Il existe plus de 500 banques publiques de développement (BPD) et institutions financières de développement (IFD) dans le monde. Réparties sur tous les continents, avec des tailles, des géographies et des thématiques d’intervention variables, leur utilité est de plus en plus reconnue par les universitaires et les responsables politiques. Mais alors qu’elles sont cruciales pour le financement, et donc la réalisation, des Objectifs de développement durable (ODD) leur rôle, leur fonctionnement et leur efficacité restent méconnus, notamment du fait d’un manque de données et de recherche à leur sujet.
Contexte
Parce qu’elles sont soutenues par les gouvernements, ont un mandat officiel pour porter des objectifs de politiques publiques, et cumulent entre elles 11 200 milliards de dollars d’actifs, les BPD représentent des leviers importants pour remédier aux défaillances du marché et promouvoir une économie équitable et durable, alignée sur les Objectifs de développement durable (ODD).
Malgré la renaissance mondiale qu’elles connaissent actuellement, la recherche universitaire sur ces institutions reste limitée. Ce programme de recherche vise à combler ce manque et mieux connaître ces institutions essentielles, avec l’ambition de réaliser le potentiel des banques publiques de développement pour atteindre les objectifs de développement durable.
Objectif
L’objectif de ce programme de recherche est de formuler des recommandations concrètes pour accroître le potentiel des BPD pour atteindre les ODD et soutenir les transformations structurelles vers une économie mondiale plus juste et plus durable.
Il se concentre sur trois actions principales :
Lancé dans le cadre du programme de recherche, l’International Research Initiative on Public Development Banks (PDBs) rassemble 28 chercheurs issus de 20 institutions à travers le monde. L'objectif est de créer une communauté internationale d'universitaires et experts réfléchissant aux questions de recherche suivantes : quels sont les avantages comparatifs des BPD dans le financement des ODD ? Ces institutions sont-elles efficaces pour atteindre les ODD ?
Le réseau est formé de cinq groupes de travail ouverts et thématiques, couvrant les défis clés identifiés par le programme de recherche :
- Définition des investissements compatibles avec les ODD
- Modèle économique des institutions de financement du développement
- Gouvernance
- Réglementation financière
- Architecture mondiale de la finance du développement.
Quelles sont les banques de financement de développement, quelles sont leurs caractéristiques et leur mandat ? Quels actifs mobilisent-elles et quel est leur poids dans le marché financier mondial ?
A partir de leurs rapports annuels, la base de données sur les banques publiques de développement constituée dans le cadre du programme de recherche établit, pour la première fois, une cartographie exhaustive des banques de développement du monde entier. Un travail d’analyse est en cours pour exploiter ces données et proposer une typologie de ces institutions.
En parallèle, l’AFD travaille sur deux algorithmes. Le premier vise à automatiser la recherche des données financières; le second, basé sur un algorithme créé en partenariat par l’AFD et le Lab de financement des ODD de l’OCDE, permettra de mettre en lumière la prise en compte des ODD par les banques de développement.
L’objectif de ce programme de recherche étant de formuler des recommandations concrètes à destination des décideurs, les résultats ont été partagés avec toutes les parties prenantes à l’occasion de la 14ème Conférence internationale de recherche de l’AFD sur le développement, La main visible : les banques de développement en transitions dans le cadre du sommet Finance en commun, premier sommet mondial des banques publiques de développement, en novembre 2020.
Les chercheurs impliqués dans le programme de recherche sont issus des institutions suivantes : National Scientific and Technical Research Council, Argentina (Argentine); Institute of New Structural Economics, Peking University (Chine); School of International and Public Affairs (SIPA), Columbia University (USA); Development Bank of Minas Gerais, BDMG (Brésil); Columbia University (UK); UNDESA (United Nations-Department of Economic and Social Affairs, USA); Institute of Development Studies (UK); LSE (UK); Ferdi - Fondation pour les Etudes et Recherches sur le Développement International (France); Overseas Development Institute (ODI Sales Ltd., UK); Boston University’s Frederick S. Pardee School of Global Studies (USA); Green Climate Fund (USA); Institute for Sustainable Development and International Relations (IDDRI, France); United Nations Conference on Trade and Development (Suisse); BNDES (O banco nacional do desenvolvimento/The Brazilian Development Bank, Brésil); Toulouse School of Economics (France); National School of Development, Peking University (Chine); Agence française de développement (AFD, France).
Résultats
Les travaux de recherche issus de ce programme, et présentés à l'occasion de la conférence de recherche de l'AFD de 2020, sont accessibles à tous et toutes. Chaque papier de recherche publié (en anglais uniquement) comporte également une synthèse en deux pages disponible en français, ainsi qu'une courte vidéo.
- 10 recommandations stratégiques à l’intention des décideurs concernant les banques publiques de développement, Stephany Griffith-Jones (iPD, Columbia University), Régis Marodon (AFD), Jiajun Xu (INSE, Peking University)
- Les banques de développement peuvent-elles relever le défi du développement durable ? Régis Marodon (Agence française de développement, AFD)
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- Risques de change et risque lié à la balance des paiements dans l’architecture mondiale du financement du développement, Alfredo Curutchet Schclarek (National Scientific and Technical Research Council, Argentina); Jiajun Xu (INSE)
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Visionner le pitch vidéo - L’architecture mondiale des banques de développement, José Antonio Ocampo (School of International and Public Affairs, SIPA, Columbia University)
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Visionner le pitch vidéo - Du global au local : Les banques infranationales de développement à l'ère des Objectifs de développement durable, Sergio Gusmão Suchodolski (Development Bank of Minas Gerais, BDMG); Adauto Modesto Junior (BDMG); Cinthia Helena de Oliveira Bechelaine (BDMG)
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- Mettre en adéquation les risques et les instruments dans les banques de développement, Stephany Griffith-Jones (Columbia University); Shari Spiegel (United Nations-Department of Economic and Social Affairs, UNDESA); Jiajun Xu (INSE); Marco Carreras (Institute of Development Studies, IDS); Natalya Naqvi (The London School of Economics and Political Science, LSE)
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Visionner le pitch vidéo - L’allocation des ressources des banques nationales de développement : répond-elle aux objectifs de développement ?, Laurent Wagner (Foundation for Studies and Research on International Development, FERDI)
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Visionner le pitch vidéo - Pour une banque de développement efficace : prêts ou garanties ?, Eduardo Fernández-Arias (Visiting Research Fellow, Peking University); Jiajun Xu (INSE)
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- Piloter et intensifier les transitions vers une énergie propre : le rôle des institutions financières de développement, Samantha Attridge (ODI); Jiajun Xu (Institute of New Structural Economics, Peking University, INSE); Kevin Gallagher (Boston University)
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Visionner le pitch vidéo - Changement climatique et cycles de projets des banques de développement, Harvey Himberg (Green Climate Fund); Kevin Gallagher (Boston University); Jiajun Xu (INSE)
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Visionner le pitch vidéo - Accélérer l'alignement des banques publiques de développement avec l'Agenda 2030 pour le développement durable, Maria Alejandra Riaño (Institute for Sustainable Development and International Relations, IDDRI); Jihane Boutaybi (IDDRI); Damien Barchiche (IDDRI); Sébastien Treyer (IDDRI)
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- Règlementation financière des banques nationales de développement, Ricardo Gottschalk (United Nations Conference on Trade and Development); Lavinia Barros (The Brazilian Development Bank, BNDES); Jiajun Xu (INSE)
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Visionner le pitch vidéo - Risques climatiques et règlementation financière prudentielle, Ulrich Hege (Toulouse School of Economics, TSE); Frédéric Cherbonnier (TSE)
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- Performances financières et gouvernance d'entreprise des banques nationales de développement en Afrique, Samantha Attridge (ODI)
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Visionner le pitch vidéo - Contrôles et équilibres, leadership politique et autonomie bureaucratique : Constats au sujet des banques nationales de développement, Tianyang Xi (National School of Development, Peking University, PKU); Jiajun Xu (INSE)
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- Identifier et classer les banques publiques de développement (BPD) et les institutions financières de développement (IFD), Jiajun Xu, Régis Marodon, Xinshun Ru
Visionner le pitch vidéo - Sources de financement des banques nationales de développement , Jiajun Xu, Kedi Wang, Xinshun Ru
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Contacts
- Jiajun Xu, vice-doyenne exécutive, Institut de la nouvelle économie structurelle (INSE), université de Pékin
- Stephany Griffith-Jones, directrice Marchés financiers à l'université de Columbia (Angleterre)
- Régis Marodon, conseiller spécial finance durable, Agence française de développement (AFD)
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ESTEEM Rwanda : mieux comprendre les risques climatiques pour protéger l’économie
En cours
2025 - 2026
Mention légale UE (projet) L’évaluation CEQ est un outil analysant l’impact de la fiscalité et des dépenses sociales sur les inégalités et la pauvreté et qui permet aux gouvernements d’évaluer l’impact redistributif et de réduction de la pauvreté de leur politique fiscale. Lors de la première phase du projet (2018-2020), l’Agence française de développement (AFD) et le Global Development Network (GDN), en partenariat avec le Commitment to Equity Institute (CEQ) et des universités et collectivités locales, ont mis en œuvre l’évaluation CEQ dans quatre pays africains : le Maroc, l’Afrique du Sud, le Cameroun et le Kenya.
Afin de documenter sa planification quinquennale, le Sénégal a sollicité l’appui de l’AFD et du GDN pour étudier l’impact de scénarios de réformes fiscales et sociales. Une seconde phase du projet, centrée sur le Sénégal mais aussi sur les questions méthodologiques, se déroule ainsi sur la période 2023-2024.
Contexte
Au cours de la première phase du projet, le Maroc, l’Afrique du Sud, le Cameroun et le Kenya ont été sélectionnés pour participer à un programme de recherche, d’analyse et de recommandations politiques qui a permis d’élargir considérablement la base de connaissances pour la mise en place de politiques fiscales de redistribution efficaces et garantes de protection pour les foyers pauvres et vulnérables. Le programme a aussi permis à ces pays d’apprendre des expériences des autres et, dans certains cas, de dupliquer les initiatives réussies. Le programme de travail imaginé par le partenariat AFD-CEQ Institute a également permis de promouvoir le partage de compétences et le renforcement des capacités entre les pays.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par l'Union européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
La seconde phase de ce projet se concentre, entre autres, sur le Sénégal, pays qui est confronté à plusieurs enjeux d’importance, parfois contradictoires, susceptibles de modifier durablement le contrat social et la redistribution du revenu national, tels que :
- la mise en exploitation de gisements de gaz et de pétrole (et la perception des recettes fiscales afférentes),
- la conduite d’un partenariat pour une transition énergétique juste (Just Energy Transition Partnership - JETP) qui appelle parallèlement à la décarbonation de la croissance,
- l’extension souhaitée des dispositifs de protection sociale (santé, retraite) accompagnant une transition démographique encore en cours,
- le démantèlement des subventions énergétiques permettant de financer davantage d’infrastructures et de développer des subventions mieux ciblées pour les ménages pauvres.
La définition de politiques réduisant les inégalités rencontre une forte demande sociale, mais cela dans un contexte d’instabilité régionale, de multiplication des conflits, d’inflation mondiale et d’urgence climatique. Cette analyse sera menée en partenariat avec la Direction générale de la planification et des politiques économiques (DGPPE) du ministère de la Planification du Sénégal et la Banque mondiale.
Objectifs
L’élaboration des évaluations CEQ, qui sont la pièce maîtresse du partenariat AFD-CEQ Institute, permet d’atteindre simultanément deux objectifs majeurs :
- La mise en œuvre des évaluations CEQ constitue une base de données empiriques (pays par pays) de l’impact des politiques fiscales de redistribution et de réduction de la pauvreté, à la fois de manière générale et spécifique (éléments fiscaux tels que les revenus ou les dépenses).
- L’application des évaluations CEQ avec les équipes de recherche locales favorise en outre le transfert de savoirs et de compétences entre les chercheurs et les acteurs politiques, qui bénéficient ainsi de ces informations.
Le partenariat AFD-CEQ Institute permet ainsi de créer l’infrastructure humaine nécessaire aux analyses d’incidence fiscale, notamment des simulations de politiques, et ce, de manière durable.
Dans le cadre de la seconde phase du projet, l’objectif est pour les partenaires sénégalais de maîtriser l’outil CEQ d’analyse d’incidence fiscale et d’étudier une série de réformes pro-pauvres pour réduire les inégalités sociales et/ou régionales. Le livrable attendu est un rapport chiffrant les impacts de 5 axes de réforme (coût, effets, financement).
Méthode
L’évaluation CEQ est une analyse exhaustive et rigoureuse des taxes et transferts sociaux qui permet un engagement actif avec les décideurs politiques. Elle vise à répondre aux quatre questions suivantes :
- Dans quelle mesure la politique fiscale permet-elle de redistribuer les revenus et de réduire la pauvreté ?
- Dans quelle mesure les dépenses gouvernementales et les taxes spécifiques sont-elles axées sur l’égalité et bénéficient-elles aux plus pauvres ?
- Les taxes et les dépenses gouvernementales sont-elles efficaces dans la réduction des inégalités et de la pauvreté ?
- Quel est l’impact des réformes fiscales modifiant l’assiette et/ou la progressivité d’une taxe ou compensation spécifique ?
Afin de répondre à ces questions, des experts du CEQ Institute se sont associés à des chercheurs de l’AFD et à des équipes de chercheurs locaux pour appliquer la méthodologie CEQ au Maroc, en Afrique du Sud, au Cameroun et au Kenya. L’objectif de la seconde phase de ce projet est désormais d’appliquer cette méthodologie au Sénégal.
À terme, l’objectif est de généraliser l’utilisation des évaluations CEQ en :
- Etablissant des partenariats et des forums avec les acteurs politiques ;
- Diffusant les résultats de la recherche au moyen d’un programme actif de sensibilisation et de communication mis en place avec des partenaires importants au sein des communautés de recherche, de philanthropie et des activistes sociaux.
Résultats
Vous trouverez ci-dessous les différentes publications liées à ce projet de recherche.
Rapports d’analyse d’incidence fiscale :
- Fiscal incidence, inequality and poverty in Kenya: a CEQ assessment (en anglais)
- The impact of taxes and transfers on poverty and income distribution in South Africa 2014/2015 (en anglais)
- Les effets de la politique budgétaire sur la pauvreté et les inégalités au Maroc
Policy briefs (en anglais) :
- Fiscal Incidence and Public Spending: Public Policy Scenarios for Colombia (janvier 2024, en anglais)
- Distributional Impact of Fiscal Policies: A Survey of Methodological Approaches (octobre 2024, en anglais)
- Analyse de l’incidence de la fiscalité et des dépenses sociales sur la pauvreté et les inégalités au Sénégal (janvier 2025)
Contacts
-
Anda DAVID
Économiste, coordinatrice scientifique de la Facilité UE-AFD sur les inégalités
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Au Vietnam, l’un des pays les plus vulnérables au dérèglement climatique, l’AFD mène un projet de recherche, GEMMES Vietnam, visant à évaluer les impacts socio-économiques du changement climatique sur le pays et les stratégies d’adaptation pour y faire face.
Contexte
Avec plus de 3200 km de côtes, le Vietnam est l’un des pays parmi les plus vulnérables aux conséquences du changement climatique. Selon le scénario d’une montée des eaux d’un mètre, 5 % des terres du pays pourraient disparaître, en particulier dans le delta du Mékong, menaçant la sécurité alimentaire et économique du pays. L’augmentation des températures, conduisant à des sécheresses accrues, à une intensification des typhons et les phénomènes plus complexes d’érosions fluviale et côtière comme de subsidence sont aussi le sujet de fortes inquiétudes.
Le gouvernement vietnamien a ainsi placé l’adaptation au changement climatique au cœur de sa stratégie, notamment dans la région du delta du Mékong, mais aussi au travers du plan national d’adaptation, de ses plans stratégiques d’investissement à cinq et à dix ans, et enfin dans le cadre du rapport biannuel sur ses contributions nationales (NDC).
Objectif
Avec GEMMES Vietnam, le gouvernement vietnamien et l’AFD ont décidé de mener une étude intégrée jusqu’à l’horizon 2050 des différents impacts socio-économiques du changement climatique et des stratégies d’adaptation possiblement mises en œuvre au Vietnam. Les réponses à des scénarios d’augmentation globale de température de 1,5°C, 2°C et 3°C correspondant à différents scénarios de changement climatique global (ou de transition bas carbone) seront analysées. Les stratégies d’adaptation analysées seront mises en regards des bénéfices des efforts d’atténuation du pays. Le projet répond à une demande du Comité national sur les changements climatiques (NCCC) vietnamien.
Résultats
- Accompagnement du Vietnam sur la construction d’une trajectoire de développement résiliente aux impacts du changement climatique en particulier sur le long terme (horizon 2050)
- Renforcement de capacités dans le domaine de la recherche et animation d’un réseau de chercheurs franco-vietnamiens (thèses, post-docs, séminaires et formations)
- Alimentation du dialogue de politiques publiques avec le gouvernement vietnamien aux niveaux ministériel et local (stratégie d’adaptation, plan Mekong)
- Sensibilisation du grand public aux impacts du changement climatique
Contact :
- Gaëlle Le Treut, chargée de recherche à l'AFD
- Marie-Noëlle Woillez, chargée de recherche à l'AFD
Mention légale UE (projet) Les inégalités sont devenues le défi social de cette décennie. Du point de vue empirique, une série de travaux influents réalisés à partir des données internationales disponibles suggèrent que les inégalités mondiales ont chuté ces 25 dernières années. Cette tendance encourageante semble cependant avoir été entraînée par la convergence des PIB par habitant de différents pays et par le déclin subséquent des inégalités entre les pays. Jusqu’en 2000, le niveau moyen des inégalités au sein des nations était constant, mais a commencé à augmenter par la suite.
Contexte
Le tableau en Afrique est complexe, et souvent obscurci par des problèmes de données non fiables et non comparables, tant en termes d’époques que de pays. L’analyse de données relatives à l’Afrique la plus approfondie montre que les inégalités y sont très élevées en termes monétaires. Il s’agit du continent le plus inégal, mais il existe toutefois d’énormes variations dans l’ampleur, l’évolution et le caractère de ces inégalités.
Cela implique un double risque. L’Afrique doit s’assurer qu’elle est incluse dans les mesures internationales et aussi que les spécificités de ses sociétés sont prises en compte dans l’analyse à la fois des facteurs causant les inégalités et des inégalités subséquentes. C’est cette analyse qui servira de base pour que les interventions politiques et l’action de la société civile inversent la tendance. Il est par conséquent catastrophique de ne pas parvenir à mesurer et à comprendre les réalités de chaque contexte. Le Centre d’excellence abordera à la fois les défis liés à l’analyse et à la mesure des inégalités grâce au développement d’outils de diagnostic et au renforcement des capacités.
Ce projet s’inscrivait initialement dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par la direction générale des Partenariats Internationaux de la Commission européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
Suite à la réussite de ce premier projet :
- Une cinquième analyse des inégalités a été lancée au Mozambique sur la période 2022-2024 ;
- Un projet de recherche visant à élargir et mettre à jour le manuel, en intégrant des méthodologies d’évaluation des vulnérabilités liées aux changements climatiques et aux transitions écologiques, a également été lancé sur la période 2024-2025.
Objectif
L’objectif premier de ce projet de recherche est de faire avancer l’analyse des inégalités africaines et la discussion politique sur les stratégies pour éliminer les inégalités en Afrique grâce à une série d’engagements nationaux. La structure et la dynamique du projet découle du développement d’un outil de diagnostic qui sera mis en place dans un nombre limité de pays pilotes. Cet outil de diagnostic consistera en une analyse en profondeur des différentes inégalités dans un pays donné. Il permettra au gouvernement d’identifier les priorités et les options de politiques à mettre en place afin de les réduire.
Pour élaborer l’outil de diagnostic, un guide a été rédigé pour établir une base commune permettant une comparaison par pays : un manuel a ainsi été élaboré par le centre de recherche ACEIR afin d'assurer un certain degré de comparabilité entre toutes les études nationales et de soutenir les chercheurs et les statisticiens dans la réalisation des diagnostics des inégalités. Et pour étendre son usage et améliorer la transparence, il sera appuyé par une plateforme centrale de données et des centres de données, fiables et vérifiées, dans chaque pays partenaire, ce qui facilitera une meilleure analyse des inégalités.
Méthode
L’outil de diagnostic s’appuiera sur trois piliers :
- Un examen conceptuel et empirique des études sur les inégalités en Afrique, ce qui permettra d’avoir une base de référence pour le développement de futurs projets et de mieux comprendre les spécificités des inégalités en Afrique et leur ampleur ;
- Un guide qui contiendra le cadre proposé pour le diagnostic des inégalités du pays en question, les questions de méthodologies autour de la mesure des inégalités et de leur analyse et les questions importantes liées aux politiques concernées ;
- Une aide à la mise en place du diagnostic du pays, en collaboration avec les équipes de chercheurs locales des pays pilotes, et la création d’une plateforme de données.
Résultats
En pratique, le diagnostic prend la forme d’un rapport qui donnera un aperçu des inégalités au sein d’un pays, au travers de toutes les dimensions pertinentes et pour une période donnée. Par ailleurs, il résume les principales politiques adoptées qui devraient avoir un impact sur les inégalités. Chaque pays utilisera son diagnostic comme une plateforme pour :
- s’engager politiquement sur des stratégies pour éliminer les inégalités ;
- stimuler un dialogue national et une recherche nationale sur les inégalités ;
- mener la discussion au niveau national grâce à des recherches approfondies et à impact élevé.
- Le manuel sur la mesure des inégalités : afin d'assurer un certain degré de comparabilité entre toutes les études nationales et de soutenir les chercheurs et les statisticiens dans la réalisation des diagnostics d'inégalité, un manuel (disponible en anglais) a été élaboré par ACEIR et publié en 2020. Dans la version mise à jour du manuel, un nouveau chapitre traite les inégalités liées au changement climatique et aux facteurs environnementaux.
- Un papier de recherche sur les inégalités en Afrique subsaharienne, qui vise à promouvoir une meilleure analyse et une meilleure prise de décision politique dans la lutte contre les inégalités en Afrique : Inequality in Sub-saharan Africa : a review paper
- Le diagnostic des inégalités en Afrique du Sud, réalisé par l’Institut national de la statistique en Afrique du Sud (Statistics South Africa) en partenariat avec le Southern Africa Labour and Development Research Unit (SALDRU), l’African Centre of Excellence for Inequalities Research (ACEIR) dans le cadre de la Facilité UE-AFD : Inequality trends in South Africa : a multidimensional diagnostic of inequality
Ce rapport a été présenté lors d’un atelier impliquant tous les acteurs travaillant à la réduction des inégalités (11 février 2020, Cape Town), à l’occasion du 30e anniversaire de la libération de Nelson Mandela. La synthèse est disponible en anglais : Stakeholder engagement on inequality trends in South Africa.
- Le diagnostic des inégalités au Ghana, réalisé par l'ISSER et l'Université du Ghana en partenariat avec ACEIR dans le cadre de la Facilité UE-AFD : Inequality Diagnostics for Ghana
- Le diagnostic des inégalités au Kenya, réalisé par l'Université de Nairobi en partenariat avec ACEIR dans le cadre de la Facilité UE-AFD : Inequality Diagnostics for Kenya
- Une analyse détaillée des inégalités en Côte d'Ivoire : Etat des lieux des inégalités en Côte d'Ivoire
Plusieurs études ont été réalisées dans le cadre de la phase 2 :
- L'étude des inégalités sociales au Mozambique, réalisée par l'Instituto de Estudos Sociais e Económicos (IESE) et l'Université du Cap en partenariat avec l'African Centre of Excellence for Inequalities Research (ACEIR)
- Le diagnostic multidimensionnel des inégalités en Colombie, en collaboration avec Fedesarrollo et le DANE
- Le diagnostic multidimensionnel des inégalités en Indonésie, en collaboration avec LPEM et BPS-Statistics.
Le projet de recherche a également débouché sur :
- Un papier de recherche sur les liens entre inégalités, changement climatique et transition écologique dans les pays à revenu faible et intermédiaire : Inequality and Climate Change Measuring Interlinkages to Inform Equitable Climate Policy (en anglais)
- Une édition mise à jour du manuel (handbook) intégrant des indicateurs de l’impact du changement climatique sur les inégalités.
Contacts
- Anda David, chargée de recherche, AFD
- Rawane Yasser, chargée de recherche junior, AFD
Les outils mobilisés dans le cadre de la Facilité de recherche sur les inégalités
Mention légale UE (projet) Au Burkina Faso, malgré la croissance économique qui a été relativement forte tout au long des dix dernières années (plus de 5% en moyenne), une frange non négligeable de la population burkinabè vit en dessous du seuil de pauvreté (40% en 2014). Un tel niveau d’inégalité pose de nombreux défis qu’il est important de mieux comprendre à travers un diagnostic solide.
Contexte
Entre 2007 et 2013, le taux de croissance moyen du produit intérieur brut du Burkina Faso a été d’environ 7% en termes réels : l’une des meilleures performances économiques enregistrées en Afrique de l’Ouest. Compte tenu de la forte croissance démographique observée dans ce pays, le taux d’accroissement moyen du PIB par habitant a quant à lui augmenté de 3% au cours de cette même période. L’incidence de la pauvreté, qui était en augmentation de 1994 à 2009 (de 45 % en 1994 à 47 % en 2009), semble connaître un certain recul (40 % en 2014) mais les inégalités restent importantes.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
Objectif
Ce projet de recherche sur les inégalités au Burkina Faso visait dans un premier temps à poser un diagnostic des inégalités dans ce pays. Dans un second temps, il s'est agi de mener des études scientifiques sur trois thématiques :
- les dynamiques des inégalités de la pauvreté multidimensionnelle ;
- les parcours éducatifs ;
- le devenir des sortants du système éducatif.
L’objectif était d’examiner comment ces derniers s’intègrent plus tard dans la société et dans quelle mesure ils mettent en pratique les compétences acquises à l’école.
Les travaux ont concerné principalement les villes de Ouagadougou et de Nouna, dans l’ouest du pays.
Méthode
Le diagnostic des inégalités fera le point sur la situation au Burkina Faso à travers une revue de littérature et une analyse des données d’enquêtes nationales. Les dynamiques des inégalités de la pauvreté multidimensionnelle au Burkina Faso seront appréhendées au travers des expériences des Observatoires de Ouagadougou et de Nouna. L’analyse de l’évolution des inégalités de pauvreté multidimensionnelle dans le temps sera réalisée en milieu urbain, semi-urbain et rural, selon les caractéristiques démographiques, sociales et économiques des ménages et en fonction des dimensions de privation. Les recherches sur les parcours éducatifs et le devenir des sortants du système éducatif utiliseront les mêmes données. L’idée étant de réaliser des suivis de cohortes de sortants du système éducatif pour étudier leurs parcours et leur intégration à la société à plus long terme.
Résultats
Ces travaux de recherche ont donné lieu à des conférences et à des ateliers, ainsi qu'à différentes publications, dont les liens sont disponibles ci-dessous.
Papiers de recherche
- Etat des lieux des inégalités multi-dimensionnelles au Burkina Faso
- Les inégalités au Burkina Faso à l'aune de la pandémie de la Covid-19: quelques réflexions prospectives
- Dynamique des inégalités et de la pauvreté multi-dimensionnelle à Nouna
- Dynamique des inégalités de la pauvreté multi-dimensionnelle à Ouagadougou : données de l'Observatoire de population de Ouagadougou
Dialogue de politiques publiques
- Des politiques régionales de réduction des inégalités économiques pour réussir le pari de l’équité au Burkina Faso
- Améliorer le logement et l’accès à l’assainissement dans les quartiers informels de Ouagadougou pour réduire les inégalités
- Améliorer l’accès à l’enseignement au Burkina Faso : une condition majeure pour bénéficier du dividende démographique
Contacts :
- Linda Zanfini, chargée de recherche à l'AFD
- Rohen d'Aiglepierre, chargé de recherche à l'AFD
Mention légale UE (projet) Les inégalités face aux services urbains d’eau sont souvent perçues de manière très basique selon une lecture binaire « accès/non accès », avec pour horizon l’universalisation de l’accès au service public. En clair, la question a longtemps été de s’assurer que tous les habitants aient accès au service public d’approvisionnement en eau. Plus encore en Bolivie où l’eau est considérée comme un « bien commun » soumis à un principe de « non-marchandisation » inscrit dans la Constitution depuis 2009. Or, la crise de l’eau à La Paz en 2016 a mis en évidence un nouveau type d’inégalité face au service d’approvisionnement en eau. Ce sont, en effet, les quartiers sud de la capitale administrative du pays, peuplés par des habitants de classes moyennes et supérieures, plus exposés à la fragilité du système principal d’accès à l’eau, qui ont été privés de service pendant cet épisode de sécheresse. Il s’agit de l’une des nombreuses déclinaisons possibles des inégalités face aux services urbains de l’eau, dont l’analyse exige de dépasser la seule question de l’accès technique au réseau.
Contexte
En 2015, le niveau d'accès aux services d'eau « améliorés » dans les villes en Bolivie était de 97%, tandis que celui des services d'assainissement était limité à 61%. Au-delà de ces données générales, les données disponibles sur les taux d'accès aux services d’approvisionnement en eau peuvent masquer d'autres types d'inégalités urbaines liées à l'eau. Ces inégalités ne concernent pas uniquement l'accès technique au réseau, facilement repérable au demeurant sur une carte de desserte en service.
Il s’agit, par exemple, de la question des inégalités liées au paiement du service. Ce type de données est plus difficile à saisir car il est lié à la composition du ménage, aux pratiques, au niveau de consommation et, bien sûr, aux revenus. Un autre type d'inégalité est dû à la nature du fournisseur de services. Le service public de l’eau n’est pas la seule modalité d’approvisionnement en service en ville : il existe des petits dispositifs sociotechniques décentralisés à l’échelle des quartiers qui se substituent parfois au système principal ou y apportent un complément. Ils proposent généralement un service basique, de qualité acceptable, et des tarifs plus bas, mais impliquent une forte participation des usagers aux travaux collectifs de maintenance. En outre, la localisation de certains foyers, plus exposés que d’autres à la fragilité du système principal, constitue une nouvelle dimension des inégalités qui a été mise en évidence lors de la crise de l’eau à La Paz en 2016. La zone Sud avait alors été privée de desserte en eau pendant plusieurs semaines. D’autres facteurs d’inégalités sont repérables comme, par exemple, la couleur politique ou la capacité de mobilisation sociale de certains réseaux, qui peuvent parfois constituer de véritables avantages comparatifs dans les priorités d’accès aux services d’eau et d’assainissement.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par la Direction Générale des Partenariats Internationaux de la Commission européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
Objectif
Mené par une équipe multidisciplinaire sous la coordination du CIDES-UMSA, ce projet de recherche entend examiner et analyser les différents types d’inégalités liées aux services d’eau et d’assainissement à la Paz-El Alto et à leurs évolutions au cours des dernières années. L’objectif est d’explorer comment des déterminants typiques tels que le revenu (inégalités verticales) et la localisation (inégalités spatiales). Les chercheurs s’intéressent également à d’autres types de déterminants moins étudiés, tels que l’exposition au changement climatique, les représentations sociales ou les ressources politiques, qui peuvent affecter la cohésion sociale. L’objectif est d’aboutir à une nouvelle lecture des inégalités urbaines à La Paz-El Alto afin d'alimenter le dialogue avec les autorités municipales et sectorielles.
Ce projet vise également à soutenir la recherche bolivienne à travers des formations, des ateliers méthodologiques, la participation à des conférences internationales, etc.
A lire sur The Conversation : Pour les femmes boliviennes, l’eau est source de vie… et d’inégalités persistantes
Méthode
Ce projet de recherche s’inscrit dans une approche à la fois pluridisciplinaire et pluri-thématique qui couple des enquêtes de terrain (qualitatives) sur différentes zones des deux villes autour de sujets-clés liés aux inégalités face aux services d’eau (évolutions des services sur la frange urbaine, petits systèmes, ressources socio-politiques des quartiers, usages partagés de l’eau en ville, etc.), des analyses historiques (genèse des inégalités face aux services), et des analyses statistiques -en lien avec les services de recherche de la ville-. Les résultats issus de ces différentes enquêtes et analyses seront régulièrement discutés lors d’ateliers de partage.
Résultats
Retrouvez la présentation du papier de recherche “Inequalities related to urban water services in La Paz-El Alto, Bolivia” par Sarah Botton (chargée de recherche AFD) et Patricia Urquieta (chercheuse au CIDES-UMSA) lors du troisième webinaire de la Facilité de recherche sur les Inégalités:
Vous trouverez ci-dessous les différents papiers de recherche liés à ce projet :
Les papiers suivants sont uniquement disponibles en anglais:
- Conflicts and tensions over water ownership in the territory of the urban-rural interface of Hampaturi, municipality of La Paz
- When governance fails: institutional asymmetries in water management in the municipality of La Paz
- Landscape of springs and collective outdoor laundries in the city of La Paz
- The ‘urbanization of water’ in La Paz, Bolivia: historical and conceptual perspectives
- Persistence of inequality in access to water: a look at the actions of women in peri-urban territories of the city of El Alto
- Territorial inequalities expressed in children's health in two neighborhoods with access to water in the city of El Alto
- Corporate citizenship and water urbanization on the outskirts of El Alto
Vous trouverez les dialogues de politiques publiques liés à ce projet ci-dessous (en anglais) :
- Springs and collective laundries in the City of La Paz, notes for their management
- Access to water : persistence of inequalities in the life of women
- Municipal planning and inter-institutional coordination for good water management
- Water and Sanitation works with Neighborhood Participation: regulated and transparent
- Water provision and management of urban-rural interface territories
- Water in the city of El Alto, a right that arrives incomplete
Contacts :
- Sarah Botton, chargée de recherche à l'AFD
- Patricia Urquieta, enseignante-chercheure CIDES-UMSA
Mention légale UE (projet) Malgré une gouvernance démocratique, des institutions judiciaires, financières et des droits de l’homme bien établis et un cadre politique positif, la pauvreté et les inégalités sont toujours bien visibles en Afrique du Sud, dans la droite ligne de son héritage historique et des discriminations raciales qui ont marqué ce pays. La distribution des richesses, les conditions de vie, les opportunités d’emplois et les revenus des ménages continuent d’être très inégaux dans le pays. Les politiques actuellement menées et la qualité des services publics suscitent un mécontentement généralisé.
Contexte
L’arrivée au pouvoir du président Cyril Ramaphosa en février 2018 a donné au pays l’occasion de remettre le projet de Nelson Mandela pour l’Afrique du Sud sur les rails. Il faudra pour cela s’attaquer frontalement au manque d’avancées pour une meilleure égalité des chances et des revenus ainsi qu’aux difficiles questions économiques et politiques que cela pose. Les bénéfices d’un changement politique seront-ils réservés à une élite restreinte ou est-il possible de se diriger vers un développement plus largement partagé et équitable ? Quels genres de changements sociaux, économiques ou institutionnels pourraient contribuer à une transformation plus rapide des opportunités pour la tranche basse de la distribution des revenus des ménages ? Quels types de restrictions du pouvoir et des privilèges pourraient contribuer à une plus grande équité dans le processus de distribution de la richesse, notamment concernant la tranche des plus hauts revenus ?
Ces questions difficiles sont intéressantes tant en Afrique du Sud qu’à l’international. Ce sont des enjeux économiques et institutionnels d’une incroyable complexité. La croissance des inégalités est non seulement inacceptable du point de vue moral, mais elle semble aussi menacer la croissance économique, l’ordre social et le développement durable. La réduction des inégalités est devenue le cheval de bataille de nombreux pays et un travail considérable a été fait, à travers le monde entier comme en Afrique du Sud, pour mieux les comprendre.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités, coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne sur la période 2017-2020. La première phase de la Facilité a permis la conduite de 22 projets de recherche et la publication d’une centaine de papiers de recherche et de policy briefs.
Objectif
Ce programme de recherche vise à aborder les enjeux de la distribution des revenus, tant de la tranche haute que de la tranche basse de la population. Il existe en effet plusieurs dimensions du développement humain et du bien-être, or des progrès sur certains aspects peuvent mener à des régressions dans d’autres. Et la croissance économique ne mène pas nécessairement à des résultats équitables. Par ailleurs, la pauvreté et les inégalités sont caractérisées par des impacts exponentiels qui les autoalimentent et s’avèrent difficiles à contrer.
Ce projet de recherche puisera dans les données disponibles concernant les inégalités en Afrique du Sud et les consolidera. Mené en partenariat avec l’Institut national des statistiques d’Afrique du Sud, Statistics South Africa, il comblera aussi certaines lacunes importantes pour éclairer les politiques publiques en la matière. Autres étapes importantes du programme de recherche : une série d’entretiens sera réalisée entre les chercheurs et des parties prenantes clés, dont des représentants de gouvernement, d’entreprises, d’organisations syndicales et de la société civile. Et ce, afin d’obtenir des recommandations, de tester des idées et de faciliter le consensus sur de potentielles réformes politiques.
Méthode
Le programme de recherche s’articulera autour de trois axes :
- La mise en place d’un diagnostic des inégalités, qui prendra la forme d’un rapport résumant les connaissances existantes sur les inégalités et sur les politiques menées en Afrique du Sud. Il approfondira ces connaissances en utilisant les données disponibles, explorera les implications de ce nouveau travail et fera ensuite le point sur les besoins en données nouvelles afin de progresser davantage dans l'élaboration de politiques visant à surmonter les inégalités.
- Un document sur le rôle des revenus dans les inégalités entre ménages. Il s'appuiera sur des données préliminaires montrant que l'un des aspects clés du manque de soutien du marché du travail aux ménages est la volatilité de l'emploi et donc des revenus des travailleurs indépendants et autres travailleurs vulnérables.
- Un document sur l’interconnexion entre les dynamiques de population et les inégalités spatiales. Il répondra à l’opinion souvent exprimée par la communauté politique selon laquelle l’immigration est guidée par les différences entres provinces et régions dans la qualité de l’éducation, de la santé et d’autres services.
Résultats
Le diagnostic des inégalités en Afrique du Sud, réalisé par l’Institut national de la statistique en Afrique du Sud (Statistics South Africa) en partenariat avec le Southern Africa Labour and Development Research Unit (SALDRU), l’African Centre of Excellence for Inequalities Research (ACEIR) dans le cadre de la Facilité UE-AFD est disponible en ligne (en anglais): Inequality trends in South Africa : a multidimensional diagnostic of inequality.
Ce rapport a été présenté lors d’un atelier impliquant tous les acteurs travaillant à la réduction des inégalités, qui s’est tenu le 11 février 2020 à Philippi, Cape Town, à l’occasion du 30e anniversaire de la libération de Nelson Mandela. Vous trouverez ici la synthèse de l’atelier regroupant les présentations, discussions et débat tenus ce jour (en anglais): Stakeholder engagement on inequality trends in South Africa.
Vous trouverez ci-dessous les papiers de recherche liés à ce projet (en anglais) :
Contact
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Anda DAVID
Économiste, coordinatrice scientifique de la Facilité UE-AFD sur les inégalités