Réalisée par la Chaire comptabilité écologique et en partenariat avec le WWF France, ce projet pilote a permis d’évaluer la soutenabilité environnementale de la Nouvelle-Calédonie. Il se base sur la mise en œuvre de la méthodologie ESGAP (Environmental Sustainability Gap), qui permet de mesurer l’écart entre l’état actuel et l’état soutenable de 23 fonctions environnementales essentielles et critiques, selon des principes de soutenabilité environnementale forte. Le rapport final est disponible sur le site de la Chaire et du WWF France.
Contexte
La Nouvelle-Calédonie est un territoire particulier en termes d’enjeux environnementaux. C’est un hotspot de biodiversité, qui renferme un fort endémisme. L’économie locale a un impact sur l’environnement, notamment les industries du secteur de la mine et la métallurgie. Les acteurs chargés de la mise en œuvre des politiques publiques de développement et de protection de l’environnement ont besoin de suivre l’état de l’environnement afin d’évaluer l’efficacité de leurs actions, prioriser des politiques et des mesures de gestion, et établir ainsi de manière objective leur contribution à la conservation de la biodiversité et du capital naturel.
L’ESGAP (Environmental Sustainability Gap) est un indicateur synthétique reposant sur un tableau de bord permettant de suivre l’état de l’environnement dans une perspective de durabilité forte, c’est-à-dire en adoptant des critères exigeants concernant la non-substituabilité du capital naturel par d’autres formes de capital (physique entre autre) dans un territoire ou un pays. Il permet de renseigner les évolutions de l’état fonctionnel de différentes composantes de l’environnement, en mettant l’accent sur les écarts qui existent entre ces évolutions et les objectifs de maintien ou d’atteinte du « bon état environnemental » pour chacune de ces composantes. L’ESGAP dans sa forme actuelle a été développé conceptuellement en se basant sur l’Union européenne comme cas d’étude.
Cette évaluation est réalisée par la Chaire Comptabilité Écologique, en partenariat avec le programme « Conserver le capital naturel » du WWF France.
Objectifs
Ce projet pilote de mise en œuvre du tableau de bord ESGAP en Nouvelle-Calédonie a pour objectif d’évaluer l’opérationnalité de cet outil dans des territoires où les données sur l’état de l’environnement, et les pressions qui s’exercent sur ce dernier, sont souvent parcellaires.
Le projet repose sur une première étude menée à l’échelle de l’Europe qui a abouti à la réalisation d’une méthodologie et d’un tableau de bord avec deux indicateurs : l'indice SES (Strong Environmental Sustainaibility Index) et l'indicateur de dynamique SESP (SES Progress).
L’objectif du projet pilote est d’enrichir et de mettre en œuvre l’ESGAP en Nouvelle-Calédonie, afin d’informer la décision publique et d’alimenter le plaidoyer pour l’utilisation de ce type d’outils.
Méthode
La méthodologie utilisée dans ce projet s'est fondée sur le travail de l’équipe de Paul Ekins au UCL Institute for Sustainable Resources, développé conceptuellement en prenant l’Union européenne comme cas d’étude. La méthode ESGAP prend en compte l’utilisation durable des ressources naturelles, la charge critique de pollution des écosystèmes, la biodiversité, la santé et le bien-être humain et identifie le niveau de soutenabilité du territoire pour maintenir le bon fonctionnement de ces quatre composantes. Elle a été adaptée au territoire calédonien, aux contraintes institutionnelles et aux particularités écologiques régionales.
Ce projet s'est appuyé sur un travail de terrain en Nouvelle-Calédonie. Une trentaine d’acteurs en charge de la gestion de l’environnement (incluant décideurs, gestionnaires, centres de recherche, associations, et secteur privé) ont été consultés de manière à :
- renseigner les fonctions environnementales décrites et les ajuster au contexte local ;
- définir les objectifs environnementaux à atteindre ou à maintenir, ainsi que les indicateurs qui y sont associés dans le contexte calédonien ;
- à collecter les données nécessaires à la construction des indicateurs.
Des analyses statistiques ont ensuite été réalisées pour développer les indicateurs composites du ESGAP à partir des bases de données produites.
Résultats
Ce projet a permis de calculer un score de soutenabilité environnementale pour la Nouvelle-Calédonie : de manière agrégée, le territoire a un score de 43 % de soutenabilité, représentant donc encore un écart de 57 % par rapport à un état soutenable. Ce projet a également permis de formuler des recommandations pour la pérennisation de l’indicateur sur le territoire et le développement de systèmes de données environnementales.
Il a donné lieu à la publication Vers une évaluation fiable de la soutenabilité environnementale des territoires (septembre 2021).
Enseignements
Malgré des données éparpillées et parcellaires, l’analyse révèle le mauvais état de la fonction de charge critique en pollution des écosystèmes en Nouvelle-Calédonie. Les émissions de gaz à effet de serre, les surfaces brûlées et la qualité des eaux de baignade ont notamment des trajectoires qui s’éloignent de l’objectif de bon état. Les fonctions liées aux ressources, la biodiversité et la santé humaine sont en revanche dans un état relativement soutenable. L’analyse ESGAP montre par exemple que les ressources halieutiques et la qualité de l’air extérieur ont atteint leurs objectifs de soutenabilité et peuvent être maintenues dans le temps. En pointant les manques, l'ESGAP peut initier une amélioration du pilotage du capital naturel.
Lire la tribune : Biodiversité : un nouvel indicateur pour mesurer l’écart entre l’état de la planète et les objectifs à atteindre
En outre, la mise en œuvre du ESGAP révèle le manque criant de données sur l’état de l’environnement dans les pays et territoires en développement. Des efforts concertés sur les cadres internationaux peuvent améliorer la qualité et la disponibilité des données environnementales. Les consultations autour du ESGAP révèlent également un manque de cadres réglementaires associés à des objectifs environnementaux et scientifiques quantifiés et temporalisés. Le cadre ESGAP permet néanmoins de synthétiser l’état du maintien du capital naturel et peut être utilisé pour la gestion de l’environnement, même avec un jeu partiel d’indicateurs.
Enfin, le projet a permis de tirer des enseignements pour la mise en œuvre de l'ESGAP dans d’autres pays, et d’établir des liens avec d’autres cadres globaux de suivi de la soutenabilité. Des projets pilotes ont également été menés au Vietnam et au Kenya.
Le rapport final est disponible sur le site de la Chaire et du WWF France.
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Contact
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Oskar LECUYER
Chargé de recherche
Il existe plus de 500 banques publiques de développement (BPD) et institutions financières de développement (IFD) dans le monde. Réparties sur tous les continents, avec des tailles, des géographies et des thématiques d’intervention variables, leur utilité est de plus en plus reconnue par les universitaires et les responsables politiques. Mais alors qu’elles sont cruciales pour le financement, et donc la réalisation, des Objectifs de développement durable (ODD) leur rôle, leur fonctionnement et leur efficacité restent méconnus, notamment du fait d’un manque de données et de recherche à leur sujet.
Contexte
Parce qu’elles sont soutenues par les gouvernements, ont un mandat officiel pour porter des objectifs de politiques publiques, et cumulent entre elles 11 200 milliards de dollars d’actifs, les BPD représentent des leviers importants pour remédier aux défaillances du marché et promouvoir une économie équitable et durable, alignée sur les Objectifs de développement durable (ODD).
Malgré la renaissance mondiale qu’elles connaissent actuellement, la recherche universitaire sur ces institutions reste limitée. Ce programme de recherche vise à combler ce manque et mieux connaître ces institutions essentielles, avec l’ambition de réaliser le potentiel des banques publiques de développement pour atteindre les objectifs de développement durable.
Objectif
L’objectif de ce programme de recherche est de formuler des recommandations concrètes pour accroître le potentiel des BPD pour atteindre les ODD et soutenir les transformations structurelles vers une économie mondiale plus juste et plus durable.
Il se concentre sur trois actions principales :
Lancé dans le cadre du programme de recherche, l’International Research Initiative on Public Development Banks (PDBs) rassemble 28 chercheurs issus de 20 institutions à travers le monde. L'objectif est de créer une communauté internationale d'universitaires et experts réfléchissant aux questions de recherche suivantes : quels sont les avantages comparatifs des BPD dans le financement des ODD ? Ces institutions sont-elles efficaces pour atteindre les ODD ?
Le réseau est formé de cinq groupes de travail ouverts et thématiques, couvrant les défis clés identifiés par le programme de recherche :
- Définition des investissements compatibles avec les ODD
- Modèle économique des institutions de financement du développement
- Gouvernance
- Réglementation financière
- Architecture mondiale de la finance du développement.
Quelles sont les banques de financement de développement, quelles sont leurs caractéristiques et leur mandat ? Quels actifs mobilisent-elles et quel est leur poids dans le marché financier mondial ?
A partir de leurs rapports annuels, la base de données sur les banques publiques de développement constituée dans le cadre du programme de recherche établit, pour la première fois, une cartographie exhaustive des banques de développement du monde entier. Un travail d’analyse est en cours pour exploiter ces données et proposer une typologie de ces institutions.
En parallèle, l’AFD travaille sur deux algorithmes. Le premier vise à automatiser la recherche des données financières; le second, basé sur un algorithme créé en partenariat par l’AFD et le Lab de financement des ODD de l’OCDE, permettra de mettre en lumière la prise en compte des ODD par les banques de développement.
L’objectif de ce programme de recherche étant de formuler des recommandations concrètes à destination des décideurs, les résultats ont été partagés avec toutes les parties prenantes à l’occasion de la 14ème Conférence internationale de recherche de l’AFD sur le développement, La main visible : les banques de développement en transitions dans le cadre du sommet Finance en commun, premier sommet mondial des banques publiques de développement, en novembre 2020.
Les chercheurs impliqués dans le programme de recherche sont issus des institutions suivantes : National Scientific and Technical Research Council, Argentina (Argentine); Institute of New Structural Economics, Peking University (Chine); School of International and Public Affairs (SIPA), Columbia University (USA); Development Bank of Minas Gerais, BDMG (Brésil); Columbia University (UK); UNDESA (United Nations-Department of Economic and Social Affairs, USA); Institute of Development Studies (UK); LSE (UK); Ferdi - Fondation pour les Etudes et Recherches sur le Développement International (France); Overseas Development Institute (ODI Sales Ltd., UK); Boston University’s Frederick S. Pardee School of Global Studies (USA); Green Climate Fund (USA); Institute for Sustainable Development and International Relations (IDDRI, France); United Nations Conference on Trade and Development (Suisse); BNDES (O banco nacional do desenvolvimento/The Brazilian Development Bank, Brésil); Toulouse School of Economics (France); National School of Development, Peking University (Chine); Agence française de développement (AFD, France).
Résultats
Les travaux de recherche issus de ce programme, et présentés à l'occasion de la conférence de recherche de l'AFD de 2020, sont accessibles à tous et toutes. Chaque papier de recherche publié (en anglais uniquement) comporte également une synthèse en deux pages disponible en français, ainsi qu'une courte vidéo.
- 10 recommandations stratégiques à l’intention des décideurs concernant les banques publiques de développement, Stephany Griffith-Jones (iPD, Columbia University), Régis Marodon (AFD), Jiajun Xu (INSE, Peking University)
- Les banques de développement peuvent-elles relever le défi du développement durable ? Régis Marodon (Agence française de développement, AFD)
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- Risques de change et risque lié à la balance des paiements dans l’architecture mondiale du financement du développement, Alfredo Curutchet Schclarek (National Scientific and Technical Research Council, Argentina); Jiajun Xu (INSE)
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Visionner le pitch vidéo - L’architecture mondiale des banques de développement, José Antonio Ocampo (School of International and Public Affairs, SIPA, Columbia University)
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Visionner le pitch vidéo - Du global au local : Les banques infranationales de développement à l'ère des Objectifs de développement durable, Sergio Gusmão Suchodolski (Development Bank of Minas Gerais, BDMG); Adauto Modesto Junior (BDMG); Cinthia Helena de Oliveira Bechelaine (BDMG)
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- Mettre en adéquation les risques et les instruments dans les banques de développement, Stephany Griffith-Jones (Columbia University); Shari Spiegel (United Nations-Department of Economic and Social Affairs, UNDESA); Jiajun Xu (INSE); Marco Carreras (Institute of Development Studies, IDS); Natalya Naqvi (The London School of Economics and Political Science, LSE)
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Visionner le pitch vidéo - L’allocation des ressources des banques nationales de développement : répond-elle aux objectifs de développement ?, Laurent Wagner (Foundation for Studies and Research on International Development, FERDI)
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Visionner le pitch vidéo - Pour une banque de développement efficace : prêts ou garanties ?, Eduardo Fernández-Arias (Visiting Research Fellow, Peking University); Jiajun Xu (INSE)
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- Piloter et intensifier les transitions vers une énergie propre : le rôle des institutions financières de développement, Samantha Attridge (ODI); Jiajun Xu (Institute of New Structural Economics, Peking University, INSE); Kevin Gallagher (Boston University)
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Visionner le pitch vidéo - Changement climatique et cycles de projets des banques de développement, Harvey Himberg (Green Climate Fund); Kevin Gallagher (Boston University); Jiajun Xu (INSE)
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Visionner le pitch vidéo - Accélérer l'alignement des banques publiques de développement avec l'Agenda 2030 pour le développement durable, Maria Alejandra Riaño (Institute for Sustainable Development and International Relations, IDDRI); Jihane Boutaybi (IDDRI); Damien Barchiche (IDDRI); Sébastien Treyer (IDDRI)
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- Règlementation financière des banques nationales de développement, Ricardo Gottschalk (United Nations Conference on Trade and Development); Lavinia Barros (The Brazilian Development Bank, BNDES); Jiajun Xu (INSE)
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Visionner le pitch vidéo - Risques climatiques et règlementation financière prudentielle, Ulrich Hege (Toulouse School of Economics, TSE); Frédéric Cherbonnier (TSE)
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- Performances financières et gouvernance d'entreprise des banques nationales de développement en Afrique, Samantha Attridge (ODI)
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Visionner le pitch vidéo - Contrôles et équilibres, leadership politique et autonomie bureaucratique : Constats au sujet des banques nationales de développement, Tianyang Xi (National School of Development, Peking University, PKU); Jiajun Xu (INSE)
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- Identifier et classer les banques publiques de développement (BPD) et les institutions financières de développement (IFD), Jiajun Xu, Régis Marodon, Xinshun Ru
Visionner le pitch vidéo - Sources de financement des banques nationales de développement , Jiajun Xu, Kedi Wang, Xinshun Ru
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Contacts
- Jiajun Xu, vice-doyenne exécutive, Institut de la nouvelle économie structurelle (INSE), université de Pékin
- Stephany Griffith-Jones, directrice Marchés financiers à l'université de Columbia (Angleterre)
- Régis Marodon, conseiller spécial finance durable, Agence française de développement (AFD)
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Mention légale UE (projet) L’évaluation CEQ est un outil analysant l’impact de la fiscalité et des dépenses sociales sur les inégalités et la pauvreté et qui permet aux gouvernements d’évaluer l’impact redistributif et de réduction de la pauvreté de leur politique fiscale. Lors de la première phase du projet (2018-2020), l’Agence française de développement (AFD) et le Global Development Network (GDN), en partenariat avec le Commitment to Equity Institute (CEQ) et des universités et collectivités locales, ont mis en œuvre l’évaluation CEQ dans quatre pays africains : le Maroc, l’Afrique du Sud, le Cameroun et le Kenya.
Afin de documenter sa planification quinquennale, le Sénégal a sollicité l’appui de l’AFD et du GDN pour étudier l’impact de scénarios de réformes fiscales et sociales. Une seconde phase du projet, centrée sur le Sénégal mais aussi sur les questions méthodologiques, se déroule ainsi sur la période 2023-2024.
Contexte
Au cours de la première phase du projet, le Maroc, l’Afrique du Sud, le Cameroun et le Kenya ont été sélectionnés pour participer à un programme de recherche, d’analyse et de recommandations politiques qui a permis d’élargir considérablement la base de connaissances pour la mise en place de politiques fiscales de redistribution efficaces et garantes de protection pour les foyers pauvres et vulnérables. Le programme a aussi permis à ces pays d’apprendre des expériences des autres et, dans certains cas, de dupliquer les initiatives réussies. Le programme de travail imaginé par le partenariat AFD-CEQ Institute a également permis de promouvoir le partage de compétences et le renforcement des capacités entre les pays.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par l'Union européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
La seconde phase de ce projet se concentre, entre autres, sur le Sénégal, pays qui est confronté à plusieurs enjeux d’importance, parfois contradictoires, susceptibles de modifier durablement le contrat social et la redistribution du revenu national, tels que :
- la mise en exploitation de gisements de gaz et de pétrole (et la perception des recettes fiscales afférentes),
- la conduite d’un partenariat pour une transition énergétique juste (Just Energy Transition Partnership - JETP) qui appelle parallèlement à la décarbonation de la croissance,
- l’extension souhaitée des dispositifs de protection sociale (santé, retraite) accompagnant une transition démographique encore en cours,
- le démantèlement des subventions énergétiques permettant de financer davantage d’infrastructures et de développer des subventions mieux ciblées pour les ménages pauvres.
La définition de politiques réduisant les inégalités rencontre une forte demande sociale, mais cela dans un contexte d’instabilité régionale, de multiplication des conflits, d’inflation mondiale et d’urgence climatique. Cette analyse sera menée en partenariat avec la Direction générale de la planification et des politiques économiques (DGPPE) du ministère de la Planification du Sénégal et la Banque mondiale.
Objectifs
L’élaboration des évaluations CEQ, qui sont la pièce maîtresse du partenariat AFD-CEQ Institute, permet d’atteindre simultanément deux objectifs majeurs :
- La mise en œuvre des évaluations CEQ constitue une base de données empiriques (pays par pays) de l’impact des politiques fiscales de redistribution et de réduction de la pauvreté, à la fois de manière générale et spécifique (éléments fiscaux tels que les revenus ou les dépenses).
- L’application des évaluations CEQ avec les équipes de recherche locales favorise en outre le transfert de savoirs et de compétences entre les chercheurs et les acteurs politiques, qui bénéficient ainsi de ces informations.
Le partenariat AFD-CEQ Institute permet ainsi de créer l’infrastructure humaine nécessaire aux analyses d’incidence fiscale, notamment des simulations de politiques, et ce, de manière durable.
Dans le cadre de la seconde phase du projet, l’objectif est pour les partenaires sénégalais de maîtriser l’outil CEQ d’analyse d’incidence fiscale et d’étudier une série de réformes pro-pauvres pour réduire les inégalités sociales et/ou régionales. Le livrable attendu est un rapport chiffrant les impacts de 5 axes de réforme (coût, effets, financement).
Méthode
L’évaluation CEQ est une analyse exhaustive et rigoureuse des taxes et transferts sociaux qui permet un engagement actif avec les décideurs politiques. Elle vise à répondre aux quatre questions suivantes :
- Dans quelle mesure la politique fiscale permet-elle de redistribuer les revenus et de réduire la pauvreté ?
- Dans quelle mesure les dépenses gouvernementales et les taxes spécifiques sont-elles axées sur l’égalité et bénéficient-elles aux plus pauvres ?
- Les taxes et les dépenses gouvernementales sont-elles efficaces dans la réduction des inégalités et de la pauvreté ?
- Quel est l’impact des réformes fiscales modifiant l’assiette et/ou la progressivité d’une taxe ou compensation spécifique ?
Afin de répondre à ces questions, des experts du CEQ Institute se sont associés à des chercheurs de l’AFD et à des équipes de chercheurs locaux pour appliquer la méthodologie CEQ au Maroc, en Afrique du Sud, au Cameroun et au Kenya. L’objectif de la seconde phase de ce projet est désormais d’appliquer cette méthodologie au Sénégal.
À terme, l’objectif est de généraliser l’utilisation des évaluations CEQ en :
- Etablissant des partenariats et des forums avec les acteurs politiques ;
- Diffusant les résultats de la recherche au moyen d’un programme actif de sensibilisation et de communication mis en place avec des partenaires importants au sein des communautés de recherche, de philanthropie et des activistes sociaux.
Résultats
Vous trouverez ci-dessous les différentes publications liées à ce projet de recherche.
Rapports d’analyse d’incidence fiscale :
- Fiscal incidence, inequality and poverty in Kenya: a CEQ assessment (en anglais)
- The impact of taxes and transfers on poverty and income distribution in South Africa 2014/2015 (en anglais)
- Les effets de la politique budgétaire sur la pauvreté et les inégalités au Maroc
Policy briefs (en anglais) :
- Fiscal Incidence and Public Spending: Public Policy Scenarios for Colombia (janvier 2024, en anglais)
- Distributional Impact of Fiscal Policies: A Survey of Methodological Approaches (octobre 2024, en anglais)
- Analyse de l’incidence de la fiscalité et des dépenses sociales sur la pauvreté et les inégalités au Sénégal (janvier 2025)
Contacts
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Anda DAVID
Économiste, coordinatrice scientifique de la Facilité UE-AFD sur les inégalités
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Au Vietnam, l’un des pays les plus vulnérables au dérèglement climatique, l’AFD mène un projet de recherche, GEMMES Vietnam, visant à évaluer les impacts socio-économiques du changement climatique sur le pays et les stratégies d’adaptation pour y faire face.
Contexte
Avec plus de 3200 km de côtes, le Vietnam est l’un des pays parmi les plus vulnérables aux conséquences du changement climatique. Selon le scénario d’une montée des eaux d’un mètre, 5 % des terres du pays pourraient disparaître, en particulier dans le delta du Mékong, menaçant la sécurité alimentaire et économique du pays. L’augmentation des températures, conduisant à des sécheresses accrues, à une intensification des typhons et les phénomènes plus complexes d’érosions fluviale et côtière comme de subsidence sont aussi le sujet de fortes inquiétudes.
Le gouvernement vietnamien a ainsi placé l’adaptation au changement climatique au cœur de sa stratégie, notamment dans la région du delta du Mékong, mais aussi au travers du plan national d’adaptation, de ses plans stratégiques d’investissement à cinq et à dix ans, et enfin dans le cadre du rapport biannuel sur ses contributions nationales (NDC).
Objectif
Avec GEMMES Vietnam, le gouvernement vietnamien et l’AFD ont décidé de mener une étude intégrée jusqu’à l’horizon 2050 des différents impacts socio-économiques du changement climatique et des stratégies d’adaptation possiblement mises en œuvre au Vietnam. Les réponses à des scénarios d’augmentation globale de température de 1,5°C, 2°C et 3°C correspondant à différents scénarios de changement climatique global (ou de transition bas carbone) seront analysées. Les stratégies d’adaptation analysées seront mises en regards des bénéfices des efforts d’atténuation du pays. Le projet répond à une demande du Comité national sur les changements climatiques (NCCC) vietnamien.
Résultats
- Accompagnement du Vietnam sur la construction d’une trajectoire de développement résiliente aux impacts du changement climatique en particulier sur le long terme (horizon 2050)
- Renforcement de capacités dans le domaine de la recherche et animation d’un réseau de chercheurs franco-vietnamiens (thèses, post-docs, séminaires et formations)
- Alimentation du dialogue de politiques publiques avec le gouvernement vietnamien aux niveaux ministériel et local (stratégie d’adaptation, plan Mekong)
- Sensibilisation du grand public aux impacts du changement climatique
Contact :
- Gaëlle Le Treut, chargée de recherche à l'AFD
- Marie-Noëlle Woillez, chargée de recherche à l'AFD