Mention légale UE (projet) Il est essentiel d’évaluer comment et dans quelle mesure les projets et programmes financés par les institutions financières de développement contribuent à l’objectif de réduction des inégalités au sein des pays. Une méthodologie (Morabito et al. 2021) propose un ensemble d’outils d’analyse identifiant les impacts distributionnels potentiels des programmes ou projets de développement en analysant si les bénéficiaires de ces programmes appartiennent aux 40 % les plus pauvres de la distribution des revenus par le biais d’une combinaison d’outils d’analyse.
Contexte
La réduction les inégalités de revenus et des inégalités d’autres dimensions du bien-être est au cœur de l’Objectif de développement durable 10 (ODD10). Les agences de coopération multilatérales et bilatérales ont dirigé leurs efforts vers la promotion de la bonne gouvernance, du développement humain et économique, du combat contre la faim et enfin, de la réduction des inégalités.
L’augmentation des financements d’initiatives axées sur la réduction des inégalités s’accompagne d’une nécessité de suivre les progrès accomplis dans le cadre de l’ODD 10, mais surtout d’évaluer la contribution des acteurs du développement à la réalisation de cet objectif. Cependant, mesurer les impacts distributifs des projets de coopération au développement est une tâche difficile en raison d’une myriade de facteurs : les effets des politiques de redistribution nationales, la structure des marchés du travail et d’autres facteurs, tels que les institutions, qui peuvent avoir un impact sur les inégalités. La méthodologie développée par Morabito et al. permet d’analyser l’impact potentiel des projets de développement sur la réduction des inégalités en examinant principalement dans quelle mesure ces projets profitent de manière disproportionnée aux plus vulnérables grâce à une combinaison d’outils analytiques (un tableau de bord (scoreboard), une analyse statistique des projets de développement basée sur l’Equity Tool et une analyse d’incidence fiscale).
Cette méthodologie a d’abord été testée sur trois projets de développement financés par l’AFD au Cameroun, en Colombie et en Tunisie dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités.
Ce projet s’inscrivait dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
Une seconde phase du projet de recherche a été lancée en 2022 dans le but d’étendre la phase initiale, de tester une nouvelle fois la validité de la méthodologie en ce qui concerne le revenu et d’autres formes de dimensions du bien-être et afin d’élaborer les lignes directrices pour la création d’un « marqueur inégalité ».
Objectifs
La phase initiale du projet visait à piloter l’application de la méthodologie développée par les chercheurs sur trois projets financés par l’AFD :
- Un programme d’appui à l’amélioration de l’habitat urbain en Tunisie,
- Un programme axé sur le renforcement des capacités des petites et moyennes entreprises au Cameroun,
- Une opération d’appui budgétaire visant à soutenir une réforme du secteur de la santé en Colombie.
L’objectif était de tester la méthodologie afin de déterminer la pertinence des informations qu’elle fournit et, sur la base de ces résultats, de revoir et d’ajuster la méthodologie elle-même.
La seconde phase du projet visait à :
- Élaborer les lignes directrices pour la création d’un « marqueur inégalité » pour la coopération au développement ;
- Tester une version améliorée de la méthodologie sur quatre programmes de développement de l’AFD et de l’UE:
- Un programme promouvant un accès durable à l’électricité pour les populations rurales pauvres non desservies au Bénin;
- Un programme visant à améliorer la santé et les conditions de vie des habitants du district rural d’Isingiro (Ouganda) et de ses camps de réfugiés;
- Un programme facilitant le commerce entre l’Éthiopie et Djibouti et permettant aux entreprises et aux producteurs, ainsi qu’aux populations les plus vulnérables, de bénéficier de ces améliorations;
- Un programme contribuant à l’adaptation des communautés au changement climatique au Vietnam.
Méthode
L’étude initiale a permis de déterminer si les bénéficiaires des programmes des trois interventions sélectionnées appartenaient aux 40 % les plus pauvres de la distribution des revenus, grâce à un ensemble d’outils d’analyse :
- Premièrement, un tableau de bord (scoreboard) qui évalue si la réduction des inégalités est un objectif central des programmes de développement;
- Deuxièmement, l’Equity Tool, qui permet d’évaluer la position des bénéficiaires directs au sein de la distribution nationale (urbaine ou rurale) des revenus;
- Troisièmement, le Commitment for Equity Tool, qui permet d’estimer l’impact distributif de l’appui budgétaire général ou sectoriel.
Les étapes méthodologiques de la seconde phase du projet de recherche étaient les suivantes :
- Affiner et améliorer les marqueurs d’inégalité et le tableau de bord pour fournir des repères et des indicateurs clairs, alignés sur les approches d’évaluation utilisées par la Commission européenne, afin d’évaluer si les interventions de développement se concentrent sur les 40% des individus ou des ménages les plus pauvres, ou sur les groupes vulnérables ciblés par des politiques de développement spécifiques.
- Élargir la portée du questionnaire Equity Tool pour inclure des questions qui englobent la répartition des bénéficiaires des projets parmi les groupes vulnérables (femmes, minorités ethniques, religieuses, etc.).
- Appliquer la méthodologie révisée aux quatre études de cas.
Résultats
Résultats de la première phase du projet :
Dans l’ensemble, les résultats soulignent l’importance de mettre en place un ciblage en faveur des plus pauvres lors de la conception des projets de développement qui visent explicitement (ou implicitement) la réduction des inégalités dans les pays partenaires. Le principal atout de la méthodologie est qu’elle permet d’évaluer la portée potentielle des interventions pour les 40 % les plus pauvres de la distribution des revenus. Les informations fournies à travers cette méthodologie s’avèrent essentielles pour affiner les politiques publiques avant leur mise en œuvre afin de maximiser leur impact redistributif.
- Lire le papier de recherche lié à ce projet (en anglais) : The distributional impacts of development cooperation projects
Résultats de la deuxième phase du projet :
Cette deuxième phase a permis :
- L’élaboration de lignes directrices pour la mise en œuvre de la méthodologie, qui ont été utilisées pour développer le marqueur inégalité de la Commission européenne (Inequality Marker, ou I-Marker) :
Le I-Marker évalue si, et dans quelle mesure, la réduction des inégalités est un objectif d’intervention de développement. À cette fin, un ensemble de critères a été élaboré pour déterminer si la réduction des inégalités n’est pas ciblée (I-0), si elle est un objectif significatif (I-1) ou s'il s'agit de l'objectif principal (I-2).
Le I-Marker se concentre sur les personnes, les ménages ou les groupes les moins favorisés (les plus pauvres) ou les plus défavorisés sur le plan socioéconomique. Pour en savoir plus, regardez la vidéo sur le Inequality Marker.
- L’élaboration d’un rapport sur le testing de la méthodologie sur les quatre études de cas : Assessing the distributional impacts of development interventions - the Inequality Marker
Enseignements
Ce projet a souligné l’importance d’identifier les bénéficiaires directs et indirects des projets, mais aussi, plus largement, d’obtenir une compréhension complète des interventions de développement, qui sont ici analysées sous l’angle de leurs objectifs et de leurs conditionnalités.
Tout aussi importante est la participation des partie-prenantes dans la communication de leurs objectifs, de la portée et des limites des études. Dans certains cas, l’inclusion d’une composante qualitative au travers d’interviews, de consultations ou éventuellement de missions de terrain, peut être nécessaire pour assurer la réussite de la mise en œuvre et l’achèvement des études.
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Anda DAVID
Économiste, coordinatrice scientifique de la Facilité UE-AFD sur les inégalités
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Mention légale UE (projet) L’AFD, l’AECID et Oxfam s’engagent à inverser la hausse des inégalités pour réduire la pauvreté de manière durable et significative grâce à une approche tournée vers les droits humains. Le processus de recherche consistera en une analyse régionale des inégalités multidimensionnelles en Afrique occidentale et en Amérique centrale. Et ce, à l’aide d’un cadre innovant de mesure des inégalités développé par Oxfam. L’étude se penchera également sur l’impact sur les inégalités d’un échantillon de politiques publiques mises en place dans ces régions au cours des dix dernières années.
Contexte
Au cours des dernières décennies, le niveau d’extrême pauvreté a considérablement baissé dans le monde entier, notamment grâce à la croissance économique des économies émergentes. Malgré cette croissance économique, le revenu des plus pauvres n’augmente pas. Dans le monde en développement, huit personnes sur dix vivent dans des pays où le revenu des 40 % les plus pauvres croit plus lentement que le reste de l’économie (Hoy & Samman, 2015) et sept personnes sur dix vivent dans un pays où les inégalités ont augmenté ces 30 dernières années.
Pour ce qui est de l’Amérique latine et des Caraïbes, même si la région a réussi ces dix dernières années à réduire grandement l’extrême pauvreté, les inégalités de richesses et de salaires sont encore criantes et néfastes pour la croissance durable et l’inclusion sociale.
L’Afrique de l’Ouest possède quant à elle la plus grande croissance économique moyenne de toutes les régions africaines, avec 6,2 % entre 2010 et 2014, comparé à 4,4 % pour l’Afrique durant la même période. Toutefois, d’aucuns craignent de plus en plus que les bénéfices de cette impressionnante croissance ne soient ni inclusifs ni partagés équitablement. Ainsi, la présence d'inégalités de revenus obstinément élevés en même temps qu’une croissance économique soutenue pose encore des questions.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
Objectif
Même si nous savons que des sociétés moins inégales sont souhaitables étant donné leurs conséquences positives du point de vue politique, social et économique, reste à savoir comment comprendre et s’attaquer aux inégalités via une perspective multidimensionnelle. Pour contribuer à cette discussion mondiale sur les inégalités, Oxfam, l’Institut international des inégalités de la London School of Economics et l’École des études africaines et orientales de l’Université de Londres, unissent leurs forces pour développer un cadre conceptuel de mesure des inégalités. L’objectif du cadre est de fournir aux analystes et aux professionnels des moyens fondés sur la théorie pour mieux comprendre la nature des inégalités. Ils pourront utiliser cette information pour développer et concevoir des politiques à long terme efficaces pour la réduction des inégalités, la lutte contre la précarité et l’amélioration du bien-être.
Méthode
Le cadre a pour but de saisir la nature multidimensionnelle des inégalités, en fonction de sept domaines de vie et en tenant compte des différentes formes d’inégalités (concentrations des richesses, écarts de salaire, dispersion des revenus, gradient social de mortalité, isolement social des personnes âgées). Le cadre s’appuie sur l’approche par les capacités d’Amartya Sen. Cette approche consiste en une évaluation de la vie que nous menons, de ce que nous pouvons faire ou ne pas faire, et de ce que nous pouvons être et ne pas être ; elle met l’accent sur la qualité de vie que les individus peuvent atteindre. Tout aussi important, ce cadre devrait éclaircir la discussion sur les inégalités de manière à permettre un diagnostic dans un contexte précis et des recommandations politiques. Le travail stratégique des professionnels et parties prenantes du secteur du développement n’en sera que renforcé.
Résultats
Des données de plus de 150 pays, riches comme pauvres, récoltées sur plus de 30 ans, montrent que dans l’ensemble, investir dans la santé, l’éducation et la protection sociale réduit les inégalités. Nous devons toutefois en apprendre davantage sur les mécanismes concrets qui permettent cette réduction des inégalités et sur les politiques à concevoir pour s’attaquer aux inégalités spatiales, ethniques et de genres de manière efficace. Grâce à cette étude comparative, nous espérons tirer des leçons de ces divers scénarios.
Les chercheurs impliqués dans ce projet estiment qu’une citoyenneté active est un moyen d’atteindre des objectifs de développement, car cela permet aux femmes et aux hommes vivant dans une situation de pauvreté de s’exprimer pour défendre leurs droits (santé, éducation, emploi, dignité). Ils présupposent par ailleurs que les politiques publiques gagnent en efficacité lorsque les citoyens sont impliqués dans le processus. Et que les femmes, les jeunes filles et les jeunes en général sont les groupes les plus touchés par les inégalités multidimensionnelles et qu’ils doivent donc faire l’objet d’une attention particulière dans la recherche.
Retrouvez la présentation du papier de recherche "Multidimensional inequality in Western Africa" par Ana Claver Muñoz et Cristina Rovira Izquierdo, respectivement manager et chargée de projets sur les inégalités à OXFAM Intermón lors du cinquième webinaire de la Facilité de recherche sur les Inégalités:
Vous trouverez ci-dessous les livrables liés à ce projet:
Rapport Afrique de l'Ouest:
- Analyse des inégalités multidimensionnelles en Afrique de l'Ouest et stratégie de réduction des inégalités (en français)
Rapport Amérique centrale et République dominicaine:
- Analysis of multidimensional inequalities in Central America and Dominican Republic, and a strategy for inequality reduction (in English)
Policy briefs:
- Stratégie de réduction des inégalités en Afrique de l'Ouest
- A strategy for reducing inequalities in Central America and the Dominican Republic (in English)
Retrouvez finalement une courte vidéo de présentation (en anglais) du Multidimensional Inequality Framework (MIF) utilisé dans ce projet de recherche:
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Anda DAVID
Économiste, coordinatrice scientifique de la Facilité UE-AFD sur les inégalités
Réalisée par la Chaire comptabilité écologique et en partenariat avec le WWF France, ce projet pilote a permis d’évaluer la soutenabilité environnementale de la Nouvelle-Calédonie. Il se base sur la mise en œuvre de la méthodologie ESGAP (Environmental Sustainability Gap), qui permet de mesurer l’écart entre l’état actuel et l’état soutenable de 23 fonctions environnementales essentielles et critiques, selon des principes de soutenabilité environnementale forte. Le rapport final est disponible sur le site de la Chaire et du WWF France.
Contexte
La Nouvelle-Calédonie est un territoire particulier en termes d’enjeux environnementaux. C’est un hotspot de biodiversité, qui renferme un fort endémisme. L’économie locale a un impact sur l’environnement, notamment les industries du secteur de la mine et la métallurgie. Les acteurs chargés de la mise en œuvre des politiques publiques de développement et de protection de l’environnement ont besoin de suivre l’état de l’environnement afin d’évaluer l’efficacité de leurs actions, prioriser des politiques et des mesures de gestion, et établir ainsi de manière objective leur contribution à la conservation de la biodiversité et du capital naturel.
L’ESGAP (Environmental Sustainability Gap) est un indicateur synthétique reposant sur un tableau de bord permettant de suivre l’état de l’environnement dans une perspective de durabilité forte, c’est-à-dire en adoptant des critères exigeants concernant la non-substituabilité du capital naturel par d’autres formes de capital (physique entre autre) dans un territoire ou un pays. Il permet de renseigner les évolutions de l’état fonctionnel de différentes composantes de l’environnement, en mettant l’accent sur les écarts qui existent entre ces évolutions et les objectifs de maintien ou d’atteinte du « bon état environnemental » pour chacune de ces composantes. L’ESGAP dans sa forme actuelle a été développé conceptuellement en se basant sur l’Union européenne comme cas d’étude.
Cette évaluation est réalisée par la Chaire Comptabilité Écologique, en partenariat avec le programme « Conserver le capital naturel » du WWF France.
Objectifs
Ce projet pilote de mise en œuvre du tableau de bord ESGAP en Nouvelle-Calédonie a pour objectif d’évaluer l’opérationnalité de cet outil dans des territoires où les données sur l’état de l’environnement, et les pressions qui s’exercent sur ce dernier, sont souvent parcellaires.
Le projet repose sur une première étude menée à l’échelle de l’Europe qui a abouti à la réalisation d’une méthodologie et d’un tableau de bord avec deux indicateurs : l'indice SES (Strong Environmental Sustainaibility Index) et l'indicateur de dynamique SESP (SES Progress).
L’objectif du projet pilote est d’enrichir et de mettre en œuvre l’ESGAP en Nouvelle-Calédonie, afin d’informer la décision publique et d’alimenter le plaidoyer pour l’utilisation de ce type d’outils.
Méthode
La méthodologie utilisée dans ce projet s'est fondée sur le travail de l’équipe de Paul Ekins au UCL Institute for Sustainable Resources, développé conceptuellement en prenant l’Union européenne comme cas d’étude. La méthode ESGAP prend en compte l’utilisation durable des ressources naturelles, la charge critique de pollution des écosystèmes, la biodiversité, la santé et le bien-être humain et identifie le niveau de soutenabilité du territoire pour maintenir le bon fonctionnement de ces quatre composantes. Elle a été adaptée au territoire calédonien, aux contraintes institutionnelles et aux particularités écologiques régionales.
Ce projet s'est appuyé sur un travail de terrain en Nouvelle-Calédonie. Une trentaine d’acteurs en charge de la gestion de l’environnement (incluant décideurs, gestionnaires, centres de recherche, associations, et secteur privé) ont été consultés de manière à :
- renseigner les fonctions environnementales décrites et les ajuster au contexte local ;
- définir les objectifs environnementaux à atteindre ou à maintenir, ainsi que les indicateurs qui y sont associés dans le contexte calédonien ;
- à collecter les données nécessaires à la construction des indicateurs.
Des analyses statistiques ont ensuite été réalisées pour développer les indicateurs composites du ESGAP à partir des bases de données produites.
Résultats
Ce projet a permis de calculer un score de soutenabilité environnementale pour la Nouvelle-Calédonie : de manière agrégée, le territoire a un score de 43 % de soutenabilité, représentant donc encore un écart de 57 % par rapport à un état soutenable. Ce projet a également permis de formuler des recommandations pour la pérennisation de l’indicateur sur le territoire et le développement de systèmes de données environnementales.
Il a donné lieu à la publication Vers une évaluation fiable de la soutenabilité environnementale des territoires (septembre 2021).
Enseignements
Malgré des données éparpillées et parcellaires, l’analyse révèle le mauvais état de la fonction de charge critique en pollution des écosystèmes en Nouvelle-Calédonie. Les émissions de gaz à effet de serre, les surfaces brûlées et la qualité des eaux de baignade ont notamment des trajectoires qui s’éloignent de l’objectif de bon état. Les fonctions liées aux ressources, la biodiversité et la santé humaine sont en revanche dans un état relativement soutenable. L’analyse ESGAP montre par exemple que les ressources halieutiques et la qualité de l’air extérieur ont atteint leurs objectifs de soutenabilité et peuvent être maintenues dans le temps. En pointant les manques, l'ESGAP peut initier une amélioration du pilotage du capital naturel.
Lire la tribune : Biodiversité : un nouvel indicateur pour mesurer l’écart entre l’état de la planète et les objectifs à atteindre
En outre, la mise en œuvre du ESGAP révèle le manque criant de données sur l’état de l’environnement dans les pays et territoires en développement. Des efforts concertés sur les cadres internationaux peuvent améliorer la qualité et la disponibilité des données environnementales. Les consultations autour du ESGAP révèlent également un manque de cadres réglementaires associés à des objectifs environnementaux et scientifiques quantifiés et temporalisés. Le cadre ESGAP permet néanmoins de synthétiser l’état du maintien du capital naturel et peut être utilisé pour la gestion de l’environnement, même avec un jeu partiel d’indicateurs.
Enfin, le projet a permis de tirer des enseignements pour la mise en œuvre de l'ESGAP dans d’autres pays, et d’établir des liens avec d’autres cadres globaux de suivi de la soutenabilité. Des projets pilotes ont également été menés au Vietnam et au Kenya.
Le rapport final est disponible sur le site de la Chaire et du WWF France.
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Oskar LECUYER
Chargé de recherche
Il existe plus de 500 banques publiques de développement (BPD) et institutions financières de développement (IFD) dans le monde. Réparties sur tous les continents, avec des tailles, des géographies et des thématiques d’intervention variables, leur utilité est de plus en plus reconnue par les universitaires et les responsables politiques. Mais alors qu’elles sont cruciales pour le financement, et donc la réalisation, des Objectifs de développement durable (ODD) leur rôle, leur fonctionnement et leur efficacité restent méconnus, notamment du fait d’un manque de données et de recherche à leur sujet.
Contexte
Parce qu’elles sont soutenues par les gouvernements, ont un mandat officiel pour porter des objectifs de politiques publiques, et cumulent entre elles 11 200 milliards de dollars d’actifs, les BPD représentent des leviers importants pour remédier aux défaillances du marché et promouvoir une économie équitable et durable, alignée sur les Objectifs de développement durable (ODD).
Malgré la renaissance mondiale qu’elles connaissent actuellement, la recherche universitaire sur ces institutions reste limitée. Ce programme de recherche vise à combler ce manque et mieux connaître ces institutions essentielles, avec l’ambition de réaliser le potentiel des banques publiques de développement pour atteindre les objectifs de développement durable.
Objectif
L’objectif de ce programme de recherche est de formuler des recommandations concrètes pour accroître le potentiel des BPD pour atteindre les ODD et soutenir les transformations structurelles vers une économie mondiale plus juste et plus durable.
Il se concentre sur trois actions principales :
Lancé dans le cadre du programme de recherche, l’International Research Initiative on Public Development Banks (PDBs) rassemble 28 chercheurs issus de 20 institutions à travers le monde. L'objectif est de créer une communauté internationale d'universitaires et experts réfléchissant aux questions de recherche suivantes : quels sont les avantages comparatifs des BPD dans le financement des ODD ? Ces institutions sont-elles efficaces pour atteindre les ODD ?
Le réseau est formé de cinq groupes de travail ouverts et thématiques, couvrant les défis clés identifiés par le programme de recherche :
- Définition des investissements compatibles avec les ODD
- Modèle économique des institutions de financement du développement
- Gouvernance
- Réglementation financière
- Architecture mondiale de la finance du développement.
Quelles sont les banques de financement de développement, quelles sont leurs caractéristiques et leur mandat ? Quels actifs mobilisent-elles et quel est leur poids dans le marché financier mondial ?
A partir de leurs rapports annuels, la base de données sur les banques publiques de développement constituée dans le cadre du programme de recherche établit, pour la première fois, une cartographie exhaustive des banques de développement du monde entier. Un travail d’analyse est en cours pour exploiter ces données et proposer une typologie de ces institutions.
En parallèle, l’AFD travaille sur deux algorithmes. Le premier vise à automatiser la recherche des données financières; le second, basé sur un algorithme créé en partenariat par l’AFD et le Lab de financement des ODD de l’OCDE, permettra de mettre en lumière la prise en compte des ODD par les banques de développement.
L’objectif de ce programme de recherche étant de formuler des recommandations concrètes à destination des décideurs, les résultats ont été partagés avec toutes les parties prenantes à l’occasion de la 14ème Conférence internationale de recherche de l’AFD sur le développement, La main visible : les banques de développement en transitions dans le cadre du sommet Finance en commun, premier sommet mondial des banques publiques de développement, en novembre 2020.
Les chercheurs impliqués dans le programme de recherche sont issus des institutions suivantes : National Scientific and Technical Research Council, Argentina (Argentine); Institute of New Structural Economics, Peking University (Chine); School of International and Public Affairs (SIPA), Columbia University (USA); Development Bank of Minas Gerais, BDMG (Brésil); Columbia University (UK); UNDESA (United Nations-Department of Economic and Social Affairs, USA); Institute of Development Studies (UK); LSE (UK); Ferdi - Fondation pour les Etudes et Recherches sur le Développement International (France); Overseas Development Institute (ODI Sales Ltd., UK); Boston University’s Frederick S. Pardee School of Global Studies (USA); Green Climate Fund (USA); Institute for Sustainable Development and International Relations (IDDRI, France); United Nations Conference on Trade and Development (Suisse); BNDES (O banco nacional do desenvolvimento/The Brazilian Development Bank, Brésil); Toulouse School of Economics (France); National School of Development, Peking University (Chine); Agence française de développement (AFD, France).
Résultats
Les travaux de recherche issus de ce programme, et présentés à l'occasion de la conférence de recherche de l'AFD de 2020, sont accessibles à tous et toutes. Chaque papier de recherche publié (en anglais uniquement) comporte également une synthèse en deux pages disponible en français, ainsi qu'une courte vidéo.
- 10 recommandations stratégiques à l’intention des décideurs concernant les banques publiques de développement, Stephany Griffith-Jones (iPD, Columbia University), Régis Marodon (AFD), Jiajun Xu (INSE, Peking University)
- Les banques de développement peuvent-elles relever le défi du développement durable ? Régis Marodon (Agence française de développement, AFD)
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- Risques de change et risque lié à la balance des paiements dans l’architecture mondiale du financement du développement, Alfredo Curutchet Schclarek (National Scientific and Technical Research Council, Argentina); Jiajun Xu (INSE)
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Visionner le pitch vidéo - L’architecture mondiale des banques de développement, José Antonio Ocampo (School of International and Public Affairs, SIPA, Columbia University)
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Visionner le pitch vidéo - Du global au local : Les banques infranationales de développement à l'ère des Objectifs de développement durable, Sergio Gusmão Suchodolski (Development Bank of Minas Gerais, BDMG); Adauto Modesto Junior (BDMG); Cinthia Helena de Oliveira Bechelaine (BDMG)
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- Mettre en adéquation les risques et les instruments dans les banques de développement, Stephany Griffith-Jones (Columbia University); Shari Spiegel (United Nations-Department of Economic and Social Affairs, UNDESA); Jiajun Xu (INSE); Marco Carreras (Institute of Development Studies, IDS); Natalya Naqvi (The London School of Economics and Political Science, LSE)
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Visionner le pitch vidéo - L’allocation des ressources des banques nationales de développement : répond-elle aux objectifs de développement ?, Laurent Wagner (Foundation for Studies and Research on International Development, FERDI)
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Visionner le pitch vidéo - Pour une banque de développement efficace : prêts ou garanties ?, Eduardo Fernández-Arias (Visiting Research Fellow, Peking University); Jiajun Xu (INSE)
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- Piloter et intensifier les transitions vers une énergie propre : le rôle des institutions financières de développement, Samantha Attridge (ODI); Jiajun Xu (Institute of New Structural Economics, Peking University, INSE); Kevin Gallagher (Boston University)
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Visionner le pitch vidéo - Changement climatique et cycles de projets des banques de développement, Harvey Himberg (Green Climate Fund); Kevin Gallagher (Boston University); Jiajun Xu (INSE)
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Visionner le pitch vidéo - Accélérer l'alignement des banques publiques de développement avec l'Agenda 2030 pour le développement durable, Maria Alejandra Riaño (Institute for Sustainable Development and International Relations, IDDRI); Jihane Boutaybi (IDDRI); Damien Barchiche (IDDRI); Sébastien Treyer (IDDRI)
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- Règlementation financière des banques nationales de développement, Ricardo Gottschalk (United Nations Conference on Trade and Development); Lavinia Barros (The Brazilian Development Bank, BNDES); Jiajun Xu (INSE)
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Visionner le pitch vidéo - Risques climatiques et règlementation financière prudentielle, Ulrich Hege (Toulouse School of Economics, TSE); Frédéric Cherbonnier (TSE)
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- Performances financières et gouvernance d'entreprise des banques nationales de développement en Afrique, Samantha Attridge (ODI)
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Visionner le pitch vidéo - Contrôles et équilibres, leadership politique et autonomie bureaucratique : Constats au sujet des banques nationales de développement, Tianyang Xi (National School of Development, Peking University, PKU); Jiajun Xu (INSE)
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- Identifier et classer les banques publiques de développement (BPD) et les institutions financières de développement (IFD), Jiajun Xu, Régis Marodon, Xinshun Ru
Visionner le pitch vidéo - Sources de financement des banques nationales de développement , Jiajun Xu, Kedi Wang, Xinshun Ru
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Contacts
- Jiajun Xu, vice-doyenne exécutive, Institut de la nouvelle économie structurelle (INSE), université de Pékin
- Stephany Griffith-Jones, directrice Marchés financiers à l'université de Columbia (Angleterre)
- Régis Marodon, conseiller spécial finance durable, Agence française de développement (AFD)
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Analyser les dilemmes de la transition agroécologique en Afrique à l’horizon 2050
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