherche visant à élargir et mettre à jour le manuel, en intégrant des méthodologies d’évaluation des vulnérabilités liées aux changements climatiques et aux transitions écologiques, a également été lancé sur la période 2024-2025.
Objectif
L’objectif premier de ce projet de recherche est de faire avancer l’analyse des inégalités africaines et la discussion politique sur les stratégies pour éliminer les inégalités en Afrique grâce à une série d’engagements nationaux. La structure et la dynamique du projet découle du développement d’un outil de diagnostic qui sera mis en place dans un nombre limité de pays pilotes. Cet outil de diagnostic consistera en une analyse en profondeur des différentes inégalités dans un pays donné. Il permettra au gouvernement d’identifier les priorités et les options de politiques à mettre en place afin de les réduire.
Pour élaborer l’outil de diagnostic, un guide a été rédigé pour établir une base commune permettant une comparaison par pays : un manuel a ainsi été élaboré par le centre de recherche ACEIR afin d'assurer un certain degré de comparabilité entre toutes les études nationales et de soutenir les chercheurs et les statisticiens dans la réalisation des diagnostics des inégalités. Et pour étendre son usage et améliorer la transparence, il sera appuyé par une plateforme centrale de données et des centres de données, fiables et vérifiées, dans chaque pays partenaire, ce qui facilitera une meilleure analyse des inégalités.
Méthode
L’outil de diagnostic s’appuiera sur trois piliers :
- Un examen conceptuel et empirique des études sur les inégalités en Afrique, ce qui permettra d’avoir une base de référence pour le développement de futurs projets et de mieux comprendre les spécificités des inégalités en Afrique et leur ampleur ;
- Un guide qui contiendra le cadre proposé pour le diagnostic des inégalités du pays en question, les questions de méthodologies autour de la mesure des inégalités et de leur analyse et les questions importantes liées aux politiques concernées ;
- Une aide à la mise en place du diagnostic du pays, en collaboration avec les équipes de chercheurs locales des pays pilotes, et la création d’une plateforme de données.
Résultats
En pratique, le diagnostic prend la forme d’un rapport qui donnera un aperçu des inégalités au sein d’un pays, au travers de toutes les dimensions pertinentes et pour une période donnée. Par ailleurs, il résume les principales politiques adoptées qui devraient avoir un impact sur les inégalités. Chaque pays utilisera son diagnostic comme une plateforme pour :
- s’engager politiquement sur des stratégies pour éliminer les inégalités ;
- stimuler un dialogue national et une recherche nationale sur les inégalités ;
- mener la discussion au niveau national grâce à des recherches approfondies et à impact élevé.
- Le manuel sur la mesure des inégalités : afin d'assurer un certain degré de comparabilité entre toutes les études nationales et de soutenir les chercheurs et les statisticiens dans la réalisation des diagnostics d'inégalité, un manuel (disponible en anglais) a été élaboré par ACEIR et publié en 2020. Dans la version mise à jour du manuel, un nouveau chapitre traite les inégalités liées au changement climatique et aux facteurs environnementaux.
- Un papier de recherche sur les inégalités en Afrique subsaharienne, qui vise à promouvoir une meilleure analyse et une meilleure prise de décision politique dans la lutte contre les inégalités en Afrique : Inequality in Sub-saharan Africa : a review paper
- Le diagnostic des inégalités en Afrique du Sud, réalisé par l’Institut national de la statistique en Afrique du Sud (Statistics South Africa) en partenariat avec le Southern Africa Labour and Development Research Unit (SALDRU), l’African Centre of Excellence for Inequalities Research (ACEIR) dans le cadre de la Facilité UE-AFD : Inequality trends in South Africa : a multidimensional diagnostic of inequality
Ce rapport a été présenté lors d’un atelier impliquant tous les acteurs travaillant à la réduction des inégalités (11 février 2020, Cape Town), à l’occasion du 30e anniversaire de la libération de Nelson Mandela. La synthèse est disponible en anglais : Stakeholder engagement on inequality trends in South Africa.
- Le diagnostic des inégalités au Ghana, réalisé par l'ISSER et l'Université du Ghana en partenariat avec ACEIR dans le cadre de la Facilité UE-AFD : Inequality Diagnostics for Ghana
- Le diagnostic des inégalités au Kenya, réalisé par l'Université de Nairobi en partenariat avec ACEIR dans le cadre de la Facilité UE-AFD : Inequality Diagnostics for Kenya
- Une analyse détaillée des inégalités en Côte d'Ivoire : Etat des lieux des inégalités en Côte d'Ivoire
Plusieurs études ont été réalisées dans le cadre de la phase 2 :
- L'étude des inégalités sociales au Mozambique, réalisée par l'Instituto de Estudos Sociais e Económicos (IESE) et l'Université du Cap en partenariat avec l'African Centre of Excellence for Inequalities Research (ACEIR)
- Le diagnostic multidimensionnel des inégalités en Colombie, en collaboration avec Fedesarrollo et le DANE
- Le diagnostic multidimensionnel des inégalités en Indonésie, en collaboration avec LPEM et BPS-Statistics.
Le projet de recherche a également débouché sur :
- Un papier de recherche sur les liens entre inégalités, changement climatique et transition écologique dans les pays à revenu faible et intermédiaire : Inequality and Climate Change Measuring Interlinkages to Inform Equitable Climate Policy (en anglais)
- Une édition mise à jour du manuel (handbook) intégrant des indicateurs de l’impact du changement climatique sur les inégalités.
Contacts
- Anda David, chargée de recherche, AFD
- Rawane Yasser, chargée de recherche junior, AFD
Les outils mobilisés dans le cadre de la Facilité de recherche sur les inégalités
Mention légale UE (projet) Au Burkina Faso, malgré la croissance économique qui a été relativement forte tout au long des dix dernières années (plus de 5% en moyenne), une frange non négligeable de la population burkinabè vit en dessous du seuil de pauvreté (40% en 2014). Un tel niveau d’inégalité pose de nombreux défis qu’il est important de mieux comprendre à travers un diagnostic solide.
Contexte
Entre 2007 et 2013, le taux de croissance moyen du produit intérieur brut du Burkina Faso a été d’environ 7% en termes réels : l’une des meilleures performances économiques enregistrées en Afrique de l’Ouest. Compte tenu de la forte croissance démographique observée dans ce pays, le taux d’accroissement moyen du PIB par habitant a quant à lui augmenté de 3% au cours de cette même période. L’incidence de la pauvreté, qui était en augmentation de 1994 à 2009 (de 45 % en 1994 à 47 % en 2009), semble connaître un certain recul (40 % en 2014) mais les inégalités restent importantes.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
Objectif
Ce projet de recherche sur les inégalités au Burkina Faso visait dans un premier temps à poser un diagnostic des inégalités dans ce pays. Dans un second temps, il s'est agi de mener des études scientifiques sur trois thématiques :
- les dynamiques des inégalités de la pauvreté multidimensionnelle ;
- les parcours éducatifs ;
- le devenir des sortants du système éducatif.
L’objectif était d’examiner comment ces derniers s’intègrent plus tard dans la société et dans quelle mesure ils mettent en pratique les compétences acquises à l’école.
Les travaux ont concerné principalement les villes de Ouagadougou et de Nouna, dans l’ouest du pays.
Méthode
Le diagnostic des inégalités fera le point sur la situation au Burkina Faso à travers une revue de littérature et une analyse des données d’enquêtes nationales. Les dynamiques des inégalités de la pauvreté multidimensionnelle au Burkina Faso seront appréhendées au travers des expériences des Observatoires de Ouagadougou et de Nouna. L’analyse de l’évolution des inégalités de pauvreté multidimensionnelle dans le temps sera réalisée en milieu urbain, semi-urbain et rural, selon les caractéristiques démographiques, sociales et économiques des ménages et en fonction des dimensions de privation. Les recherches sur les parcours éducatifs et le devenir des sortants du système éducatif utiliseront les mêmes données. L’idée étant de réaliser des suivis de cohortes de sortants du système éducatif pour étudier leurs parcours et leur intégration à la société à plus long terme.
Résultats
Ces travaux de recherche ont donné lieu à des conférences et à des ateliers, ainsi qu'à différentes publications, dont les liens sont disponibles ci-dessous.
Papiers de recherche
- Etat des lieux des inégalités multi-dimensionnelles au Burkina Faso
- Les inégalités au Burkina Faso à l'aune de la pandémie de la Covid-19: quelques réflexions prospectives
- Dynamique des inégalités et de la pauvreté multi-dimensionnelle à Nouna
- Dynamique des inégalités de la pauvreté multi-dimensionnelle à Ouagadougou : données de l'Observatoire de population de Ouagadougou
Dialogue de politiques publiques
- Des politiques régionales de réduction des inégalités économiques pour réussir le pari de l’équité au Burkina Faso
- Améliorer le logement et l’accès à l’assainissement dans les quartiers informels de Ouagadougou pour réduire les inégalités
- Améliorer l’accès à l’enseignement au Burkina Faso : une condition majeure pour bénéficier du dividende démographique
Contacts :
- Linda Zanfini, chargée de recherche à l'AFD
- Rohen d'Aiglepierre, chargé de recherche à l'AFD
Mention légale UE (projet) Les inégalités face aux services urbains d’eau sont souvent perçues de manière très basique selon une lecture binaire « accès/non accès », avec pour horizon l’universalisation de l’accès au service public. En clair, la question a longtemps été de s’assurer que tous les habitants aient accès au service public d’approvisionnement en eau. Plus encore en Bolivie où l’eau est considérée comme un « bien commun » soumis à un principe de « non-marchandisation » inscrit dans la Constitution depuis 2009. Or, la crise de l’eau à La Paz en 2016 a mis en évidence un nouveau type d’inégalité face au service d’approvisionnement en eau. Ce sont, en effet, les quartiers sud de la capitale administrative du pays, peuplés par des habitants de classes moyennes et supérieures, plus exposés à la fragilité du système principal d’accès à l’eau, qui ont été privés de service pendant cet épisode de sécheresse. Il s’agit de l’une des nombreuses déclinaisons possibles des inégalités face aux services urbains de l’eau, dont l’analyse exige de dépasser la seule question de l’accès technique au réseau.
Contexte
En 2015, le niveau d'accès aux services d'eau « améliorés » dans les villes en Bolivie était de 97%, tandis que celui des services d'assainissement était limité à 61%. Au-delà de ces données générales, les données disponibles sur les taux d'accès aux services d’approvisionnement en eau peuvent masquer d'autres types d'inégalités urbaines liées à l'eau. Ces inégalités ne concernent pas uniquement l'accès technique au réseau, facilement repérable au demeurant sur une carte de desserte en service.
Il s’agit, par exemple, de la question des inégalités liées au paiement du service. Ce type de données est plus difficile à saisir car il est lié à la composition du ménage, aux pratiques, au niveau de consommation et, bien sûr, aux revenus. Un autre type d'inégalité est dû à la nature du fournisseur de services. Le service public de l’eau n’est pas la seule modalité d’approvisionnement en service en ville : il existe des petits dispositifs sociotechniques décentralisés à l’échelle des quartiers qui se substituent parfois au système principal ou y apportent un complément. Ils proposent généralement un service basique, de qualité acceptable, et des tarifs plus bas, mais impliquent une forte participation des usagers aux travaux collectifs de maintenance. En outre, la localisation de certains foyers, plus exposés que d’autres à la fragilité du système principal, constitue une nouvelle dimension des inégalités qui a été mise en évidence lors de la crise de l’eau à La Paz en 2016. La zone Sud avait alors été privée de desserte en eau pendant plusieurs semaines. D’autres facteurs d’inégalités sont repérables comme, par exemple, la couleur politique ou la capacité de mobilisation sociale de certains réseaux, qui peuvent parfois constituer de véritables avantages comparatifs dans les priorités d’accès aux services d’eau et d’assainissement.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par la Direction Générale des Partenariats Internationaux de la Commission européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
Objectif
Mené par une équipe multidisciplinaire sous la coordination du CIDES-UMSA, ce projet de recherche entend examiner et analyser les différents types d’inégalités liées aux services d’eau et d’assainissement à la Paz-El Alto et à leurs évolutions au cours des dernières années. L’objectif est d’explorer comment des déterminants typiques tels que le revenu (inégalités verticales) et la localisation (inégalités spatiales). Les chercheurs s’intéressent également à d’autres types de déterminants moins étudiés, tels que l’exposition au changement climatique, les représentations sociales ou les ressources politiques, qui peuvent affecter la cohésion sociale. L’objectif est d’aboutir à une nouvelle lecture des inégalités urbaines à La Paz-El Alto afin d'alimenter le dialogue avec les autorités municipales et sectorielles.
Ce projet vise également à soutenir la recherche bolivienne à travers des formations, des ateliers méthodologiques, la participation à des conférences internationales, etc.
A lire sur The Conversation : Pour les femmes boliviennes, l’eau est source de vie… et d’inégalités persistantes
Méthode
Ce projet de recherche s’inscrit dans une approche à la fois pluridisciplinaire et pluri-thématique qui couple des enquêtes de terrain (qualitatives) sur différentes zones des deux villes autour de sujets-clés liés aux inégalités face aux services d’eau (évolutions des services sur la frange urbaine, petits systèmes, ressources socio-politiques des quartiers, usages partagés de l’eau en ville, etc.), des analyses historiques (genèse des inégalités face aux services), et des analyses statistiques -en lien avec les services de recherche de la ville-. Les résultats issus de ces différentes enquêtes et analyses seront régulièrement discutés lors d’ateliers de partage.
Résultats
Retrouvez la présentation du papier de recherche “Inequalities related to urban water services in La Paz-El Alto, Bolivia” par Sarah Botton (chargée de recherche AFD) et Patricia Urquieta (chercheuse au CIDES-UMSA) lors du troisième webinaire de la Facilité de recherche sur les Inégalités:
Vous trouverez ci-dessous les différents papiers de recherche liés à ce projet :
Les papiers suivants sont uniquement disponibles en anglais:
- Conflicts and tensions over water ownership in the territory of the urban-rural interface of Hampaturi, municipality of La Paz
- When governance fails: institutional asymmetries in water management in the municipality of La Paz
- Landscape of springs and collective outdoor laundries in the city of La Paz
- The ‘urbanization of water’ in La Paz, Bolivia: historical and conceptual perspectives
- Persistence of inequality in access to water: a look at the actions of women in peri-urban territories of the city of El Alto
- Territorial inequalities expressed in children's health in two neighborhoods with access to water in the city of El Alto
- Corporate citizenship and water urbanization on the outskirts of El Alto
Vous trouverez les dialogues de politiques publiques liés à ce projet ci-dessous (en anglais) :
- Springs and collective laundries in the City of La Paz, notes for their management
- Access to water : persistence of inequalities in the life of women
- Municipal planning and inter-institutional coordination for good water management
- Water and Sanitation works with Neighborhood Participation: regulated and transparent
- Water provision and management of urban-rural interface territories
- Water in the city of El Alto, a right that arrives incomplete
Contacts :
- Sarah Botton, chargée de recherche à l'AFD
- Patricia Urquieta, enseignante-chercheure CIDES-UMSA
Mention légale UE (projet) Malgré une gouvernance démocratique, des institutions judiciaires, financières et des droits de l’homme bien établis et un cadre politique positif, la pauvreté et les inégalités sont toujours bien visibles en Afrique du Sud, dans la droite ligne de son héritage historique et des discriminations raciales qui ont marqué ce pays. La distribution des richesses, les conditions de vie, les opportunités d’emplois et les revenus des ménages continuent d’être très inégaux dans le pays. Les politiques actuellement menées et la qualité des services publics suscitent un mécontentement généralisé.
Contexte
L’arrivée au pouvoir du président Cyril Ramaphosa en février 2018 a donné au pays l’occasion de remettre le projet de Nelson Mandela pour l’Afrique du Sud sur les rails. Il faudra pour cela s’attaquer frontalement au manque d’avancées pour une meilleure égalité des chances et des revenus ainsi qu’aux difficiles questions économiques et politiques que cela pose. Les bénéfices d’un changement politique seront-ils réservés à une élite restreinte ou est-il possible de se diriger vers un développement plus largement partagé et équitable ? Quels genres de changements sociaux, économiques ou institutionnels pourraient contribuer à une transformation plus rapide des opportunités pour la tranche basse de la distribution des revenus des ménages ? Quels types de restrictions du pouvoir et des privilèges pourraient contribuer à une plus grande équité dans le processus de distribution de la richesse, notamment concernant la tranche des plus hauts revenus ?
Ces questions difficiles sont intéressantes tant en Afrique du Sud qu’à l’international. Ce sont des enjeux économiques et institutionnels d’une incroyable complexité. La croissance des inégalités est non seulement inacceptable du point de vue moral, mais elle semble aussi menacer la croissance économique, l’ordre social et le développement durable. La réduction des inégalités est devenue le cheval de bataille de nombreux pays et un travail considérable a été fait, à travers le monde entier comme en Afrique du Sud, pour mieux les comprendre.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
Objectif
Ce programme de recherche vise à aborder les enjeux de la distribution des revenus, tant de la tranche haute que de la tranche basse de la population. Il existe en effet plusieurs dimensions du développement humain et du bien-être, or des progrès sur certains aspects peuvent mener à des régressions dans d’autres. Et la croissance économique ne mène pas nécessairement à des résultats équitables. Par ailleurs, la pauvreté et les inégalités sont caractérisées par des impacts exponentiels qui les autoalimentent et s’avèrent difficiles à contrer.
Ce projet de recherche puisera dans les données disponibles concernant les inégalités en Afrique du Sud et les consolidera. Mené en partenariat avec l’Institut national des statistiques d’Afrique du Sud, Statistics South Africa, il comblera aussi certaines lacunes importantes pour éclairer les politiques publiques en la matière. Autres étapes importantes du programme de recherche : une série d’entretiens sera réalisée entre les chercheurs et des parties prenantes clés, dont des représentants de gouvernement, d’entreprises, d’organisations syndicales et de la société civile. Et ce, afin d’obtenir des recommandations, de tester des idées et de faciliter le consensus sur de potentielles réformes politiques.
Méthode
Le programme de recherche s’articulera autour de trois axes :
- La mise en place d’un diagnostic des inégalités, qui prendra la forme d’un rapport résumant les connaissances existantes sur les inégalités et sur les politiques menées en Afrique du Sud. Il approfondira ces connaissances en utilisant les données disponibles, explorera les implications de ce nouveau travail et fera ensuite le point sur les besoins en données nouvelles afin de progresser davantage dans l'élaboration de politiques visant à surmonter les inégalités.
- Un document sur le rôle des revenus dans les inégalités entre ménages. Il s'appuiera sur des données préliminaires montrant que l'un des aspects clés du manque de soutien du marché du travail aux ménages est la volatilité de l'emploi et donc des revenus des travailleurs indépendants et autres travailleurs vulnérables.
- Un document sur l’interconnexion entre les dynamiques de population et les inégalités spatiales. Il répondra à l’opinion souvent exprimée par la communauté politique selon laquelle l’immigration est guidée par les différences entres provinces et régions dans la qualité de l’éducation, de la santé et d’autres services.
Résultats
Le diagnostic des inégalités en Afrique du Sud, réalisé par l’Institut national de la statistique en Afrique du Sud (Statistics South Africa) en partenariat avec le Southern Africa Labour and Development Research Unit (SALDRU), l’African Centre of Excellence for Inequalities Research (ACEIR) dans le cadre de la Facilité UE-AFD est disponible en ligne (en anglais): Inequality trends in South Africa : a multidimensional diagnostic of inequality.
Ce rapport a été présenté lors d’un atelier impliquant tous les acteurs travaillant à la réduction des inégalités, qui s’est tenu le 11 février 2020 à Philippi, Cape Town, à l’occasion du 30e anniversaire de la libération de Nelson Mandela. Vous trouverez ici la synthèse de l’atelier regroupant les présentations, discussions et débat tenus ce jour (en anglais): Stakeholder engagement on inequality trends in South Africa.
Vous trouverez ci-dessous les papiers de recherche liés à ce projet (en anglais) :
Contact
-
Anda DAVID
Économiste, coordinatrice scientifique de la Facilité UE-AFD sur les inégalités
Mention légale UE (projet) L’étude analyse l’évolution des inégalités entre 2010 et 2016 dans les deux principales villes jordaniennes qui accueillent des réfugiés syriens : 194 000 Syriens à Amman et 140 000 à Irbid, selon les données 2018 de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Ce projet de recherche consiste à étudier d’une part l’impact de l’afflux des populations syriennes sur l’évolution des inégalités économiques (revenus, croissance, pauvreté, etc.) et d’autre part sur le marché du logement (prix du marché immobilier, part du logement dans les dépenses des ménages, etc.).
Contexte
Le nombre de réfugiés syriens était estimé à 1,2 million de personnes en novembre 2015 selon le recensement officiel jordanien de la population, ce qui correspond à 10% à 12% de la population. Environ 660 000 d’entre eux sont enregistrés comme « demandeurs d’asile » par le UNHCR. Leur nombre diminue cependant depuis 2015, probablement en raison des migrations, notamment de retour vers leur pays d’origine.
Plus de 90% des réfugiés syriens ne souhaitent pas vivre de façon permanente dans les trois camps de réfugiés gérés par l’ONU au nord de la Jordanie. Ils s’installent donc dans les villes ou dans les espaces ruraux environnants, louant des appartements et vivant souvent dans des conditions de logement inadéquates. Leur principale motivation est l’accès à l’emploi.
Cet afflux de population dans les villes a un impact sur le logement, les services, les activités, les revenus et la distribution des ressources entre les citadins. Les inégalités au sein de la population jordanienne, en particulier entre les Jordaniens et les étrangers (1,7 millions d’étrangers vivent en Jordanie) peuvent être accrues.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par l'Union européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
Objectifs
La première partie de l’étude porte sur les dynamiques des inégalités économiques entre ménages à Amman et Irbid, en utilisant les études sur le marché du travail jordanien de 2010 et 2016 (Jordan Labor Market Panel Survey) et les données sur les revenus et les dépenses des ménages (Household Expenditure and Income Survey, HEIS) 2013 et 2016.
La seconde partie de l’étude traite des inégalités de logement entre habitants de Amman et Irbid. Cette partie s’intéresse à la fois au coût du logement (dépenses pour les ménages) et au logement comme source de revenus (mise en location, vente…).
Méthode
Les indicateurs d’inégalités utilisés seront nombreux : le coefficient de Gini, mais aussi l’indice Atkinson et le ratio P90/P10, par exemple.
Les données proviendront :
- des études sur le marché du travail jordanien de 2010 et 2016 (Jordan Labor Market Panel Survey) ;
- des recensements de la population 2004 et 2015 (Jordanian Department of Statistics) ;
- des données sur les revenus et dépenses des ménages (Household Expenditure and Income Survey, HEIS) 2013 et 2016 ;
- des données du PNUD sur les inégalités socioéconomiques en Jordanie ;
- des données du UNHCR.
L’équipe de recherche est composée, côte jordanien, de deux économistes, d’une géographe et d’une sociologue ; et du côté de l’AFD, d’une économiste et d’une urbaniste.
Contacts
- Irène Salenson, chargée de recherche, AFD
- Abdel Baset Athamneh, responsable du département d’économie de l’université de Yarmouk
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Mention légale UE (projet) Vingt ans après l’indépendance du pays et la fin de l’apartheid, l’Afrique du Sud n’a toujours pas réussi à s’affirmer comme une nation cohésive sur le plan social. Le projet de recherche proposé vise à formuler une approche pertinente en termes de cohésion sociale dans le cas de l’Afrique du Sud et à analyser le lien entre cohésion sociale et inégalités ethniques et raciales.
Contexte
Vingt ans après l’indépendance du pays et la fin de l’apartheid, l’Afrique du Sud n’a toujours pas réussi à s’affirmer comme une nation cohésive sur le plan social. Les Sud-Africains vivent encore séparément les uns des autres, tant sur le plan géographique que sur le plan social, excepté dans quelques groupes où les membres partagent des identités communes, telles que le ressenti d'appartenance, l’ethnie et la classe sociale.
En outre, les inégalités continuent à exacerber la tension entre riches et pauvres, groupes raciaux, métropoles urbaines et anciens bantoustans, ainsi qu’entre propriétaires des exploitations agricoles et employés. La croissance économique, dans la mesure où elle est avérée, n’a pas favorisé plus d’égalité et de cohésion en Afrique du Sud, composantes essentielles d’une croissance inclusive.
Chercheurs universitaires, décideurs politiques, leaders d’opinion et citoyens du pays ont longuement débattu des problèmes découlant du manque de cohésion de la société sud-africaine. Toutefois, le terme cohésion sociale a été utilisé de manière vague dans la littérature académique et au sein du discours politique. En effet, sa signification et son interdépendance par rapport au développement économique n’ont pas été bien compris. Il n’existe pas à ce jour de concept clairement défini, et donc pas de définition de la cohésion sociale en tant que facteur pertinent de développement inclusif en Afrique du Sud. Sans définition et moyens de quantifier, il est difficile d’affirmer avec certitude si la cohésion sociale s’est améliorée. En outre, à défaut d’identifier quelques leviers essentiels (à savoir, les facteurs déterminants de la cohésion sociale), il s’avère compliqué de formuler des politiques susceptibles d’améliorer sensiblement la cohésion sociale et d’encourager le développement inclusif.
Objectif
Dans ce contexte, le projet de recherche proposé vise à contribuer à l’amélioration de la cohésion sociale et du développement inclusif, deux des défis les plus fondamentaux auxquels l’Afrique du Sud est confrontée. Plus spécifiquement, les objectifs sont les suivants :
- Formuler une approche pertinente pour la cohésion sociale dans le cas de l’Afrique du Sud ;
- Élaborer et quantifier les indicateurs de la cohésion sociale ;
- Mener une analyse approfondie sur les inégalités ethniques et raciales en Afrique du Sud ;
- Faire la lumière sur les ramifications existantes entre la cohésion sociale et les inégalités, ainsi que leurs implications sur les politiques sociales.
Cette recherche combinera les vastes connaissances des meilleurs universitaires sud-africains en histoire, sociologie, politique et économie, avec l’expertise d’un chercheur universitaire japonais, ainsi que les connaissances en matière de pratiques mondiales et d’outils analytiques des chargés de recherche à l’AFD.
Résultats
Les résultats préliminaires à partir des indicateurs de cohésion sociale suggèrent les conclusions suivantes :
- Nous pouvons opérationnaliser une définition de la cohésion sociale et la quantifier à l’aide des données nationales disponibles.
- On observe une très grande constance des tendances dans l’indice et ses composants sur une longue période au sein des quatre bases de données nationales.
- La cohésion sociale en Afrique du Sud a augmenté entre 2008 et 2011, bien que la tendance soit moins nette par la suite et qu’une série chronologique plus étendue soit nécessaire.
- Des niveaux de revenu par habitant et d’employabilité plus élevés sont positivement associés à un niveau de cohésion sociale plus élevé.
- La pauvreté, le chômage, et la contestation de prestations de service ont une corrélation négative avec la cohésion sociale.
- La politique et le niveau de compétence des municipalités sont étroitement associés à un niveau de cohésion sociale plus élevé.
Notre recherche indique que la cohésion sociale repose sur le dépassement des préjugés, de la méfiance interraciale et de l’attitude négative à l’égard de l’intégration. La manière dont les individus perçoivent (ou non) l’inégalité détermine la probabilité des interactions interraciales.
Les niveaux élevés en termes d’inégalité et la perception que cette inégalité ne s’est pas améliorée après l’apartheid constituent les principaux obstacles à la cohésion sociale en Afrique du Sud. Cet état de fait subsiste même lorsque les inégalités sont analysées parallèlement à d’autres influences cruciales telles que les facteurs raciaux, géographiques et éducatifs.
Ce travail empirique minutieux démontre qu'il n'existe pas de voie facile à suivre pour bâtir une société cohésive en Afrique du Sud. Deux conditions sont déterminantes pour parvenir à cet objectif. Il s'agit de :
- donner la priorité à un accord défini et contrôlé pour lutter contre la pauvreté, les inégalités et l’exclusion sociale ; et
- l’exécuter d’une manière qui contribue activement et légitimement au droit d’expression et à l’agence des individus et des communautés marginalisés.
Ces politiques audacieuses s'attaquant aux problèmes socio-économiques sont des exigences minimales. En effet, elles doivent être renforcées par des comportements et pratiques au quotidien démontrant une société réellement résolue à surmonter les préjugés, la méfiance interraciale et les attitudes négatives.
Pour construire, contrôler et améliorer la cohésion sociale, nous devons commencer par opérationnaliser une définition commune de la cohésion sociale prenant en compte cinq aspects (inclusion, appartenance, relation sociale, participation et légitimité).
- Social Cohesion and inequality in South Africa (en anglais)
- Defining Social Cohesion (en anglais)
- The Gap Between Rich and Poor (en anglais)
- Spatial poverty and inequality in South Africa: A municipality level analysis (en anglais)
- From definition to measurement: Constructing a social cohesion index for South Africa (en anglais)
Contact
-
Anda DAVID
Économiste, coordinatrice scientifique de la Facilité UE-AFD sur les inégalités